Que deviendrait un corps humain abandonné dans l’espace ? Cette question, à la fois macabre et fascinante, trouve ses réponses dans les lois de la physique spatiale et la biologie humaine. Dans le vide spatial, où flottent déjà plus de 34 000 débris spatiaux issus de l’activité humaine et 3 000 satellites HS, la décomposition de la matière obéit à des règles radicalement différentes de celles observées sur Terre. Jack Gabit, professeur associé de physique à l’Université Creighton (Omaha, Nebraska), nous éclaire sur ce phénomène singulier.
Le corps humain face au vide : une décomposition au ralenti
Dans l’espace, l’absence d’oxygène bouleverse les processus naturels de décomposition. Pour qu’un corps se décompose, il faut qu’il y ait des bactéries. Ces micro-organismes sont présents dans notre environnement, mais également sur notre peau. Une fois que le cœur cesse de battre, ces bactéries commencent à se multiplier rapidement, dégradant les tissus organiques.
Si les bactéries présentes naturellement dans notre organisme pourraient théoriquement amorcer une décomposition, leur action se trouverait considérablement ralentie. L’air sec et le manque d’oxygène, caractéristiques du vide spatial, freinent considérablement ce processus habituellement relativement rapide sur Terre. « En résumé, dans les rares zones où il y aurait une décomposition, celle-ci serait bien plus lente » explique Gabit.
Dans des conditions normales sur Terre (température modérée, humidité moyenne, présence d’insectes), un corps peut se décomposer complètement en quelques semaines ou quelques mois. Cependant, dans des conditions particulières (très froid, très sec, enfoui profondément dans le sol), la décomposition peut prendre plusieurs années, voire des décennies.
Fort heureusement, seuls trois cosmonautes ont perdu la vie dans l’espace : Georgi Dobrovolski, Vladislav Volkov et Viktor Patsayev, tous décédés en rentrant sur Terre lors de la mission Soyouz 11 en 1971. Toutefois, leurs corps ont été rapatriés avant d’être soumis aux conditions extrêmes du vide cosmique.
L’orbite terrestre : une zone particulière
La position du corps dans l’espace détermine son destin final. En orbite basse, à l’altitude de la Station Spatiale Internationale, les conditions s’avèrent particulièrement hostiles. La matière organique, propulsée à près de 29 000 km/h, subit une friction dévastatrice. Cette vitesse phénoménale engendre des collisions incessantes avec les molécules d’air résiduelles, provoquant une désintégration graduelle des tissus. Plus l’orbite se rapproche de l’atmosphère terrestre, plus le processus s’accélère.
Les couches atmosphériques, de plus en plus denses, agissant comme une véritable fournaise, transformeraient progressivement le corps en une traînée incandescente. Cette combustion, similaire à celle des météorites, ne laisserait finalement que peu de traces. Les débris qui survivraient à cette descente infernale finiraient par se consumer complètement dans les couches basses de l’atmosphère.
Les confins de l’espace : une conservation quasi-éternelle
Dans l’espace profond, le scénario change radicalement. Le vide quasi-absolu limite les interactions moléculaires à leur minimum. Gabit précise : « Il n’y a rien pour entrer en contact avec un objet, puisqu’on est dans un vide total ». Seules trois forces entrent alors en jeu : le rayonnement solaire, le vent solaire (les particules éjectées par notre étoile) et les impacts occasionnels de micro-météorites.
Cependant, plus on s’éloigne du Soleil, plus ces effets s’amenuisent, rendant la décomposition extrêmement lente. Dans de telles conditions, un corps pourrait théoriquement se conserver pendant des milliers d’années, comme figé dans le temps.
On assisterait alors à un phénomène proche d’une momification naturelle, mais bien différent de celle observée par le passé sur Terre. Sans aucune intervention humaine, sans embaumement, ni bandages, la matière organique se retrouverait ad vitam eternam (ou presque) préservée par le vide et le froid spatial.
- Dans le vide spatial, l’absence d’oxygène ralentit fortement la décomposition, limitant l’action des bactéries présentes dans le corps.
- En orbite basse, le corps serait progressivement désintégré par la friction avec les molécules d’air résiduelles, jusqu’à se consumer dans l’atmosphère.
- Dans l’espace profond, le corps pourrait se conserver quasi intact pendant des milliers d’années, exposé uniquement au rayonnement solaire et aux micro-météorites.
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L’air sec du vide spatial? 🤔
Oh! Ce doit être une expression locale de la part du rédacteur ?
Je le souviens avoir entendu des gens taper du pied l’hiver dans la rue en disant : “il fait sec aujourd’hui… ” C’est dire qu’il fait froid à geler le sol mais aussi avec un air vif et sec.
De toute façon on conceptualise très mal le vide spatial. Par exemple on y entend des explosions dans certains films (!) et on peut penser également qu’avec des températures proches du zéro absolu les particules devraient être ralentit comme si elles se propageaient dans de la purée de pois et pourtant…! Je ne vous parle même pas des vaisseaux en tôle qui devraient faire du sur-place ou s’écraser le nez.