Passer au contenu

La Russie écrase les États-Unis dans la course aux voitures électriques et hybrides : les ventes ont explosé cet été

Quand l’essence vient à manquer à la pompe, l’électrique gagne le cœur des automobilistes et devient reine. Une transition écologique forcée pour la Russie qui a dopé le marché, laissant les États-Unis dans le rétroviseur.

La Chine reste, de très loin, le pays dominant le secteur des VE, aidé, entre autres, par les décisions politiques récentes de Donald Trump, qui ont ralenti l’adoption de l’électrique à l’échelle nationale. Un lien indirect mais dont les effets sur le positionnement des États-Unis sur l’échiquier mondial de la mobilité propre renforce encore le retard technologique des constructeurs américains face à leurs rivaux. Petite dose d’humiliation supplémentaire : les données du cabinet d’analyse Autostat, relayées par le New York Times, nous apprennent que le pays a perdu tellement de part de marché sur le segment des voitures électriques et hybrides rechargeables (PHEV) qu’il est désormais… derrière la Russie.

Le pays n’est pourtant pas le plus accueillant qui soit pour assister à un boom de l’électrique : environ 1,7 fois plus vaste que les États-Unis, les distances de trajet y sont interminables, les infrastructures de recharge restent encore embryonnaires et trop dispersées, sans compter les rudes hivers qui mettent les batteries à rude épreuve.

Comment expliquer que le marché intérieur russe reprenne des couleurs ? Parce que beaucoup d’habitants n’ont tout simplement plus le choix : de nombreuses raffineries ont été touchées par des frappes ukrainiennes, suffisamment pour perturber l’approvisionnement national en carburant. La Russie est assise, certes, sur d’immenses réserves de pétrole, mais son raffinement s’est tellement complexifié pendant l’année 2026 que de nombreux automobilistes se sont retrouvés devant des stations-services à sec ou des files d’attente interminables. En conséquence, ils ont préféré abandonner le thermique au profit de l’électrique ou des hybrides pour ne plus faire les frais des pénuries.

L’électromobilité par dépit fait un carton

Selon Autostat, la part cumulée des voitures électriques et des hybrides rechargeables a atteint 11,5 % des ventes de véhicules neufs sur le marché intérieur à la fin du mois de septembre, contre à peine 5 % en début d’année. Sergei Tselikov, le directeur du cabinet, raconte qu’il a lui-même franchi le pas en achetant une GWM Ora 03 GT, une compacte électrique chinoise du constructeur Great Wall Motor. Un modèle dont le prix a augmenté de 2 000 dollars en l’espace de quelques jours, une conséquence directe de la hausse de la demande.

Selon Reuters, entre le mois de juin et le mois d’août, les ventes de voitures neuves 100 % électriques ont ainsi dépassé les 26 500 unités, soit plus du double du volume enregistré sur la même période un an plus tôt, principalement portées par des modèles vendus entre 23 500 et 35 300 dollars. Des tarifs relativement élevés pour la Russie, qui correspondent au segment intermédiaire, voire haut de gamme, selon les marques.

De l’autre côté de l’Atlantique, c’est la débandade : les ventes de VE et PHEV ont connu un pic artificiel à la fin du mois de septembre 2025, provoqué par l’arrêt du bonus fiscal fédéral (un dispositif incitatif versé sous forme d’aide ou de déduction directe à l’achat d’un véhicule électrique neuf, plus ou moins équivalent à notre bonus écologique).

Les clients se sont rués pour acheter avant qu’il disparaisse, mais le retour de bâton a été violent. Une fois l’incitation supprimée, le marché a été paralysé et peine toujours à redémarrer : en août, le 100 % électrique ne représentait que 5,7 % des immatriculations neuves (78 895 véhicules). En y ajoutant les hybrides rechargeables, il culminait péniblement à 7,4 % au deuxième trimestre de l’année 2026, loin derrière les 11,5 % russes.

Qui l’eût cru ? Le pays des oligarques du pétrole double l’Oncle Sam sur le segment de l’électrique… en raison de l’invasion décidée par son président en 2022. Privée des constructeurs occidentaux à la suite des sanctions économiques, la Russie a vu son marché automobile entièrement submergé par les constructeurs chinois, qui ont vu une occasion en or pour faire main basse sur l’ensemble du réseau de distribution. Mauvais calcul de la part des États-Unis : en cherchant à asphyxier l’économie russe, ils auront surtout offert à la Chine le monopole des ventes automobiles de son voisin sur un plateau d’argent, tout en perdant leur propre influence sur le marché mondial.

  • La Russie a vu ses ventes de voitures électriques et hybrides exploser, atteignant 11,5 % des ventes de véhicules neufs, en raison de pénuries de carburant.
  • Les États-Unis, en perte de vitesse, n’ont atteint que 5,7 % de ventes de VE en août 2026, après l’arrêt des incitations fiscales.
  • La domination chinoise sur le marché russe s’est accentuée, profitant des sanctions occidentales et du retrait des constructeurs américains.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech