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Portrait — 5 questions sur Sarah Franklin, nouvelle coqueluche de la Silicon Valley

Après plus de 15 ans chez Salesforce, Sarah Franklin est à la tête de l’une des licornes les plus prometteuses de la Silicon Valley.

À la tête de la société Lattice, Sarah Franklin est l’une des seules dirigeantes de licornes au monde. Et elle ne manque pas d’ambition. Retour sur le parcours de cette ingénieur devenue femme d’affaires et professionnelle du marketing, aujourd’hui plébiscitée au sein de la Silicon Valley.

D’où vient-elle ?

Sarah Franklin passe son enfance en Virginie, à l’est des États-Unis. Un endroit qui joue un rôle déterminant dans ses ambitions et son parcours professionnel. Ayant grandi dans un foyer influencé par l’éducation, sa mère est une enseignante dévouée pendant plus de 30 ans, Sarah Franklin a développé un sens aigu de la curiosité et de la persévérance.

Ses expériences d’enfance lui inculquent également une profonde appréciation du travail acharné et des opportunités. Dans un tweet, elle explique par exemple qu’il y a 23 ans, elle n’était « qu’une fille de Virginie qui rêvait de s’installer en Californie pour faire carrière dans la technologie ». Après le lycée, elle obtient un double diplôme en génie chimique et en biochimie à Virginia Tech, prestigieuse université américaine.

Quel est son parcours professionnel ?

Sarah Franklin a mené une brillante carrière dans l’industrie technologique, en particulier dans les domaines du cloud computing, du marketing et du développement produit. Sa formation scientifique lui a permis d’acquérir une approche unique de la résolution des problèmes, qu’elle a appliquée à une industrie technologique en pleine évolution.

Passée au sein de plusieurs entreprises, comme Hewlett-Packard (HP) ou AT&T Labs, c’est chez Salesforce qu’elle s’est fait un véritable nom. Et pour cause, sur ses plus de 25 ans d’expérience dans la tech, Sarah Franklin en a consacré plus de 15 à Salesforce, l’éditeur de logiciel aujourd’hui incontournable au sein de la Silicon Valley.

Elle est embauchée par la société en 2008 dans sa division marketing, secteur qui la passionne car elle souhaite que les clients maîtrisent mieux les outils qui leur sont proposés. « Parler avec les clients de la façon dont ils utilisent notre technologie m’a ouvert les yeux. Ils ne comprennent pas les possibilités qui s’offrent à eux, bien moins que quelqu’un qui a construit la technologie », explique-t-elle dans un billet de blog sur Slack, racheté par Salesforce en 2020 pour 27 milliards de dollars.

Elle gravit les échelons pendant plusieurs années et atteint le Saint Graal en 2021, lorsqu’elle est nommée directrice marketing, puis présidente de Salesforce. Elle quitte ses fonctions fin 2024. Depuis, elle continue d’entretenir une relation proche avec Marc Benioff, le PDG de l’entreprise. Considéré comme son mentor, il l’a aidée à développer ses compétences en matière de leadership.

Pourquoi son passage chez Salesforce est-il autant plébiscité ?

L’influence de Sarah Franklin a été déterminante pour Salesforce, qui est passée d’un chiffre d’affaires d’1 milliard de dollars à plus de 20 milliards de dollars. Elle est aussi à l’origine de Trailhead, la plateforme d’apprentissage en ligne gamifiée de la société, qui a contribué à former et accompagner plus de 19 millions de personnes vers des carrières dans la tech.

Tout au long de son mandat chez Salesforce, Franklin a fait preuve d’une profonde compréhension des clients et de l’organisation des revenus, ainsi que d’une approche stratégique du développement des produits. Son style de leadership se caractérise par l’intégrité, l’attention et une approche centrée sur les individus. À tel point qu’elle a été envisagée pour succéder à Benioff à la tête de Salesforce.

De même, elle a été reconnue pour ses réalisations dans le secteur du marketing, en recevant plusieurs nominations et prix de la part d’organismes incontournables du milieu, comme Business Insider, Forbes et Adweek.

Que fait-elle aujourd’hui ?

Sarah Franklin n’a pas quitté Salesforce pour rien. Depuis début 2024, elle est la PDG de Lattice, une entreprise spécialisée dans les ressources humaines (RH) fondée par le frère de Sam Altman, Jack Altman. La licorne propose une approche innovante du management à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), avec des solutions logicielles par abonnement pour gérer, former et accompagner les employés.

Sarah Franklin est convaincue du potentiel de Lattice dans un contexte particulièrement favorable. Selon elle, les bouleversements récents comme la pandémie ont créé un besoin urgent pour les entreprises de mieux comprendre et gérer leur capital humain. La faible ancienneté moyenne des employés, les questions de culture d’entreprise et l’impact de l’IA sur le travail sont autant de défis que Lattice cherche à résoudre grâce à une approche basée sur les données.

Cette vision semble porter ses fruits : actuellement évaluée à 3 milliards de dollars, Lattice pourrait atteindre 48 milliards de dollars de valorisation d’ici à 2028. Elle est également présente en France depuis 2017. Sur ses 5 000 entreprises clientes, environ 35 sont tricolores, indiquait l’entrepreneuse aux Échos en fin d’année dernière.

Pourquoi Sarah Franklin se démarque-t-elle au sein de la Silicon Valley ?

Tout au long de sa carrière, Sarah Franklin a été une ardente défenseuse de la diversité dans le secteur technologique, s’efforçant de créer des opportunités plus inclusives, en particulier pour les femmes et les minorités sous-représentées. De même, elle s’est toujours efforcée de placer l’humain au cœur de ses réflexions. Sa philosophie est simple : « lorsque les gens prospèrent, l’entreprise prospère ». Les travailleurs représentant environ 70 % de l’investissement d’une entreprise, leur bien-être et leur développement doit être un élément essentiel de la réussite de l’organisation, assure-t-elle.

Dans cette optique, elle prend soin d’exploiter l’IA à bon escient. Si la technologie est utilisée pour automatiser les tâches répétitives et améliorer la productivité, Lattice insiste sur le fait que certains aspects des RH, notamment l’évaluation finale des performances, doivent rester du ressort humain.

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