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Satellite : fusion anglo-américaine en orbite basse

Annoncée en 2021, la fusion entre Inmarsat et Viasat obtient le feu vert de l’autorité britannique de la concurrence.

  • La CMA, l’autorité britannique de la concurrence, donne son accord au projet de fusion entre Viasat et Inmarsat
  • Un accord à 7,3 milliards de dollars qui renforcera les capacités des deux parties dans la communication par satellite (face à Starlink)
  • Mais pour finaliser le deal, Viasat et Inmarsat doivent aussi avoir le feu vert de l’UE

Annoncée en novembre 2021, l’acquisition d’Inmarsat (Royaume-Uni) par Viasat (États-Unis) n’est toujours pas finalisée. Cependant, le projet avance, puisqu’au Royaume-Uni, l’autorité de régulation de la concurrence, la CMA, vient de donner son feu vert à l’acquisition. Une approbation qui n’était pas gagnée d’avance, puisque dans un premier temps, le régulateur britannique avait des doutes par rapport à ce deal.

Pour rappel, Inmarsat et Viasat fournissent différents services de communication par satellite, dont la connexion pour le Wifi dans les avions. Si l’accord ne pose aucun risque pour la sécurité nationale du Royaume-Uni, l’autorité de régulation de la concurrence a cependant lancé une enquête approfondie, pour déterminer si la fusion peut avoir un impact sur les clients. Mais en janvier, celle-ci avait déjà indiqué qu’elle pourrait accepter le deal.

Et aujourd’hui, c’est un feu vert définitif. La CMA évoque un secteur avec une évolution rapide et tient compte du fait que de nouveaux acteurs entrent dans ce secteur, ainsi que du nombre de satellites lancés récemment. “Toutes les preuves ont montré que le secteur continuera de croître à mesure que la demande de connectivité par satellite augmentera. Après avoir soigneusement examiné l’accord, nous sommes maintenant convaincus qu’après la fusion, ces développements garantiront que les compagnies aériennes et leurs clients britanniques continueront de bénéficier d’une forte concurrence”, explique le président du groupe d’enquête de la CMA, Richard Feasey.

Combiner les satellites

Parmi les concurrents d’Inmarsat et de Viasat, il y a Starlink, la constellation de SpaceX. Aujourd’hui, celle-ci ne se contente plus de proposer une connexion par satellite aux particuliers, mais propose également des offres pour les entreprises, pour les bateaux, ainsi que pour les avions. Par ailleurs, en 2022, Eutelsat et OneWeb ont annoncé un projet de fusion, pour créer un géant de la communication par satellite.

Et comme Eutelsat et OneWeb, Inmarsat et Viasat veulent combiner leurs ressources afin de renforcer leur position sur le marché. “La société fusionnée a l’intention d’intégrer le spectre, les actifs satellitaires et terrestres des deux sociétés dans un réseau spatial et terrestre hybride mondial à haute capacité, capable de fournir des services de qualité supérieure dans les secteurs commerciaux et gouvernementaux à croissance rapide”, lisait-on dans l’annonce de l’accord. Par ailleurs, il est à noter que cette future entité pourrait aussi s’intéresser à la communication par satellite avec les smartphones.

Inmarsat collabore par exemple avec Mediatek afin de développer la communication par satellite sur les puces pour smartphones de la société taïwanaise. En effet, dans les prochaines années, cette possibilité de communiquer avec un smartphone sans réseau mobile sera un must. Apple propose déjà cette fonctionnalité sur ses derniers iPhone. Et des constructeurs d’appareils Android s’apprêtent à emboîter le pas.

En attente de l’accord de l’UE

Cependant, si le feu vert britannique de l’acquisition de Inmarsat par Viasat à 7,3 milliards de dollars est une bonne nouvelle pour ces entreprises, le deal n’est pas encore finalisé. En effet, les deux parties doivent aussi obtenir le feu vert de l’Union européenne. Et celle-ci ne s’est pas encore prononcée. En février, la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une enquête approfondie.

“[…] la Commission craint donc qu’en acquérant Inmarsat, Viasat puisse réduire la concurrence sur le marché de la fourniture de services IFC à haut débit aux compagnies aériennes commerciales dans l’EEE et/ou dans le monde entier”, indique celle-ci.

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