- L’étoile “Janus” dispose de deux faces très différentes
- Sa chimie interne intrigue les scientifiques
- 96% des étoiles de la voie Lactée vont finir leur vie en naine blanche
L’espace est rempli de bizarreries. C’est sûrement l’idée qui a traversé l’esprit de Ilaria Caiazzo, un doctorant de l’Université de Caltech. Alors qu’il utilisait le télescope « Zwicky Transient Facility » à la recherche de naines blanches, il a découvert « Janus ». Le nom de ce Dieu romain n’a pas été donné par hasard.
En effet l’étoile dispose de deux faces bien différentes. L’une est composée d’hélium, l’autre d’hydrogène. Cette nuance dans la composition est si nette qu’elle se distingue facilement sur les données obtenues de l’étoile. Afin de se représenter autant que possible cette chimie très spéciale, l’université de Caltech a produit une reproduction de l’étoile en vidéo.
La découverte de l’étudiant Caiazzo a même eu le droit à sa publication dans le dernier numéro de la prestigieuse revue Nature. Habituellement les naines blanches sont composées de carbone et d’oxygène. L’hélium est la preuve d’un transfert de masse entre l’étoile parente de la naine blanche et un autre astre, sans doute bien plus grand.
Janus devait donc se trouver dans un système binaire (avec deux étoiles). La face tournant autour de l’autre étoile a réussi à capturer de l’hélium au fil de ses rotations, laissant l’hydrogène seul sur l’autre côté de l’astre.
Qu’est-ce qu’une naine blanche ?
Une naine blanche est, comme son nom l’indique, une petite étoile très lumineuse. Elles mesurent généralement la taille de la Terre. Malgré ces petites dimensions, les naines blanches sont très lourdes, presque autant que le Soleil. À l’intérieur de l’étoile, la densité est de l’autre d’une tonne par centimètre cube. La matière, comprimée, se transforme alors en plasma.
Les naines blanches se forment à la mort d’une étoile moyenne (maximum 4 masses solaires). Lorsque cette dernière s’effondre sur elle-même à cause de la gravité, la chute est trop lente pour que les couches supérieures puissent « rebondir » sur le noyau et faire exploser l’étoile en supernovae.
C’est le type de mort le plus courant dans l’Univers. Selon une étude du Research Consortium on Nearby Stars, près de 96 % des étoiles de notre galaxie, du fait de leur masse, finiront leur vie comme des naines blanches. L’astronome germano-britannique William Herschel est le premier en 1783 à découvrir une naine blanche, il s’agit de 40 Eridani A. Le 13 mars 1781, il avait déjà été à l’origine de la découverte de la planète Uranus. L’année suivante il devient l’astronome personnel du roi Gergoes III d’Angleterre.
Depuis la découverte d’Herschel, près de 2000 naines blanches s’ajoutent à la liste. La plus connue est sûrement Sirius B, étoile sœur de Sirius A, l’astre le plus brillant dans le ciel après le Soleil.
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