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Le fleuron tricolore de l’Internet des objets est en redressement judiciaire : nouveau coup dur pour la French Tech

Trois ans après un premier redressement judiciaire, l’entreprise toulousaine se retrouve à nouveau sous la protection du tribunal de commerce.

Décidément, l’existence de Sigfox n’est pas un long fleuve tranquille. L’entreprise tricolore, pionnière de l’Internet des objets (IoT), vient d’être placée une nouvelle fois en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse. Une étape délicate pour ce nom emblématique de la French Tech.

Un géant discret mais incontournable de l’IoT

Le nom de Sigfox ne vous dit peut-être rien, et pourtant, la société fait partie des grands noms de la tech française. Fondée en 2009 près de Toulouse, elle a été l’une des premières au monde à proposer une technologie de communication « 0G » : un réseau longue portée, à très basse consommation et à bas coût, permettant de connecter des capteurs, traceurs ou compteurs intelligents. Une solution taillée pour l’industrie, la logistique ou encore les villes connectées.

Au milieu des années 2010, Sigfox suscite un vrai enthousiasme, avec un réseau s’étendant à plus de 70 pays et permettant de relier des millions d’objets simples à Internet. Les experts lui prédisent alors un succès planétaire. Mais la réalité s’est révélée bien plus rude.

Tandis que la croissance des objets connectés s’est avérée moins rapide que prévu, la crise sanitaire a fragilisé son modèle. À cela se sont ajoutées des tensions internes, plongeant la firme dans d’importantes difficultés financières. En 2022, Sigfox, lourdement endettée, n’a d’autre choix que de se placer sous la protection du tribunal.

French Tech Faillite
© Shutterstock

Déjà sauvée une fois, Sigfox veut se rassurer à nouveau

Alors placée sous redressement judiciaire, la startup est acquise par UnaBiz, opérateur basé à Singapour et cofondé par un ancien salarié, Henri Bong. Le tribunal impose le maintien de l’activité en France, permettant de sauver une centaine d’emplois. De même, le repreneur injecte 12 millions d’euros et réduit drastiquement les coûts de production, tout en poursuivant la recherche et le développement. L’entreprise repart alors sur de nouvelles bases, même si elle procède encore à des coupes dans ses effectifs en 2023.

Aujourd’hui, malgré des signaux commerciaux positifs, le poids de la dette rattrape à nouveau Sigfox. « En 2024, notre chiffre d’affaires atteint les 35 millions de dollars dont la moitié est issue de contrats récurrents », affirme Philippe Chiu, PDG d’UnaBiz France. Le réseau revendique désormais 15 millions d’objets connectés, contre 9 millions trois ans plus tôt. Mais les investisseurs, qui ont déjà injecté plus de 36 millions d’euros, s’impatientent. Faute d’accord avec certains créanciers, Sigfox a sollicité une nouvelle fois le redressement judiciaire.

« Ce redressement judiciaire va nous permettre de chercher des conciliations avec les créanciers », tempère le dirigeant, qui assure que l’entreprise n’est pas dans la même situation qu’en 2022. UnaBiz parle cette fois d’un « plan de continuation », avec des gros contrats à la clé et l’appui des salariés. Reste à convaincre que, 15 ans après sa création, Sigfox a toujours les moyens de rester un acteur clé de l’IoT.

  • Pionnier de l’Internet des objets, Sigfox est de nouveau placé en redressement judiciaire, trois ans après une première procédure.
  • L’entreprise toulousaine, rachetée en 2022 par UnaBiz, revendique pourtant une activité en hausse avec 15 millions d’objets connectés et un chiffre d’affaires de 35 millions de dollars.
  • Mais le poids de la dette et l’impatience des investisseurs fragilisent encore ce fleuron de la French Tech.

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