La France est bien un champion européen en matière d’énergie. D’après une publication de Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE (relayée par Les Échos), la France a battu son propre record d’exportation en 2025, avec un solde exportateur net de 92,3 TWh. L’ancien record a été enregistré en 2024. “On parle ici de volumes considérables”, explique Thomas Veyrenc, qui rappelle que ces 92 TWh dépassent la consommation annuelle de la Belgique.
Sinon, la répartition des exportations françaises d’électricité ne change pas, par rapport à 2024. Avec l’Italie, le solde est de +22,6 TWh, tandis que le solde avec l’Allemagne et la Belgique est de +23,1 TWh. Et les soldes avec le Royaume-Uni et la Suisse sont respectivement de +22,6 TWh et +20,1 TWh.
La production sort de la crise, mais pas la consommation
Pour le directeur général économie, stratégie et finances de RTE, la production d’électricité bas carbone en France est définitivement sortie de la crise, et revient à ses niveaux d’avant le COVID. Cela est attribué à une remontée de la production des centrales nucléaires, mais aussi à la croissance de la production d’énergies renouvelables.
La consommation, en revanche, est toujours inférieure à celle des années 2010. “Les effets de la crise persistent”, affirme Thomas Veyrenc, qui évoque aussi d’autres facteurs, comme l’efficacité énergétique, ainsi qu’un retard sur l’électrification. Celui-ci prévient, d’ailleurs, qu’augmenter la production d’électricité en France n’est qu’une étape. “Le principal enjeu reste de parvenir à substituer cette électricité aux énergies fossiles importées, qui constituent toujours presque 60% de l’énergie consommée en France”, écrit-il. Celui-ci évoque notamment la nécessité de remplacer les machines utilisant du pétrole ou du gaz et d’investir dans le réseau et le stockage.
Un atout dans la course à l’intelligence artificielle
En tout cas, le fait de produire plus d’électricité qu’elle n’en consomme est un avantage pour la France, dans la course à l’intelligence artificielle. En effet, les modèles de langage comme ChatGPT ou ceux de Mistral ont besoin de beaucoup d’énergie pour répondre à tous les utilisateurs. Les besoins en énergie de l’IA poussent d’ailleurs de nombreux géants de la tech, aux États-Unis, à se tourner vers le nucléaire. Emmanuel Macron avait d’ailleurs évoqué cette disponibilité en abondance de l’énergie bas carbone pour inciter les entreprises à investir dans l’Hexagone.
Parmi les grands projets récemment annoncés, il y a celui d’EDF et d’OpCore (coentreprise du Groupe iliad et des fonds gérés par InfraVia Capital Partners), dont les négociations exclusives ont été ouvertes en novembre. Les partenaires de ce projet entendent développer un centre de données de plusieurs centaines de mégawatts sur le site de l’ancienne centrale thermique de Montereau-Vallée-de-la-Seine (communes de Vernou-La-Celle-sur-Seine et La Grande-Paroisse). Et l’investissement serait de 4 milliards d’euros.
“Ce partenariat avec OpCore s’inscrit dans la mission d’EDF : mettre à disposition des acteurs du numérique une électricité bas carbone, abondante et fiable, produite en France”, avait expliqué Bernard Fontana, Président-Directeur général d’EDF, lors de l’annonce du projet.
- Selon le directeur général économie, stratégie et finances de RTE, la France a exporté plus d’électricité que la consommation annuelle de la Belgique en 2025
- Celui-ci affirme aussi que la production s’est remise de la crise, tandis que la consommation est stable
- La disponibilité de l’énergie bas carbone en abondance est un avantage pour la France dans la course à l’intelligence artificielle
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