La pénurie de semi-conducteurs observée durant la pandémie de Covid-19 a montré les faiblesses de la chaîne d’approvisionnement occidentale. Depuis lors, les États-Unis et l’Union européenne s’affairent à réimplanter une partie de la production des puces électroniques sur leur territoire. L’intention est louable en termes de souveraineté numérique, mais cela n’est pas sans poser de nombreuses questions au regard du coût environnemental considérable de ces technologies.
Une industrie polluante
De nombreux observateurs soutiennent en effet que ces usines risquent d’aggraver la crise climatique. Comme l’expliquent nos confrères de Fortune, la production de semi-conducteurs est en fait bien plus polluante qu’on ne l’imagine parfois.
Ainsi, d’après plusieurs recherches de l’Université de Harvard, la majorité de l’empreinte environnementale de l’informatique est produite par la fabrication de puces électroniques. Et plus ces dernières sont sophistiquées, plus l’impact est majeur, notamment en ce qui concerne la consommation d’eau et d’énergie, mais aussi la production de déchets, souligne Euractiv.
Pour ne citer qu’un seul exemple, Greenpeace a évalué que Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), le géant des semi-conducteurs, représentait à lui tout seul 5 % du total de la consommation d’énergie à Taïwan en 2020. Un impact qui devrait encore s’accentuer à l’avenir.
De fait, ces énormes usines utilisent jusqu’à 100 mégawattheures d’énergie par heure. Concrètement, c’est encore plus que les raffineries de pétrole et les plus grandes fabriques d’automobiles.
Des solutions face à cette bombe climatique ?
Face à ce défi majeur, les grandes entreprises du secteur comme Intel tentent d’apporter des réponses. La société américaine utilise ainsi de plus en plus d’eau recyclée pour dans ses usines avec une empreinte d’eau positive déjà atteinte aux États-Unis et en Inde, et qui devrait l’être dans tous les pays d’ici 2030.
En Europe, l’association des fabricants de composants électroniques (Electronic Component Manufacturer association) a pour sa part réduit la quantité d’émission de gaz par produit de 42 % entre 2010 et 2020 en recourant à de nouvelles technologies de réduction et d’optimisation, affirme le média européen. Il y a en tout cas urgence à agir face à ce problème qui pourrait devenir une véritable bombe à retardement climatique.
Ce qu’il faut retenir :
- La fabrication de puces électroniques représente un défi environnemental
- Cette production est notamment très gourmande en eau et en énergie
- Les industriels du secteur affirment faire de plus en plus d’efforts pour régler ce problème
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Ce qui est dit est vrai sur les consommations très importantes d’énergie et aussi de produits chimiques.
Néanmoins, il faut aussi rappeler qu’en Asie, les règles ne sont pas les mêmes et qu’il n’y a ni notes ni contrôles sur les rejets aqueux et gazeux, ce qui est quand même très important. Préférons nous des puces produites en Asie dans des conditions écologiques détestables ou des puces européennes produites par des personnes qui font des efforts et qui sont déjà plus performants que les asiatiques sur ce point ?