C’est une nouvelle alerte dont Boeing se serait certainement bien passé. La Federal Aviation Administration (FAA), le régulateur américain de l’aviation, vient de publier un projet de directive ciblant 453 appareils 737 MAX immatriculés aux États-Unis. En cause, un défaut d’installation au niveau des ensembles de sièges passagers. Selon l’agence, certains assemblages n’auraient pas été correctement fixés dans leurs rails d’ancrage lors du montage.
Les conséquences potentielles en vol s’avèrent particulièrement préoccupantes. En cas de fortes turbulences, de freinage brutal ou d’atterrissage d’urgence, la violence de l’impact pourrait désolidariser ces blocs de sièges de leur rail. L’équipement risquerait alors de blesser directement les passagers ou les membres d’équipage. De même, un siège arraché pourrait venir obstruer la cabine et bloquer l’allée principale, ralentissant dramatiquement toute procédure d’évacuation d’urgence.

Sous pression
Ce problème d’assemblage s’ajoute à une liste déjà très lourde de défaillances techniques qui entachent la réputation du 737 MAX depuis son lancement. On se rappelle évidemment de la crise majeure de 2018 et 2019, lorsque deux crashs meurtriers causés par le logiciel de vol MCAS ont entraîné une interdiction de voler historique de près de deux ans pour l’ensemble de la flotte mondiale.
Mais au-delà du logiciel, c’est bien la chaîne de montage qui pose régulièrement question. Début 2024, l’arrachage impressionnant d’un panneau de porte en plein vol sur un appareil d’Alaska Airlines avait déjà mis en lumière de graves failles dans le contrôle qualité en usine. Et ce nouvel épisode confirme que les processus de vérification peinent à devenir irréprochables.
Bien que Boeing soutienne la décision de la FAA et précise avoir déjà prévenu les compagnies dès la fin 2025, la répétition de ces couacs industriels entame un peu plus la crédibilité du constructeur. Heureusement, l’intervention pour résoudre cette défaillance reste assez simple : chaque appareil peut comporter jusqu’à 69 ensembles de sièges concernés, et il faut compter environ une heure d’inspection et une heure de manipulation pour sécuriser chaque bloc, sans qu’aucune pièce de rechange ne soit nécessaire.
Pendant ce temps, Airbus continue de faire la course en tête : la famille A320neo accumule les commandes et creuse inexorablement l’écart sur le marché très convoité des avions moyen-courriers.
- La FAA alerte sur un risque de désancrage des sièges du Boeing 737 MAX en cas de fortes turbulences ou d’atterrissage d’urgence.
- Ce couac pointe une nouvelle fois du doigt le contrôle qualité de Boeing.
- Il tombe au pire moment pour le constructeur américain, qui tente de redresser la barre alors que son concurrent européen creuse l’écart sur le marché des moyen-courriers.
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