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Pour éviter la paperasse, ces Japonais ne cherchent que des partenaires avec le même nom qu’eux

Au Japon, une loi vieille de 128 ans oblige les époux à porter le même nom de famille, poussant de nombreux célibataires à renoncer au mariage. Pour contourner cette contrainte administrative, certains ont trouvé une parade inédite : chercher un partenaire qui porte déjà leur propre patronyme.

Au Japon, plusieurs événements de speed dating d’un nouveau genre ont vu le jour à Tokyo ainsi que sur la toile. Ces derniers rassemblent exclusivement des célibataires qui partagent le même patronyme, ou nom de famille. Mais pourquoi de tels événements, issus d’un partenariat entre l’ONG Asuniwa et l’entreprise de rencontres IBJ, sont-ils organisés ?

Car au Pays du Soleil Levant, le Code civil impose aux couples mariés d’opter pour un seul et même nom. Datant de 128 ans, le texte stipule théoriquement que le couple peut choisir le nom de l’un ou de l’autre conjoint. Mais la tradition l’emporte presque toujours : dans la grande majorité des mariages, ce sont les femmes qui renoncent à leur patronyme.

En ciblant des partenaires au nom identique, les participants s’assurent de pouvoir se marier sans que personne n’ait à modifier ses papiers. Ainsi, cette astuce permet d’éviter de multiples démarches administratives, changer de nom sur un permis de conduire ou un passeport demandant du temps et de l’argent.

Japon
© Su San Lee / Unsplash

Un frein sociétal

Cette contrainte légale est devenue un véritable frein sociétal. Selon une enquête gouvernementale menée en 2021, près de 32 % des femmes réticentes au mariage expliquent leur refus par cette obligation de changer de nom, contre seulement 8,6 % des hommes.

Pour dénoncer cette rigidité, une étude menée avec l’université de Tohoku a même calculé que sans modification de la loi, l’ensemble de la population japonaise portera le nom Sato d’ici à l’an 2531. Et si 55 % des citoyens se disent désormais favorables à la liberté de choix du nom au sein du couple, le Parlement n’a toujours pas fait évoluer la législation.

Une population sur le déclin

Pour rappel, le Japon fait face à une chute historique de sa natalité, avec moins de 400 000 naissances par semestre depuis plusieurs années. Enrayer le déclin de la population s’impose donc comme une urgence nationale pour le gouvernement, qui multiplie les initiatives : prise en charge des traitements de PMA, hausse des allocations familiales ou encore lancement d’une application de rencontre publique à Tokyo.

Pour sa part, l’ONG Asuniwa espère faire prendre conscience aux autorités que la loi doit évoluer pour aller en faveur du double patronyme, ou permettre à chacun de garder son nom de famille. Une initiative d’autant plus pertinente dans le contexte actuel.

  • Au Japon, des événements de speed dating rassemblent des célibataires portant le même nom de famille pour éviter le changement de patronyme obligatoire en cas de mariage.
  • Issue du Code civil de 1898, cette règle pousse près d’un tiers des femmes réticentes au mariage à y renoncer pour conserver leur identité et éviter de lourdes démarches.
  • Alors que le Japon cherche à relancer une natalité au plus bas, les militants demandent une réforme de la loi pour lever ce blocage administratif inutile.

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