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Pornographie : une tentative de censure qui tourne au ridicule en France

La tentative de blocage de sites pornographiques en France est un échec cuisant.

La justice française vient d’essuyer un revers embarrassant dans sa lutte contre l’accès des mineurs aux contenus pornographiques. En réponse à l’action en justice de deux associations de protection de l’enfance, la Cour d’appel de Paris avait ordonné le blocage de quatre sites majeurs. Iciporno, Mrsexe, Tukif et xHamster étaient ainsi accusés de non-respect de la législation sur la vérification de l’âge des utilisateurs. Une décision qui se voulait exemplaire, mais qui s’est transformée en véritable fiasco.

Une erreur technique qui fragilise tout le dispositif

Le cas xHamster met en lumière l’inadéquation du système législatif français face aux subtilités du web. Dans la requête des deux associations concernant xHamster, celles-ci commettent toutefois une erreur en apparence mineure, mais aux conséquences importantes : elles ne ciblent que l’adresse « fr.xhamster.com », correspondant uniquement au sous-domaine français du site.

Les fournisseurs d’accès internet, tenus d’appliquer à la lettre l’ordonnance judiciaire, n’ont donc bloqué que cette version spécifique. Une restriction facilement contournable puisque le site reste entièrement accessible via son adresse principale. Cette faille technique réduit de ce fait à néant l’efficacité de la mesure de protection, censée empêcher l’accès aux contenus pornographiques en l’absence d’un système fiable de vérification de l’âge des utilisateurs.

Un cas d’école qui démontre parfaitement la complexité du contrôle des contenus sur Internet. D’un côté, les législateurs et les associations tentent légitimement de protéger les mineurs en imposant des barrières d’accès. De l’autre, la réalité technique du web permet aux propriétaires des sites de contourner ces restrictions grâce à de simples modifications d’URL ou l’utilisation de domaines alternatifs. Les régulateurs se trouvent ainsi contraints de multiplier poussivement les procédures, chaque nouvelle ordonnance devant préciser exhaustivement toutes les variantes possibles d’accès au site visé.

Comme l’a justement souligné L’Informé, cette affaire pourrait faire jurisprudence et astreindre une révision complète des procédures de blocage. Les magistrats et les associations devront désormais redoubler de vigilance dans la rédaction de leurs requêtes, sous peine de voir leurs efforts anéantis par de telles subtilités techniques. Si la volonté de protéger les mineurs est bien évidemment louable, ces méthodes complètement dépassées resteront vouées à l’échec tant que la complexité du web ne sera pas considérée de manière plus globale. C’est donc reparti pour un (long) tour !

  •  Une erreur dans l’adresse ciblée par la justice française a permis à xHamster de rester accessible.
  • Seul le sous-domaine français du site a été bloqué, rendant la mesure inutile.
  • Cette affaire pourrait faire l’objet d’une future jurisprudence.

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Par : Opera
2 commentaires
2 commentaires
  1. Pour ceux qui requièrent une interface en français pour visionner la chair en action sur xhamster, faudra se mettre à l’anglais, encore que la langue ici n’est vraisemblablement pas un obstacle majeur. Je me gausse comme disait Raymond Barre en son temps.

    “Le cas xHamster met en lumière l’inadéquation du système législatif français face aux subtilités du web”. Il est des subtilités du web plus ardues. Pathétique.

  2. On en revient au problème de base, c’est que les gens qui se plaignent passent plus de temps à faire des actions judiciaires qu’à installer un système de censure sur les appareils de leurs gosses, dire que les gosses sont des hackers nés faut pas exagérer non plus…
    Quant aux solutions trouvées pour filtrer, elles font très peur avec les vagues de hack, déjà que maintenant il faut scruter son compte bancaire en permanence et ça fout vraiment des avc quand on est au chômage avec la ligne qui ne fait que baisser… mais en plus on est pas à l’abris de fuites comme ça s’est passé avec des sites de rencontres et en plus les hackers s’étaient permis de faire du chantage, c’est d’ailleurs à cause de ça que les députés à l’époque étaient contre les systèmes qu’on veut appliquer aujourd’hui…

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