Si le plan global d’installation de la fibre sur l’ensemble du territoire s’est avéré finalement être un succès, il commence désormais à soulever les problèmes jusqu’alors cachés sous le tapis. Au programme : manque de financement, amendes potentielles contre des opérateurs s’ils n’atteignent pas leur objectif de complétude et un entretien des infrastructures qui demande des milliards. Bref, la situation de la fibre en France risque de se compliquer dans les mois à venir.
Le plan très haut débit en perte de vitesse ?
Adopté en février 2013, le Plan France Très Haut Débit (ou PFTHD) est une stratégie adoptée par le gouvernement Hollande dont le but était de couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit. Initialement prévu pour une clôture en 2022, il a finalement été repoussé à 2025 face à l’étendue du chantier, puis 2030 pour certaines régions comme la Bretagne.
En un peu plus de 10 ans, la France a réussi à équiper plus de 38 millions d’habitations en fibre, une des meilleures performances en Europe. Mais cette réussite a jusqu’ici caché une réalité pourtant prévisible : le 100% fibre ne risque pas d’arriver de sitôt.
Le déploiement de fibre dans les zones très denses et les zones moyennement denses a été soit fortement ralenti, soit carrément mis à l’arrêt. Le délégué général de l’Avicca (une entreprise qui regroupe diverses collectivités du numérique) Ariel Turpin alerte aujourd’hui sur cette fin de raccordement qui risque d’être plus problématique que prévu.
Depuis 2017, on tire la sonnette d’alarme sur la fin du raccordement. Les collectivités, qui sont parties bien plus tard, vont finir par griller le secteur privé en termes de complétude du réseau.

Des amendes en cas de non-complétude des raccordements ?
L’Arcep, ou l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, a mis Orange et SFR en demeure afin de les pousser à compléter leur engagement. Les deux opérateurs doivent ainsi raccorder 600 000 logements dans des villes de moyenne taille d’ici le 31 décembre 2025, sous peine de devoir régler une amende.
Le problème, c’est que de nombreux raccordements s’avèrent particulièrement compliqués à mettre en place. Dans certains cas, les infrastructures sont hors d’usage (poteau cassé, fourreau bouché), et un investissement de 1,3 milliard d’euros serait nécessaire pour permettre ces raccordements supplémentaires en fibre. On compte à peu près 440 000 cas de ce genre.
Un entretien qui coûte des milliards
Outre le raccordement, qui devrait atteindre les 97 ou 98% du territoire d’ici 2025 si l’on en croit une figure du secteur anonyme interrogée par le Figaro, l’entretien de ces réseaux et infrastructures nécessite l’investissement de plusieurs milliards d’euros. Ainsi, la fédération des infrastructures numériques (Infranum- fédération de professionnels du secteur des infrastructures de télécommunications) a fait une demande de grand plan pour garantir la résilience des réseaux contre les problèmes liés au climat, aux sabotages divers ou encore aux accidents.
Cet investissement requiert entre 7 et 17 milliards d’euros selon Infranum et la Banque des territoires, un scénario intermédiaire de 10 milliards d’euros étant actuellement privilégié. Malheureusement, certains opérateurs internet font actuellement preuve d’une certaine réticence lorsqu’il s’agit de passer à la caisse.
Ainsi, même si le Plan France Très Haut Débit venait à atteindre les 100% en 2025, la question subséquente de l’entretien et des milliards d’euros requis pour maintenir le réseau et ses infrastructures en ordre risque de causer un sacré casse-tête aux autorités alors en place.
- 38 millions de foyers ont été équipés en fibre en un peu plus de 10 ans (86% du territoire)
- Le déploiement de fibre dans les zones très denses et moyennement denses a été soit mis à l’arrêt soit largement ralenti faute de financements
- L’entretien du réseau déjà établi pourrait coûter 10 milliards d’euros
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Pour ceux qui ne seront pas fibrable/fibrés, existe t-il un plan B quand le réseau cuivre sera mis à l’arrêt ?
internet par satellite, avec starlink, il y aura l’équivalent sous peu par amazon, il y a aussi une offre sat avec orange.
Avec megalis qui n’a rien foutu en 10 ans, c’est encore la Bretagne qui va trinquer….