Connaissez-vous le Turkménistan ? Ce pays d’Asie centrale, né après l’effondrement de l’URSS, fait partie de ces nations que l’on a du mal à situer sur une carte. Pourtant, avec une superficie de 488 100 km2, le pays est presque aussi grand que l’Espagne.
Il est connu dans le monde entier pour « les portes de l’enfer ». Un immense brasier, créé par accident par des géologues soviétiques dans les années 70. C’est aujourd’hui la plus grande attraction touristique du pays. Perdu au milieu du désert de Karakoum, au cœur du pays, ce cratère de 70 mètres de diamètre pour 20 mètres de profond brûle en permanence.
Il repose en effet sur une poche de méthane, un gaz à effet de serre. Lors de sa découverte en 1971, le sol s’effondre et les installations de forage sont engloutis. Le gaz est alors perdu et les soviétiques décident d’y mettre le feu, pour le faire disparaître rapidement. Une pratique courante à l’époque.
Mais à Darvaza rien ne se passe comme prévu. Le feu qui ne devait s’arrêter de lui-même au bout de quelques semaines ne s’éteint jamais. Depuis près de 50 ans, le cratère est donc en proie aux flammes. Au point de devenir une halte obligatoire pour les touristes de passage dans le pays.
La fin d’une ère
Sous les pressions internationales de plus en plus fortes, le président et chef autoritaire du pays Gourbangouly Berdymoukhamedov avait annoncé en 2022 l’arrêt de ces « portes de l’enfer ». Il assurait que ce cratère devait être éteint, car « ces énormes quantités de gaz ont un impact négatif sur l’environnement et la santé des populations environnantes. »
Pour rappel le méthane est un gaz avec un puissant effet de serre. Il est à ce titre 84 fois plus dangereux que le CO2 en quantité équivalente. Sa combustion à l’air libre depuis près de 50 ans, est donc un véritable drame écologique. Dans un rapport publié en 2024, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) faisait du Turkménistan le pays avec le plus de super-émissions de méthane au monde, devant les États-Unis et la Chine.
Mais pour le pays, à l’économie reposant quasi exclusivement sur la vente de gaz, c’est aussi une question économique. « De précieuses matières premières sont perdues. Leur exportation pourrait générer des profits importants et contribuer au bien-être de notre population. »
À demi-mot, les agences de voyages et autres guides touristiques redoutent eux la fermeture de Darvaza. Le site était l’attraction touristique du pays et sans lui, les quelques revenus générés par des vacanciers étrangers risquent de disparaître.
Un arrêt complexe
Bien qu’ordonnée en 2022, la fin du cratère n’est toujours pas actée. Dans les faits, la dictature d’Asie centrale aurait toutes les peines du monde à remplir cette tâche. Pour cause, le brasier ne repose pas sur une grande poche de gaz compacte et unie. À la place ce sont de fines couches de gaz qui brûlent les unes à la suite des autres. Entre elles, d’autres couches de roche rendent l’extraction du gaz très compliqué. Des gros moyens ont néanmoins été mis en place.
Depuis 10 ans la quantité de gaz brulé dans le cratère a été divisé par trois. Les hautes et intimidantes flammes sont aujourd’hui remplacées par un brasier fumant, avec des flammes à peine visibles.
Ouvertes depuis 1971, les portes de l’enfer auraient consommé 3,8 millions de tonnes de méthane (selon une étude de 2020, publier dans le Journal of Physics Special Topics). Si ce gaz avait été utilisé, il aurait libéré une énergie de 52,8 TWh. Un manque à gagner de plusieurs millions de dollars pour le gouvernement du Turkmenistan.
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