Le cœur de cette interdiction repose sur un ingrédient : le TPO, ou oxyde de diphényl triméthylbenzoyl phosphine. Longtemps utilisé dans la majorité des vernis à ongles semi-permanents, cette substance jouait un rôle central : elle permettait au gel de durcir rapidement sous l’effet des lampes UV ou LED, une étape indispensable pour garantir la tenue et la brillance de la manucure semi-permanente.
Problème : le TPO n’était autorisé que dans un cadre professionnel et à une concentration maximale de 5%. C’était sans compter sur les avancées scientifiques et la vigilance des autorités sanitaires européennes. En mai dernier, par le règlement dit « Omnibus VII » du 12 mai, l’Union européenne a tranché : ce composant est désormais classé CMR catégorie 1B, c’est-à-dire Cancérogène, Mutagène ou toxique pour la Reproduction. Un constat lourd de conséquences, puisque ce classement équivaut à l’interdiction pure et simple de toute utilisation de cette molécule dans les cosmétiques à travers l’UE.
Pour les salons de manucure comme pour les particuliers, le couperet est tombé sans préavis : la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) a précisé que cette interdiction s’appliquait « sans délai d’écoulement des stocks de produits présents sur le marché ». Concrètement, dès ce lundi, tous les établissements et praticiens doivent obligatoirement retirer de leur offre les vernis semi-permanents contenant du TPO, sous peine de sanctions administratives.
Des alternatives déjà disponibles
Loin d’être prise au dépourvu, l’industrie cosmétique a su anticiper cette interdiction. Dès l’annonce de la future réglementation, de nombreux fabricants ont développé des formules alternatives, désormais garanties « TPO-Free ». À la place du TPO, on retrouve par exemple l’Ethyl Triméthylbenzol Phenyl, aussi appelé TPO-L, dont le profil toxicologique est jugé nettement plus sûr. Surtout, il n’est pas classé CMR, ce qui autorise sa mise en circulation sur le marché.
Des marques populaires comme Peggy Sage assurent avoir reformulé toutes leurs gammes concernées afin de permettre aux professionnels de continuer d’offrir des manucures semi-permanentes efficaces et sécurisées. Parallèlement, des options biosourcées font également leur apparition. Ces nouveaux vernis, composés d’ingrédients d’origine végétale, séduisent un nombre croissant de consommateurs soucieux de leur santé et de la planète, même si leur tenue excède rarement une dizaine de jours.
Cette nouvelle décision illustre la volonté des autorités et des scientifiques européens de protéger toujours plus efficacement la santé des consommateurs face aux risques des substances chimiques. Dans ce contexte, de nouveaux dispositifs d’information comme l’EcoBeautyScore qui, sur le modèle du Nutri-Score alimentaire, devraient bientôt permettre d’identifier en un coup d’œil les produits cosmétiques les plus respectueux de la santé et de l’environnement.
- Le TPO, ingrédient essentiel dans la plupart des vernis semi-permanents, a été interdit dans toute l’UE car classé toxique pour la reproduction (CMR 1B)
- Les salons doivent retirer ces produits de la vente immédiatement, sans délai de déstockage, sous peine de sanction.
- Des alternatives sans TPO, dont des formules « TPO-Free » et biosourcées, existent déjà et garantissent la continuité de la manucure semi-permanente en toute sécurité
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