« Segway, qui doit présenter ses modèles 2026 en septembre prochain, devra, à nouveau, se surpasser. » C’est sur cette phrase que nous avions conclu notre test de la Xiaomi Electric Scooter 6 Ultra, en mai dernier. Depuis, le constructeur a abattu ses cartes en deux temps.
Ses ZT3 Max et Max G3 Pro ont fait une première apparition à l’IFA de Berlin début septembre, mais il manquait encore leurs caractéristiques précises ainsi que leurs prix. La semaine dernière, lors d’un événement organisé à Paris, ces dernières informations nous ont été communiquées.

L’occasion de découvrir comment Segway compte répondre à son grand rival. Il faut dire que Xiaomi n’avait pas fait les choses à moitié quelques mois plus tôt. Le constructeur chinois avait dévoilé cinq trottinettes d’un coup au MWC de Barcelone, fin février, histoire de quadriller toutes les gammes de prix.
À Segway, désormais, de montrer qu’il en a encore sous le guidon. Cette riposte passe par le lancement de deux nouveaux modèles haut de gamme. La ZT3 Max s’adresse à ceux dont le trajet quotidien ressemble à un parcours du combattant, tandis que sa sœur, la Max G3 Pro, est faire pour avaler les kilomètres en ville. Segway en profite également pour préciser ses nouveaux axes de stratégie. Sa mesure de l’autonomie se durcit, et la réparation s’ouvre désormais aux clients eux-mêmes.
Segway ZT3 Max, une trottinette taillée pour les trajets difficiles
Avec son esthétique de baroudeuse, la ZT3 Max reprend la formule de la ZT3 Pro en renforçant plusieurs éléments essentiels. À commencer par le moteur, dont la puissance maximale passe de 1 600 à 2 200 W. Segway annonce ainsi la possibilité de gravir des pentes jusqu’à 30 %, contre 25 % auparavant. L’intérêt ici n’est pas de rouler plus vite, la vitesse étant légalement limitée à 25 km/h en France, mais de conserver davantage de répondant sur les forts dénivelés.

Pour composer avec les chaussées malmenées, Segway associe une fourche avant renforcée à des suspensions hydrauliques. La roue avant grandit également pour atteindre 12 pouces, contre 11 à l’arrière. Sur le papier, cet ensemble doit faciliter le passage des irrégularités et limiter les secousses dans le guidon. Les pavés, les nids-de-poule et les chemins de terre devraient logiquement s’aborder avec un peu moins d’appréhension.
La sécurité évolue, elle aussi, avec deux disques de 140 mm et un système combiné baptisé ICBS. Ce dernier permet d’actionner les freins avant et arrière avec un seul levier. L’objectif est de mieux répartir le freinage et de limiter le risque de « faire un soleil » lors d’un arrêt d’urgence. Autrement dit, de basculer par-dessus le guidon.

Enfin, Segway annonce jusqu’à 60 kilomètres d’autonomie à 25 km/h. La ZT3 Max sera commercialisée en France en novembre au prix de 999 euros.
Segway Max G3 Pro, une trottinette qui mise sur l’autonomie
La Max G3 Pro prolonge quant à elle une formule que nous connaissons bien. En 2025, la Max G3 E nous avait suffisamment convaincus pour devenir notre référence parmi les trottinettes urbaines à moins de 1000 euros. Cette nouvelle déclinaison veut pousser le curseur plus loin, notamment pour ceux qui multiplient les allers-retours quotidiens.

Son principal argument se trouve dans sa batterie de 899 Wh, contre 717 Wh sur la Max G3 E. La marque promet jusqu’à 80 kilomètres à 25 km/h. Une réserve qui pourrait permettre d’enchaîner plusieurs jours de trajets au bureau et ainsi espacer les charges.
La Max G3 Pro conserve également son écran couleur TFT de 2,4 pouces, capable d’afficher les indications de navigation à chaque changement de direction. Des clignotants arrière font leur apparition, tandis que la compatibilité avec Google Find Hub rejoint Apple Find My pour retrouver la trottinette depuis un smartphone Android.
Deux freins à disque de 140 mm et des pneus dits « autocicatrisants », dont le revêtement intérieur permet de colmater certaines petites perforations, complètent l’équipement. Le châssis est certifié IPX6 contre les jets d’eau et la batterie IPX7 contre une immersion temporaire. Une vraie montée en gamme qui se retrouve logiquement sur le prix.

Comptez 1 099 euros, avec une disponibilité annoncée en novembre, alors que la Max G3 E qu’elle remplace avait été lancée à 899 euros.
Autonomie et réparations, Segway veut tenir ses promesses
60 ou 70 kilomètres d’autonomie, les chiffres font souvent rêver. Encore faut-il savoir comment ils sont obtenus. Le poids du conducteur, les côtes, la température et les accélérations peuvent considérablement modifier la distance parcourue. Lors de nos tests de trottinettes, comme pour la Xiaomi Scooter 5 Pro de 2025, nous le répétions régulièrement. Entre un chiffre d’autonomie vanté en magasin et la réalité, il faut bien souvent retrancher un bon tiers.
D’autant que les mesures peuvent se poursuivre jusqu’à épuisement de la batterie, alors même que la trottinette n’a plus suffisamment de répondant. Selon Segway, les utilisateurs préfèrent souvent la recharger dès qu’elle ne dépasse plus les 15 km/h. Les kilomètres encore parcourus à allure réduite viennent gonfler une autonomie théorique qui n’a plus grand intérêt au quotidien. Pour rendre ses annonces plus représentatives, la marque renforce son protocole de mesure à vitesse maximale, introduit dès 2024.
Chaque mode de conduite est testé à sa vitesse maximale, jusqu’à ce que la trottinette ne puisse plus maintenir au moins 60 % de cette allure. À 25 km/h, le seuil correspond donc à 15 km/h. Les distances annoncées ne signifient ainsi pas que l’on conserve la même vitesse jusqu’au dernier mètre.

L’autre chantier qui tient à cœur à Segway, c’est la réparation. Le constructeur s’appuie sur un réseau renforcé de réparateurs labellisés « Service Dealer » pour faciliter les diagnostics, l’accès aux pièces d’origine et les interventions en atelier. La France en compte 120 cette année, et ce nombre devrait passer à 200 en 2027. À l’échelle européenne, la marque vise 1 000 points d’ici 2030.
Pour les opérations simples, Segway lance un programme d’autoréparation, avec l’envoi de pièces détachées officielles et d’un kit d’outillage, accompagnés de vidéos explicatives et éventuellement d’une assistance téléphonique. Point important, ce programme fonctionne sous garantie. Les petites réparations pourront donc se faire à la maison, sans immobiliser la trottinette en atelier ni craindre de faire sauter la couverture du constructeur.
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