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Ses livreurs deviendront salariés, Deliveroo préfère fuir

En dernier recours, le service de livraison de repas préfère sortir du marché.

Il en avait souffert lors de son introduction en bourse en mars dernier. Le service de livraison de repas Deliveroo, concurrent d’Uber Eats et de DoorDash, pourrait quitter l’Espagne en conséquence des perspectives du statut légal de ses livreurs.

L’entreprise a cité l’excuse d’une part de marché limité, d’un investissement conséquent et de « rendements potentiels à long terme incertains ». Un prétexte qui masque une situation bien moins en rapport avec les résultats économiques de Deliveroo, mais bien de la « présomption de salariat » de ses effectifs.

L’actualité a fait couler de l’encre au mois de mars alors que  le gouvernement et les partenaires sociaux en Espagne se mettaient d’accord pour un encadrement plus juste et avec plus de protections pour les livreurs à vélo, actuellement indépendants de Deliveroo et des concurrents.

La ministre du Travail Yolanda Diaz commentait à ce sujet : « j’ai dit de nombreuses fois qu’un travailleur qui parcourt nos rues à vélo avec une appli n’était pas un entrepreneur […] des milliers de travailleurs et travailleuses seront des employés, [les entreprises] cotiseront pour eux et ils auront droit à toute la protection sociale qu’ils n’ont pas aujourd’hui », ajoutait-elle.

Partir, en dernier recours

Malgré leurs appels, les différentes sociétés qui réagissaient en parlant de « salariat forcé » pourraient devoir se plier à la règle. Le quotidien El Pais confirmait que la société Deliveroo se heurtait aujourd’hui à une échéance au sujet du statut de ses livreurs au sein du pays. Une annonce de retrait du marché pourrait arriver très vite.

« Deliveroo annonce aujourd’hui qu’il propose une consultation sur la fin de ses opérations en Espagne. Deliveroo opère actuellement sur 12 marchés dans le monde, la grande majorité de la valeur brute de transaction (GTV) de la société provenant de marchés où Deliveroo détient une position de n°1 ou n°2 », peut-on lire en introduction du communiqué de la société publié le 30 juillet dernier.

Bien sûr, les arguments avancés ne sont pas faux pour autant. Deliveroo est un petit acteur en Espagne, dominé par Uber Eats, Glovo ou encore Just Eat. Cela dit, le retrait du service créera le premier précédent pour les autres pays en négociation. Deliveroo et ses concurrents présents à l’international espèrent que cette menace aura suffisamment de poids et créera de la dissuasion.

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8 commentaires
8 commentaires
  1. Au contraire, c’est une très bonne chose, ils n’auront pas le marché et les acteurs présents seront en mesure de rémunérer les livreurs en ayant moins de guerre de concurrence

    1. “L’actualité s’est accélérée au mois de mars lorsqu’un accord entre le gouvernement et les partenaires sociaux en Espagne se mettaient d’accord pour un encadrement plus juste…” cette phrase ne veut rien dire… Allez, un petit effort : sujet, verbe, complément et c est tout.

  2. Et si, tout simplement on laissait le choix ? Je connais pas mal de monde qui veut pouvoir travailler et arrêter de travailler quand ils veulent, le temps qu’ils veulent. L’entrepreneuriat permet cela.

    1. Ubereats deliveroo c’est l’esclavagisme des temps modernes.
      – peu de rémunération.
      – pas de cotisation sociale pour protéger le salarié.
      – pas de sécurité d’emploi.
      – l’angoisse de la notation à chaque commande.

      Il est urgent que ces entreprises ferment. Quand on commande de la nourriture chez déliveroo ou ubereats, ce n’est pas un téléphone qu’on tient à la main, mais un fouet.

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