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Pourquoi l’industrie française du livre accuse Meta de « pillage de masse » ?

Une bataille juridique est lancée.

L’industrie française du livre ne décolère pas contre Meta. Plusieurs organisations majeures du secteur viennent en effet d’intenter une action en justice contre le géant du web. Voici tout ce qu’il faut savoir.

Faire payer les géants de la Tech

Dans le détail, ce mercredi 12 mars, le Syndicat national des auteurs et des compositeurs (SNAC), le Syndicat national de l’édition (SNE) et la Société des gens de lettres (SGDL) ont indiqué avoir assigné la société américaine devant la troisième chambre du tribunal judiciaire de Paris. Ils accusent le groupe technologique de contrefaçon de droit d’auteur, ainsi que de parasitisme économique.

Concrètement et, selon le monde français du livre, la firme de Mark Zuckerberg aurait utilisé massivement des œuvres protégées pour entraîner son modèle d’IA générative Llama sans obtenir leur autorisation.

Christophe Hardy, président de la SGDL, n’y va pas par quatre chemins et dénonce : « Pendant des années, les opérateurs d’IA générative ont procédé à une moisson débridée des données protégées, et il faut même plutôt parler de pillage ».

Cité par Le Monde, le président du SNE, Vincent Montagne, abonde en son sens :

L’investissement dans l’IA est considérable, on parle de 700 milliards de dollars pour l’ensemble des Gafam. Il n’y a donc aucune raison de ne pas rémunérer la création.

Quant à Renaud Lefebvre, directeur général du SNE, il ajoute : « Nous ne sommes pas sur une approche technophobe et rétrograde. Nous demandons juste que le droit soit respecté, et qu’il y ait de la sécurité juridique pour tous les acteurs du secteur. L’idée n’est pas d’interdire pour l’éternité aux opérateurs d’IA générative de faire appel au corpus d’ouvrages protégés, mais qu’il cesse de le faire dans l’illégalité. »

Un problème mondial

Comme le rapporte à juste titre Les Échos, la problématique du “data scraping” agite le monde du livre depuis plusieurs années. Plusieurs auteurs de renom, dont Stephen King ou encore Jonathan Franzen ont vu leurs œuvres utilisées par les grands modèles de langage. D’après une enquête sourcée de The Atlantic, plusieurs centaines de milliers de livres sont concernés.

Quoi qu’il en soit, le combat pour la rémunération des droits d’auteur face à l’IA générative s’intensifie, rappelant la lutte des éditeurs de presse pour les droits voisins. Cette bataille juridique contre Meta est donc loin d’être un cas isolé et elle pourrait établir un précédent crucial, visant à protéger la création littéraire et à garantir une juste rétribution des auteurs à l’ère du numérique.

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