Renault-Nissan-Mitsubishi signe un accord avec Google pour équiper ses voitures avec Android

Google vient de franchir le Rubicon avec cet accord qui lui permettra d’installer Android dans les voitures du premier groupe automobile mondial.

(capture de vidéo Android Auto)

Le loup dans la bergerie ? Après avoir passé (perdu ?) de trop longues années à développer des systèmes de navigation et d’info-divertissement à la logique et à l’ergonomie trop souvent calamiteuses, les constructeurs automobiles vont-ils se rallier au savoir-faire des géants d’internet pour fournir enfin des dispositifs dignes de ce nom ?

C’est en tout cas le pari de Carlos Ghosn, président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, le premier consortium automobile au monde en termes de nombre de voitures produites (plus de 10 millions par an), qui a décidé d’utiliser le système d’exploitation Android de Google pour ses fonctions d’information et de divertissement.

Ce changement, qui n’entrera en vigueur qu’en 2021, signifie que les utilisateurs disposeront de fonctionnalités Android telles que Google Maps, Waze et l’assistant Google mains libres, sans avoir à connecter un téléphone. Ils pourront également télécharger des applications spécifiques, comme celles qui permettent de trouver et de payer des places de parking, à partir de la boutique Google Play Store.

Déjà Audi et Tesla, bientôt tous les constructeurs ?

Une révolution ? Oui et non. La plupart des constructeurs automobiles permettent déjà aux utilisateurs de relier leurs téléphones Apple ou Android à leurs systèmes de voiture via Android Auto ou Apple CarPlay. Certains, comme Audi ou Tesla, proposent déjà un système de navigation GPS s’appuyant sur une version spécifique de Google Maps. D’autres constructeurs automobiles, tels que Honda, Volvo et General Motors, utilisent déjà Android dans leurs systèmes d’exploitation, bien que les versions déjà en place ne soient pas aussi écoluées que ce que proposera l’alliance Nissan-Renault-Mitsubishi. D’autre part, l’utilisation du système d’exploitation Android ouvrira les voitures aux mises à jour des logiciels d’info-divertissement sur Internet et à l’intégration des commandes vocales Google Assistant dans certaines fonctions de la voiture telles que les commandes d’essuie-glaces, rapportent nos confrères d’ABC News.

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Selon Kal Mos, vice-président mondial des véhicules connectés de l’alliance Nissan-Renault-Mitsubishi, « comme le logiciel d’exploitation peut être continuellement mis à jour, le système sera en mesure de gérer les communications avec d’autres véhicules ou d’autres infrastructures telles que les feux de signalisation lorsque ces caractéristiques seront disponibles. »

Un écosystème d’applications… et des données en pagaille

Une annonce qui va permettre également de participer au développement d’un écosystème pour les développeurs d’applications, qui seront toutefois très encadrés afin de fournir des apps qui devront être approuvées pour l’usage automobile dans un contexte où la sécurité et l’absence de distractions est fondamental.

Quid des utilisateurs d’iPhone avec Apple Car Play ? Selon les porte-paroles de l’Alliance à l’origine de cet accord, ils pourront continuer à utiliser Apple CarPlay sans crainte. Rappelons que les constructeurs gardent le choix de leurs partenariats, et que Porsche par exemple, propose Apple Car Play dans ses voitures, mais pas Android Auto, officiellement par méfiance vis-à-vis de la toute puissance de Google et de sa tendance irrépressible à aspirer toutes sortes de données.

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Côté données, justement, le système permettra également à Google Maps et à Waze, propriété de Google, de recueillir des données sur la vitesse et le trafic à partir d’un plus grand nombre de véhicules à mesure que les voitures seront équipées d’Android.

Renault travaillait jusqu’à présent avec TomTom pour ses systèmes de navigation embarquée. Suite à cette annonce, l’action TomTom a chuté de 23% mardi à la Bourse d’Amsterdam.


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