C’est un vieux serpent de mer qui prend enfin forme. Dès 2019, le gouvernement promettait la mise en place d’un carte vitale numérique. Cette application pour mobile devait être généralisée dès 2021. Il aura fallu attendre deux ans de plus, mais un décret publié fin 2022 vient confirmer le déploiement de l’e-carte d’assurance maladie à tout le territoire français en 2023.
Qu’est-ce-que la carte vitale numérique ?
Créée en 1998, la carte vitale est aujourd’hui très largement adoptée. Le gouvernement souhaite toutefois entamer un nouveau virage numérique en santé. Il a donc décidé de mettre en place cette alternative dématérialisée à la carte vitale physique. Il est important de noter que cette dernière continue d’exister et qu’il est toujours possible de l’utiliser sans aucune restriction.
En l’absence d’obligation, il n’est pas sûr que sa version numérique rencontre beaucoup d’intérêt de la part du public. Comme le rappellent nos confrères de Midi Libre, seulement 38 % des Français ont activé leur compte “Mon espace santé”, un projet pourtant présenté comme phare par les autorités.
Sur son site, l’Assurance Maladie vante en tout cas les avantages de ce nouveau dispositif qui prend la forme d’une application pour smartphone. Il y a en effet plus de chance que les patients aient leur téléphone sur eux, tandis que la carte vitale est régulièrement oubliée. La télétransmission sera alors effectuée, ce qui garantit un remboursement optimal des frais de santé.
Ameli promet aussi que « les feuilles de soins sont sécurisées et fiabilisées grâce à l’accès automatique au service de droit ADRi, réduisant ainsi le risque d’erreurs et de rejets de factures ». Enfin, la réduction du risque de contaminations manuportées est évoquée. Un détail qui compte en période de pandémie.
Comment fonctionne la carte vitale numérique ?
Une fois téléchargée, l’assuré n’a qu’à présenter son application au professionnel de santé. Ce dernier dispose alors de deux options pour utiliser le service. Il peut décider de lire le QR code affiché dans l’application. L’opération peut se faire via une application mobile installée sur son propre téléphone ou via une douchette et une caméra.
La technologie NFC peut également être utilisée. Dans ce cas, ce sera à l’assuré de poser son téléphone sur un lecteur compatible. Cette option n’est pas idéale, car le NFC n’est pas toujours disponible sur iPhone et sur certains modèles Android.
Quid de la confidentialité ?
Comme toujours en matière de numérique dans le domaine de la santé, la question de la confidentialité est essentielle. L’Assurance Maladie promet que l’application carte vitale « dispose du même niveau de sécurité que la carte physique, un niveau garanti par les pouvoirs publics ». Les seules données stockées sur le service seront « le nom, le prénom, le genre ou le sexe, la qualité, et l’organisme obligatoire de rattachement ».
Pour les sécuriser, le principe de la double authentification est mis en place (via le smartphone et un code secret). L’idée est par ailleurs de réduire les fraudes liées à l’utilisation de carte vite en format physique.
L’État se donne le temps
Si la généralisation est prévue pour cette année, le gouvernement veut néanmoins se donner du temps. Ainsi, la pérennisation du dispositif ne devrait prendre fin que d’ici l’année 2026.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

La sécurité des services numériques, plus personne n’y croit, alors en plus si il s’agit de santé…
Et la double authentification.. au secours !