La frappe meurtrière des forces israéliennes sur Rafah dans la bande de Gaza a provoqué une explosion de tweets et autres réactions sur les réseaux sociaux. Un compte Instagram s’est toutefois davantage fait remarquer que les autres : Blockoutfrance_2024. La page originale repérée par nos confrères du Figaro est désormais inaccessible – mais on la trouve clonée sous des noms divers plusieurs fois.
Le concept fait mouche : avec son hashtag #Blockout et ses visuels montrant des influenceurs, le compte vise en fait tout simplement à dénoncer les plus gros comptes sur YouTube et d’autres plateformes qui n’ont pas dit un seul mot sur le conflit. Et à inciter les internautes à “bloquer” ces derniers (autrement dit, ne plus les suivre, réduisant ainsi leur popularité).
Comment un hashtag fait trembler les influenceurs qui ne parlent pas des terribles frappes israéliennes sur Rafah ?
Tibo Inshape, Squeezie, Cypien, mais aussi Zinedine Zidane, Pierre Niney… autant de noms accusés de ne pas éveiller leurs fans sur l’horreur de ce qu’ils qualifient de génocide. Autre motif d’affichage public : le fait de collaborer d’une façon ou d’une autre avec des marques qui continuent d’opérer en Israël malgré les images accablantes en provenance de ce petit territoire sous autorité palestinienne.
En soi, on a déjà vu un stratagème semblable fonctionner avec l’éclatement de la guerre en Ukraine… à ceci près que dans ce cas, c’était surtout des marques qui étaient directement visées. Ces mêmes marques ont par ailleurs alors vu leur main forcée par la levée de lourdes sanctions internationales contre la Russie.
L’action de #Blockout – surfant sur les mécanismes de la viralité – semble de prime abord plutôt efficace. Le Figaro parle, par exemple, du youtubeur Mister V et du tiktoker Anthonin se fondre en excuses après avoir mis en avant des nouveautés chez KFC et McDonalds, boycottés par les défenseurs de la cause palestinienne.
Face à de nombreuses mentions et réactions, des influenceurs habituellement peu habitués des prises de position publiques en matière de politique ou de géopolitique tentent plus ou moins habilement de faire baisser un peu les tensions avec leur communauté.
Certains comme Squeezie ou encore Léna Situations relaient tantôt des décryptages ou appels aux dons issus d’autres comptes. Ce qui ne se passe pas toujours très bien, en particulier parce que ces messages ne sont que relayés et ne contiennent aucun commentaire de l’intéressé.
À cela s’ajoute le peu de visibilité de ces relais, entre deux autres contenus qui concernent davantage leur compte. Alors que parler de la situation a effectivement le potentiel de permettre une sensibilisation beaucoup plus large du public sur la situation à Rafah et plus largement dans la bande de Gaza et dans d’autres territoires occupés, cette exposition contrainte peut poser question.
En particulier parce que l’on parle de comptes et chaînes qui ne parlent généralement pas de géopolitique (et d’influenceurs souvent très peu cultivés sur ces questions…). Et si une meilleure stratégie était justement de plutôt de pousser les influenceurs à diffuser une ou plusieurs vidéos mieux informée(s) et précises – pour mieux éviter la propagation de fake news et autres informations erronées ou incomplètes ?
- Le hashtag #Blockout, accompagné de la photo d’influenceurs se répand comme une trainée de poudre sur la toile.
- Ce dernier vise à inciter les internautes à pousser leur compte préféré à parler des frappes israéliennes sur Rafah – tout en les menaçant de “blocages”, autrement dit s’une vague massive de “unfollows”.
- Une stratégie efficace, même si elle soulève quelques questions.
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