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Pourquoi les jeunes sont-ils autant attirés par la fraude et le piratage ?

Une nouvelle étude passionnante vient d’être publiée à ce sujet.

La société Sift vient de réaliser une enquête qui révèle une réalité stupéfiante. Il apparaît en effet que les jeunes de la génération Z (personnes nées entre 1997 et 2012) sont largement plus attirés par la fraude en ligne que leurs aînés.

Un constat surprenant

Dans le détail, au quatrième trimestre 2023, 42 % des répondants de cette classe d’âge ont affirmé être prêts à commettre une fraude consistant à contester un achat auprès d’un fournisseur alors même que cette opération s’est parfaitement bien déroulée. Ce chiffre est surprenant si on le compare aux autres générations, car seulement 22 % des millenials et 10 % des baby-boomers sont disposés à faire de même.

Pire, au cours du dernier trimestre, la société a constaté que 33 % des sondés de la génération Z connaissent quelqu’un ou ont été personnellement impliqués dans une fraude au paiement, un niveau très largement supérieur aux autres catégories d’âge.

Comment expliquer cette évolution majeure ? Dans un article publié sur Fortune, Kris Nagel, le CEO de Sift propose une analyse intéressante du phénomène. Selon lui, les jeunes sont tout simplement très touchés par des problèmes économiques et sociaux.

Ils ont des difficultés pour économiser de l’argent, payer leur logement, rembourser leurs prêts étudiants (un souci bien plus prégnant aux États-Unis qu’en France), ou encore à faire face aux dépenses du quotidien basiques tels que les produits alimentaires du fait de la stagnation de leurs revenus. Il n’est dès lors pas si étonnant de les voir tentés par les petites combines ou le piratage.

De même, ils sont persuadés que la fraude a un aspect légitime du fait de leur situation et ne voient pas forcément ces stratégies comme quelque chose d’immoral. Au contraire, les grandes entreprises qui en sont les victimes sont souvent perçues comme l’une des causes des problèmes qu’ils rencontrent.

Quelles solutions face à ce phénomène ?

Les jeunes sont également plus friands que leurs aînés des influenceurs qui font la promotion des fraudes en ligne. Certains n’hésitent ainsi pas à diffuser des tutoriels clé en main. Le rapport de Sift est à cet égard éclairant, puisque 34 % des membres de la génération Z consultent régulièrement ces contenus contre seulement 9 % des baby-boomers.

Face à cette tendance très concrète, Kris Nagel suggère notamment aux entreprises de changer d’image en misant davantage sur l’authenticité et la responsabilité sociale. L’idée étant rendre la fraude moins légitime aux yeux des consommateurs.

Il conseille aussi de baisser les prix de certains services, ce qui semble être une mesure de bon sens. La mise en place de politiques de retours sur les produits la hauteur et de pratiques de remboursement plus efficaces pourraient également dissuader certains jeunes clients de contourner les règles.

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Par : Opera
1 commentaire
1 commentaire
  1. Ainsi, la cause du piratage serait économique et la légitimation de nature politique.
    – Quand on n’a pas les moyens on se prive. Quand on pirate, on assume : cause et légitimation manifestement enfreignent la moralité.
    Comment expliquer l’attitude de ceux qui ne piratent pas tout en étant pécuniairement défavorisés (la majorité malgré tout) ?
    – Les solutions envisagées et relatées dans l’article me semblent une fois de plus participer à (et d’une) déresponsabilisation des tricheurs.
    Car c’est bien de triche qu’il s’agit, et cette triche se manifeste ailleurs que dans le vol caractérisé, dans les jeux par exemple où gagner par la triche n’est plus perçue comme un déshonneur mais au contraire comme l’expression d’une intelligence qui ne vacille devant aucun obstacle tant le but du JEU, celui qui coiffe tous les autres, est de parvenir à ses fins par tous les moyens : le “Just do it” digéré façon p’tit caïd.
    – Mon sentiment est plutôt que le piratage est essentiellement et initialement provoqué par une modification profonde d’ordre psychologique afférant à la vision du monde, de la société, de l’autre. La problématique devient sociologique tant elle se répand, et normalisé du coup pour, une fois encore, légitimer sa pratique : “tout le monde le fait, y’a pas de mal, c’est trop cher, j’suis dans mon bon droit” etc etc …
    – Pour résumer, honneur et dignité semblent avoir fui (ou n’être jamais apparu) dans la psyché du pirate : son comportement n’est pas immoral mais amoral, il peut ne pas avoir conscience du mal, celui de voler, en tous les cas voler plus riche que lui-même. Honneur et dignité, inconnus au bataillon pareillement quand une parole, un regard ne déchaîne plus comme autrefois une bagarre à poings nus entre deux mecs mais le départ de l'”offusqué” parti pour rameuter et ramener une horde, celle des copains, nantie de bats, poings américains, lames de rasoir (en perte de vitesse) et autres nunchaku (pour les plus doués) : ils peuvent continuer à se regarder dans un miroir après s’être mis à dix ou vingt contre un seul type ? Ben oui, no problem.
    – Au final, et peut-être au-delà du bien et du mal, une décérébration. Autrefois on disait “il est soit méchant soit bête”. En 2024, c’est surtout bête, pathétiquement et pathologiquement bête.

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