Il règne en maître sur le YouTube francophone, mais qui est vraiment Squeezie ? Amazon Prime Video nous propose Merci Internet, une série documentaire très prenante sur le jeune vidéaste. Cette dernière revient notamment sur les débuts des plateformes de diffusion vidéo où tout semblait possible depuis son salon.
Elle n’oublie pas de parler de certains sujets qui fâchent, et notamment des problèmes de santé mentale des créateurs de contenu, et de la pression constante qui s’exerce sur eux. On a beaucoup aimé cette création originale et on vous explique pourquoi.
Un pan entier de l’histoire d’Internet
Merci Internet est centré sur le parcours de Squeezie et l’on peut même qualifier cette production d’hagiographie du vidéaste tant elle a tendance à magnifier sa carrière. L’ensemble ne prend pas énormément de risques en donnant la parole à des proches et à des intervenants triés sur le volet. Pour autant, on apprécie de retrouver cette génération qui l’a accompagné sur le chemin : Hugo Travers, Seb, Léna Situations, McFly et Carlito, Cyprien, Natoo…
Tous ou presque ont démarré par des sketchs lus face caméra depuis chez eux ou via des vidéos dédiées de jeux vidéo. Ils gagnent petit à petit en popularité et acquièrent des compétences sur le tas et au forceps pour proposer des contenus très novateurs. De ce point de vue, le documentaire montre bien cette épopée et le côté amateur des débuts, qui s’est peu à peu professionnalisé jusqu’à faire de l’ombre à la télévision.
La jalousie s’est peu à peu installée du côté de la petite lucarne, comme en témoigne ce passage de Squeezie dans l’émission de Thierry Ardisson où l’animateur a parlé sur un ton très méprisant au vidéaste. L’énorme condescendance des vedettes de l’époque, Laurent Ruquier, Maïtena Biraben, ou encore Antoine de Caunes, n’est également pas éludée.
Les difficultés des créateurs de contenus
La création originale montre aussi la pression constante qui s’exerce sur les créateurs de contenus. Des plateformes comme YouTube sont conçues de manière à les inciter à poster constamment de nouvelles vidéos. Elles insistent sur les baisses d’audience pour les pousser à agir.
Cela produit des conséquences concrètes sur la santé mentale des stars du service qui se détériore. Squeezie confie même :
Moi l’unique truc qui me tracasse, c’est : ‘Quand est-ce que ça marchera plus ?’ J’ai peur de ce jour-là. C’est l’unique truc qui me stresse. Ça va moins marcher, c’est inévitable. Quand ? Moi en plus qui ai grandi dans ce truc de chiffres, de fame, de gagner de l’argent. J’ai vécu ça à un âge où t’es encore en train de te construire (…) Donc quand ce truc-là, cette espèce de croissance infinie, va un peu se calmer, voire s’arrêter, voire régresser, psychologiquement je vais perdre un pilier. Comment je vais faire ?
Faut-il décélérer au risque de se faire dépasser par d’autres ou continuer sur ce rythme infernal qui peut vous mettre en danger ? Tel est le terrible dilemme auquel sont confrontés ces professionnels.
Un documentaire touchant
Merci Internet fait souvent mouche grâce à son montage impeccable. L’émotion est de mise, notamment lorsque l’on mesure le chemin parcouru par Squeezie depuis ses débuts. Ce jeune geek au comportement étrange est devenu l’idole de toute une génération.
On apprécie par ailleurs la franchise de ce dernier lorsqu’il reconnaît que sa carrière a ruiné une partie de sa jeunesse, et sa joie lorsqu’il prend pour la première fois de vraies vacances entre amis. Les joies du GP Explorer et lors de la création d’une équipe d’E-sport sont aussi bien présentées. La passion de Squeezie pour ces activités est sincère et cela se ressent à l’écran.
Les 5 épisodes de Merci Internet sont disponibles sur Amazon Prime Video.
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