Février 1995. Alors que la PlayStation de Sony prépare doucement son arrivée en Europe, sur nos consoles 16 bits, on profite de nombreux titres d’une qualité remarquable, avec notamment Donkey Kong Country sur Super Nintendo lancé quelques semaines auparavant, tandis que les joueurs Mega Drive profitent d’un certain Sonic 3. Sur les deux machines, Electronic Arts s’illustre également, avec la disponibilité d’un jeu de football alors révolutionnaire : FIFA Soccer. Pourtant, en ce mois de février 1995, un nouveau jeu signé Konami (Castlevania, Contra, Tortues Ninja…) va faire grand bruit, l’éditeur nippon proposant alors sa vision du footbal, avec International Superstar Soccer.
Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !
International Superstar Soccer, 30 ans déjà !
Avant d’évoluer vers la Super Nintendo dans les années 90, vous étiez peut-être (comme moi) le fier propriétaire d’une console Nintendo NES. Aussi, outre les Super Mario Bros, Kirby et autres Mega Man, peut-être aviez-vous parmi vos cartouches de jeu un jeu de football déjà très apprécié, à savoir un certain Hyper Soccer. Signé Konami, ce dernier offrait déjà une expérience footballistique très réussie, et celui-ci constitue finalement une forme de prédécesseur spirituel du jeu auquel vous jouerez peut-être quelques années plus tard sur la consoles 16 bits de Nintendo.

En effet,
Toutefois, avec cet International Superstar Soccer (ou ISS), Konami décide de jouer la carte de la simulation. En effet, loin de la philosophie très arcade (et excellente) d’un Super Sidekicks 2 lancé la même année, Konami propose une vision plus réaliste du football, l’objectif étant d’aller concurrencer un certain FIFA Soccer signé Electronic Arts.
Et force est d’admettre que le jeu de Konami place la barre très haut, avec une introduction très réussie, et une interface qui ne laisse que peu de doutes quant à la richesse du titre. Les modes de jeu sont nombreux, et International Superstar Soccer permet évidemment de jouer en solo, mais aussi avec un ami.

Outre le mode Open Game, qui permet d’organiser la rencontre de son choix, on retrouve un mode International Cup, lequel constitue une coupe du monde, avec les phases de poule et le tableau final. A cela s’ajoute un championnat World Series, lequel permet à 24 nations de s’affronter en matches aller/retour. Un mode Training est également de la partie, sans oublier un mode Penalty Kick.

Parmi les modes de jeu proposés par cet International Superstar Soccer, on retrouve également un mode Scénario, lequel permet de propulser le joueur au coeur d’une dizaine de matchs inspirés de faits réels, inspirés de la Coupe du Monde 1994. L’occasion par exemple de revivre le calvaire de l’Italie (alors menée 1 à 0) face au Nigeria, ou encore celui de la France face à la Bulgarie.
Et sur le terrain alors ?
Bien sûr, les (jeunes) joueurs que nous étions décidaient rapidement de lancer un match rapide. Là encore, International Superstar Soccer proposait de nombreuses options, avec notamment la possibilité d’afficher la forme physique des joueurs via un petit smiley. Un détail qui perdurera sur les opus suivants. Bien sûr, on peut modifier également la stratégie, la composition etc etc… Un “réalisme” assez saisissant pour l’époque.

Une fois le match lancé, l’immersion continue, puisque le joueur décide du précieux “toss” de début de match en présence des deux capitaines d’équipes, avec un zoom sur les mains de l’arbitre (toss qui sera retransmis sur l’écran géant du stade dans la version Deluxe). Et dès le coup de sifflet initial, on apprécie une réalisation graphique très réussie, avec un titre très solide visuellement, mais qui distille également une ambiance juste phénoménale.
Grâce aux 6 boutons de la manette Super Nintendo, International Superstar Soccer permet de réaliser de nombreux gestes techniques, et on peut ainsi profiter des passes longues, des passes courtes, on peut accélérer, effectuer des talonnades, des jongles, des ailes de pigeon, des une-deux, des tacles assassins ou au contraire des prises de balle plus prudentes…

La section audio n’est pas en reste avec un public bien présent, mais aussi des contacts très marqués, sans oublier les célèbres bruitages “made in Konami“. On a même droit à des commentaires (limités) durant chaque match ! Dans son numéro de février 1995, le magazine Player One indiquait : “nous sommes peut-être en présence de la meilleure simulation de foot jamais développée sur une console 16 bits !“.
Alors non, ce n’est pas aussi violent qu’un World Cup ou qu’un Super SideKicks, mais on ressent bien toute l’intensité du sport, sans oublier bien sûr des règles respectées, avec des fautes qui peuvent conduire à des cartons, les hors-jeu… Aussi, les joueurs fatiguent au fil du match, et il n’est pas rare dans les dernières minutes de voir des joueurs tenter de reprendre leur souffle. On peut même choisir parmi trois arbitres (à la sévérité propre) et jouer par un temps clair, sous la pluie et même le neige.
@stephaneficca On est d’accord ? C’était l’âge d’or de Konami ? 🔥🔥🔥 #retrogaming #jeuxvideo #konami ♬ Sunset Riders – Remix – Retro Futureland
Il fut un temps où l’apparition du logo Konami à l’écran était synonyme d’un hit en puissance à suivre sur sa NES, sa Super Nintendo, sa Mega Drive, sa Playstation… et cet International Superstar Soccer se classe parmi les innombrables hits de l’époque de l’éditeur, aux côtés des Castlevania, Contra, Metal Gear, Sunset Riders et autres Rocket Knight et Tortues Ninja.
Evidemment, en 1994 (et bien plus tard encore), Konami ne bénéficie d’aucune licence officielle. Pourtant, International Superstar Soccer parvient à se démarquer de la concurrence grâce à la modélisation très fidèle des plus grandes stars de l’époque.

Certes, les maillots ne sont pas officiels, les noms des joueurs non plus, mais cela n’empêche pas de reconnaitre au premier coup d’œil un certain Roberto Baggio (aka Galfano) dans la sélection italienne avec sa petite queue de cheval, mais aussi Ravanelli (Carboni) et sa chevelure grise, ou encore Carlos Valderrama (Murillo) pour la Colombie, Ruud Gullit (Van Wijk) pour les Pays-Bas… Bref, on s’y croirait et on se dit (comme souvent) que “l’on ne fera jamais mieux !”

A l’époque, difficile de ne pas trouver un fan de football qui soit resté insensible au charme débordant de cet International Superstar Soccer. Le jeu de Konami va rapidement trouver ses adeptes, qui auront le bonheur de profiter l’année suivante d’une suite, laquelle va bénéficier de l’appellation “Deluxe”. Un jeu qui sera lancé sur Super Nintendo, puis décliné sur la Mega Drive de SEGA, ainsi que sur la PlayStation de Sony, et qui viendra peaufiner encore un peu plus la formule (déjà excellente) de ce premier PES, avec une technique plus aboutie, une gestion d’équipe encore plus poussée, une ambiance plus travaillée, la possibilité de jouer jusqu’à quatre joueurs…
D’International Superstar Soccer à PES
La suite de l’histoire, vous la connaissez sans doute (sans s’attarder sur l’histoire entre les deux studios internes KCET et KCEO), après avoir été portée sur Nintendo 64 mais aussi sur PlayStation (aaah ISS 98 et sa démo de Metal Gear Solid incluse), la saga ISS va connaitre une révolution en 1999 avec le lancement de ISS Pro Evolution sur PlayStation, lequel deviendra Pro Evolution Soccer en 2001, qui viendra littéralement écraser un certain FIFA 2002 en grande difficulté.

Chaque année, un nouvel opus de la saga PES viendra encore un peu plus asseoir la domination de Konami sur le marché du football virtuel. A compter du quatrième opus, la saga s’offre les services de Christian Jeanpierre et Jean-Luc Arribart aux commentaires, sans compter la présence des licences de trois championnats européens. Pour le reste, il fallait encore et toujours passer par l’éditeur pour parfaire la base de données, et intégrer (entre autre) les vrais noms des joueurs.

Il faudra attendre PES 6 (en 2006) pour profiter enfin de la licence officielle de la Ligue 1 Orange de l’époque, avec les noms des clubs, emblèmes, maillots et autres sponsors. Pour de nombreux joueurs, c’est ce même PES 6 qui reste aujourd’hui encore la référence incontestable en matière de jeux de football signé Konami, l’éditeur ayant par la suite totalement raté le tournant des consoles “next-gen”, la licence International Superstar Soccer/Pro Evolution Soccer étant devenue un jeu “free to play” depuis quelques années, avec e-Football…
Et vous, c’est lequel votre ISS/PES préféré ?
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