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Saint-Malo déclare la guerre à Airbnb

“La bulle Airbnb est en train d’éclater”, disait le représentant d’un collectif.

En première position, devant Bordeaux, la ville bretonne de Saint-Malo reigne sur la plateforme Airbnb. Les logements courtes durées y sont devenus majoritaires intra-muros de la ville fortifiée, au point que l’offre de logements pour les riverains s’est très fortement réduite.

Le taux d’occupation des foyers devenait de plus en plus élevé à la faveur de la plateforme Airbnb et un collectif de riverains s’était même créé pour dénoncer les inconvénients de la tendance et les conséquences dégradantes pour la ville. Son message a gagné et la mairie vient de prendre une décision.

À proportions importantes, décisions radicales. Le maire de la ville, Gilles Lurton (Les Républicains) a dit à BFMTV qu’ils venaient de faire passer une mesure de quotas pour le nombre de locations Airbnb à Saint-Malo. Le résultat est très fort : seulement 12,5% des logements pourront recevoir des locations Airbnb et autre plateformes comparables dans le coeur historique. Le quotas passe à 7,5% dans certains autres quartiers.

“La bulle Airbnb est en train d’éclater”, disait Franck Rolland, le représentant du collectif “Saint Malo, j’y suis, j’y reste”. Il ajoutait qu’il s’agissait pour lui d’une grande victoire : “quand on a commencé à se mobiliser sur le sujet, on nous disait qu’on ne pouvait rien faire contre une multinationale basée en Californie. Des outils existent : c’est une bonne nouvelle”.

Qui pourra continuer de louer ?

Forcément, avec une présence aussi élevée de propriétaires louant sur Airbnb, le nombre de mécontents sera aussi important. Et déjà des voix se lèvent. Le choix du maire n’a pas plu à un autre collectif, qui a décidé de s’opposer en justice à cette décision, auprès du tribunal de Rennes. Ils seraient “une dizaine”, selon BFMTV. En tout, jusqu’à présent, plus de 1600 loyers étaient disponibles sur Airbnb.

Qui pourra continuer de louer ? Priorité aux particuliers qui ne possèdent qu’un seul logement sur la plateforme. “A notre connaissance, c’est la réglementation la plus restrictive” de France, estimait l’avocat Simon Guirriec, qui représente le collectif de propriétaires mécontents. Mais la majorité silencieuse se devait de l’emporter alors que le prix de l’immobilier à Saint-Malo a d’autant plus bondi avec la présence d’Airbnb réduisant l’offre.

Des villes aux alentours de Saint-Malo ont suivi le sujet depuis les élections municipales et le déploiement du projet leur a d’autant plus donné le goût de s’y mettre aussi. Si bien que le village de Granville, dans le département de la Manche en Normandie, a fait part de ses intentions à BFMTV de s’inspirer de Saint-Malo.

L’erreur, pour Dominique Debuire, président de l’Union Nationale pour la Promotion de la Location de Vacances (UNPLV), serait de croire que “tout va être remis à la location à l’année. C’est faux” affirmait-il. Selon lui, trop de locations ne seraient que des résidences secondaires auxquelles les propriétaires ne verraient pas d’intérêt à passer à la location annuelle. Excepté le tourisme, Saint-Malo souffre de son manque d’attrait pour d’autres populations et la ville a du mal à accueillir des jeunes.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Je suis curieux de connaître la réponse du’tribunal ,il,me semble que cette décision ne repose sur aucun fondement juridique.
    Sur quel article du code le maire peut’il choisir parmi ces administrés qui peux louer et qui n’à pas l’autorisation du seigneur pour mettre son bien sur le marché.
    Après le blocage des loyers ,maintenant l’interdiction de louer.
    Mais sur qui repose cette absence de logement ,en premier sur l’incompetence et le manque de vision des maires de ces dites communes .Qui’délivre les permis de construire qui refuse la création d’hôtel (voir sur la rochelle où un projet d’hôtel de luxe en centre ville à été rejeté par la mairie).
    Toutes les villes à attrait touristique au delà de l’aspect législatif liberticide sont confrontés à ce problème en l’absence de construction ,donc le maire au lieu de s’attaquer au problème de la pénurie préfère gérer la pénurie,mais le tribunal devrait retoquer cette décision prise par un petit seigneur qui pense régner sur ces sujets comme au moyen âge.

    1. Jacswr, vous avez un avis sur le sujet ou vous êtes simplement là pour mettre les points sur les i ?
      C’est dommage on devine que votre avis doit être intéressant.

      1. Je vous remercie pour vos leçons mais également pour me laisser libre de mes avis ! Vous n’êtes, à ma connaissance, ni l’auteur de l’article ni le modérateur du site. Je ne suis pas client Airbnb et ne l’ai jamais été ce qui ne m’empêche nullement de lire les articles et de réagir parfois aux fautes grossières d’orthographe. En relisant votre avis, je comprends d’ailleurs mieux votre réaction ; au détail près que je ne me suis pas permis, moi, de critiquer ni votre orthographe ni votre ponctuation ! j’espère que mon avis vous a paru intéressant et je vous souhaite une bonne fin de journée.

Les commentaires sont fermés.