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Re:Play #14 : La Légende de Thor, l’autre “Zelda de SEGA” (à rendre jaloux les joueurs Super Nintendo)

C’était il y a 30 ans, les joueurs découvraient un certain “La Légende de Thor” sur Mega Drive, que certains ont rapidement décrit comme “le Zelda” de SEGA, allant jusqu’à rendre jaloux les possesseurs de Super Nintendo.

Au début de l’année 1995, et alors que la première PlayStation vient tout juste d’arriver au Japon, les joueurs occidentaux conservent précieusement leurs consoles 16 bits, lesquelles débordent littéralement de hits. Et si les joueurs Nintendo profitent depuis 3 ans déjà de Zelda: A Link to the Past, chez SEGA, la réponse officielle s’appelle Soleil (1994) (ou éventuellement LandStalker), mais celui qui constituera “le Zelda de la Mega Drive” pour certains joueurs (et qui forcera au passage la jalousie de nombreux joueurs Super Nintendo), c’est un certain La Légende de Thor, lancé en mars 1995 (il y a 30 ans oui).

Dans le petit monde du jeu vidéo, les années passent… mais la passion et les souvenirs restent ! Re:Play revient sur les grands classiques de l’Histoire du jeu vidéo. Un petit retour vers le futur passé, à la recherche de votre âme d’enfant ou d’adolescent, celle-là même qui vous a sans doute déjà fait (ou vous fera) prononcer la formule magique “c’était mieux avant”. Et si c’était vrai…? Alors on souffle dans la cartouche, c’est parti pour Re:Play !

Prince Ali, oui c’est bien lui… mais dans La Légende de Thor

Dans la Légende de Thor, le joueur est accueilli par une petite “cinématique” permettant d’introduire le personnage d’Ali, un prince aux cheveux dorés, qui va mettre la main sur un bracelet magique en mesure d’invoquer les esprits élémentaires. De retour au royaume d’Oasis, ce dernier est en proie à de nombreux monstres, et c’est évidemment sur ce même Ali que va retomber la responsabilité de faire place nette, en utilisant pour cela sa dague, son jeu de jambes et diverses divinités.

Story Thor
© Stéphane Ficca / Presse-citron.net

Concrètement, l’histoire nécessite (entre autres) de partir à la conquête de quatre esprits, à savoir Dytto l’esprit de l’eau, Shade l’esprit de l’ombre, Bow l’esprit des plantes et l’esprit de feu désormais connu de tous, Efreet. Chaque esprit permet de bénéficier de nouvelles capacités, d’ordre offensive bien sûr, mais qui permettront aussi d’activer des mécanismes, de découvrir un nouveau passage…

Legende Thor
© SEGA

Un principe de divinité auquel les joueurs Super Nintendo avaient d’ailleurs déjà pu goûter au travers, non pas de Zelda 3, mais d’un autre A-RPG également très populaire à l’époque, à savoir Secret of Mana, lancé en novembre 1994 en France.

Legende Thor 2
© SEGA

Et pourquoi “La Légende de Thor” au juste ? Et bien… bonne question. En effet, le célèbre Dieu du tonnerre de la mythologie nordique n’apparait aucunement dans le jeu. A noter qu’aux Etats-Unis, le jeu a hérité de l’appellation “Beyond Oasis”, quand au Japon, le titre est intitulé “The Story of Thor : A Successor of the Light“.

Pub Fr Legend Thor
La publicité française de La Légende de Thor © Abandonware

De même, dans un titre à consonnance “germanique”, pourquoi le héros, baptisé Ruo dans la version nippone, a-t-il été renommé Ali dans le reste du monde, créant ainsi une confusion avec le “prince Ali” d’Aladdin, lancé moins de deux auparavant ? Là encore, pas de raison officielle, mais vraisemblablement une approximation au niveau de la traduction, comme il y en avait tant à l’époque.

Pub Us Legend Thor
La publicité américaine, de Beyond Oasis, sa déclinaison Genesis, au look pour le moins “singulier” © Abandonware

Toutefois, au-delà de cet imbroglio concernant l’appellation du jeu, l’une des caractéristiques de ce Légende de Thor, c’était sa traduction intégrale en français, fièrement indiquée sur sa jaquette. Un point alors assez rare pour être souligné (notamment chez SEGA), et qui conditionnait alors clairement le succès (ou non) d’un titre. Difficile par exemple d’imaginer le même succès pour Secret of Mana, si ce dernier n’avait pas bénéficié lui aussi d’une traduction française intégrale.

Visuellement superbe, avec un gameplay digne… d’un Streets of Rage ?

A l’époque (on est en mars 1995), ce Légende de Thor est une incontestable baffe graphique… y compris pour les joueurs Super Nintendo. Certes, ces derniers allaient profiter quelques mois plus tard de l’extraordinaire Yoshi’s Island, et pouvaient narguer les joueurs Mega Drive avec l’incroyable Donkey Kong Country lancé pour Noël 1994, mais nombreux étaient les détenteurs de Super Nintendo à lorgner sur ce Légende de Thor, un peu comme on lorgnait sur un Golden Axe ou un Kid Chameleon.

Legende Thor 3
© SEGA

Parmi les grandes forces de ce Légende de Thor, on retrouve son gameplay, avec certes une orientation A-RPG façon Zelda, mais aussi une jouabilité plus punchy, avec un Ali capable de distribuer des coups de dague, mais aussi une myriade de coups de pied façon kung-fu, sans oublier la possibilité de se baisser, de sauter… Pas si étonnant que cela finalement, quand on sait que le studio à l’origine du jeu, à savoir Ancient, avait également travaillé un peu plus tôt sur un certain Streets of Rage 2.

Legende Thor 5
© SEGA

D’ailleurs, avec le beat’em all si emblématique de SEGA, ce Légende de Thor partage également un autre point commun, audio cette fois, avec à la manoeuvre le compositeur Yuzo Koshiro, lequel a sonorisé Streets of Rage donc, mais aussi Shinobi, Sonic (Master System et Game Gear), ainsi qu’ActRaiser ou encore Super Adventure Island sur Super Nintendo.

Petit bémol toutefois, avec son côté beat’em up, la Légende de Thor était certes un titre très dynamique, très punchy… mais aussi un jeu très court. En effet, il est possible de venir à bout du jeu en 6 à 8 heures environ, soit une durée de vie rachitique vis à vis d’une concurrence plus orientée RPG que Action.

Legende Thor 4
© SEGA

Malgré tout, La Légende de Thor ne laissait personne insensible, et pour certains joueurs, le titre avait le mérite de venir simplifier (voire littéralement écarter) certains aspects parfois un peu rébarbatifs du genre RPG, pour se focaliser sur le plaisir de jeu, à savoir l’exploration et les combats.

La licence ne connaitra qu’un seul et unique opus sur la console de SEGA (alors en fin de vie en 1995), et c’est du côté de la Saturn qu’il faudra se tourner pour découvrir sa suite (The Story of Thor 2), lequel permettait de découvrir les origines du bracelet magique. Malheureusement, la Saturn de SEGA se fera écraser par la PlayStation de Sony, et la licence “Thor” ne connaitra donc que deux épisodes malheureusement…

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