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Pourquoi le risque de coupures d’électricité baisse d’un cran en France

RTE le gestionnaire de réseau de transport d’électricité en France métropolitaine vient d’abaisser le risque de coupures d’électricité à “moyen” pour le mois de janvier. Les efforts de sobriété réalisés par les entreprises et les particuliers semblent avoir payé. Toutefois la météo reste une inconnue qui peut encore faire basculer la situation.

RTE (Réseau de transport d’Electricité) est la filiale de EDF – autonome opérationnellement pour des questions de concurrence – chargée du transport d’électricité haute tension dans toute la France métropolitaine. C’est cet acteur qui tire la sonnette d’alarme en cas de risque de coupures d’électricité, puisque c’est aussi lui qui gère l’approvisionnement et la production en fonction de la consommation à tout instant.

La crise énergétique déclenchée par la guerre en Ukraine arrive en France à un moment peu idéal : beaucoup de centrales nucléaires étaient en maintenance au début des premiers soubresauts du marché de l’énergie. En conséquence, la production d’électricité française est plus limitée qu’en temps normal. Le réseau doit essentiellement se fournir en électricité à l’étranger, alors même que l’offre d’électricité est réduite.

RTE salue les efforts des entreprises et des français

Du coup, RTE parlait dans une analyse récente d’un risque “élevé” de coupures électriques en janvier. Et proposait des mesures pour résoudre le problème. D’un côté, il s’agissait d’augmenter tant bien que mal la production électrique. Le plus rapide étant de remonter la disponibilité du parc nucléaire et redémarrer des centrales électriques fonctionnant à partir d’énergies fossiles, comme à Cordemais (Loire-Atlantique) et Saint-Avold (Moselle).

Et il y a en la matière de vraies bonnes nouvelles. D’abord le parc nucléaire, dont la capacité est repassée au-dessus de 40 GW après la remise en service de quelques réacteurs – qui devrait se poursuivre dans les prochaines semaines, alors que EDF accélère leur remise en service. Les stocks d’énergie hydraulique (barrages) sont également remonté au cours de l’automne, et les capacités de stockage stratégique de gaz sont désormais à 100%.

De l’autre, RTE conseillait une série de mesures d’économies d’énergie, largement reprises par le gouvernement. Comme par exemple baisser la température du chauffage, aussi bien à la maison que dans les locaux professionnels. Ou déplacer certains usages hors des heures de pointe. Il y a une semaine, on apprenait que les français avaient consommé un peu plus de 9 % d’électricité en moins par rapport à la même période l’an dernier.

C’est donc tout cela qui a conduit RTE à abaisser le risque de coupures électriques en janvier de “élevé” à “moyen”. Le gestionnaire souligne toutefois que cette perspective ne se concrétisera que “sous réserve du maintien des efforts d’économies d’énergies”, tout en indiquant que ces “évolutions favorables permettent de réduire le risque pour la sécurité d’approvisionnement par rapport à l’anticipation de ces derniers mois, en particulier pour le mois de janvier”.

La météo en janvier menace toujours de provoquer des coupures

Une inconnue vient toutefois s’inviter dans cette précaire equation. En effet, comme l’indiquait déjà RTE dans un post de blog datant d’il y a plusieurs semaines, la météo reste un facteur majeur de tensions sur le réseau électrique en hiver. Une vague de froid persistante peut provoquer des pics de consommation très difficiles à anticiper et qui peuvent forcer le gestionnaire à des délestages.

Ce qui pousse RTE à ajouter dans son communiqué qu’il ne peut à ce stade exclure tout de même des coupures électriques “en cas de conditions météorologiques très défavorables”. Selon RTE, d’autres hivers difficiles en termes d’approvisionnement d’énergie sont à prévoir. Les difficultés devraient même perdurer jusqu’en 2025.

Yannick Jacquemart, directeur nouvelles flexibilités chez RTE précise : “la situation devrait par la suite s’améliorer, et ce pour plusieurs raisons. D’abord la production nucléaire devrait augmenter avec la remise en service d’un certain nombre de centrales aujourd’hui à l’arrêt et la mise en service de l’EPR de Flamanville”.

Et le responsable d’ajouter : “Côté renouvelables, plusieurs parcs éoliens en mer seront alors opérationnels. Par ailleurs, un certain nombre d’interconnexions supplémentaires sera disponibles entre la France et ses voisins (l’Italie, notamment), ce qui nous permettra d’importer davantage pendant les périodes de tension”. Au passage le gouvernement a lancé une application EcoWatt qui permet d’adapter la consommation et éviter les coupures en cas de tensions sur le réseau électrique.

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