La SNCF n’est plus seule. Alors que les trains de Trenitalia occupent déjà les lignes à grande vitesse sur la partie est de la France (Paris-Lyon-Marseille), c’est un nouveau concurrent qui s’immisce aujourd’hui sur le marché : Velvet.
Velvet a en effet obtenu, hier 31 août, une licence délivrée par le ministère des Transports pour exploiter les portions de ligne TGV sur la partie Atlantique du réseau. Une étape importante dans l’ouverture à la concurrence du chemin de fer français.
Bientôt des trains Velvet sur nos rails
Avec cette licence, obligatoire pour proposer ses services, Velvet compte bien imposer sa marque sur l’une des parties les plus importantes de notre réseau ferré. L’entreprise française va ainsi desservir les lignes Paris-Bordeaux, Paris-Nantes, Paris-Rennes ou encore Paris-Angers, qui voient transiter des millions de voyageurs chaque année.
La mise en service du premier train siglé Velvet est prévue pour 2028 et desservira la ligne Paris-Bordeaux. Par la suite, l’entreprise va progressivement déployer sa flotte jusqu’en 2029. De fait, les voyageurs auront le choix pour se rendre dans une de ces destinations, optant soit pour un Ouigo, soit pour un Inoui, soit pour un train Velvet. La société a commandé ses rames à Alstom, sur la même plateforme que les futurs TGV M, un choix qui devrait faciliter l’homologation, encore à venir, de son propre matériel.
Une concurrence déloyale ?
L’ouverture à la concurrence a plusieurs objectifs, surtout financiers. Velvet va en effet contribuer à l’entretien du réseau qu’elle exploite à hauteur de 200 millions d’euros. Une bouffée d’air pour l’État et la SNCF. De plus, Velvet va s’installer sur une ligne quasi saturée. De nouveaux trains signifient plus de place (10 millions par an, selon l’entreprise), mais aussi, en théorie, des billets moins chers. En revanche, l’ouverture à la concurrence engendre certaines inégalités avec la SNCF. Velvet se contente en effet d’exploiter des lignes rentables, alors que la SNCF dessert les plus petites lignes. Velvet est une société privée, et son but est évidemment de gagner de l’argent, pas de servir les usagers. Le souci, c’est que la SNCF pourrait être justement pointée du doigt pour sa non-rentabilité, avec à terme le risque de voir des petites gares fermer, selon elle.
Velvet est une entreprise française fondée en 2024 sous l’égide de Rachel Picard, ancienne directrice de Voyage SNCF. Son homologation représente un événement important dans le petit monde du train, puisque c’est la première fois qu’une société hexagonale viendra concurrencer la SNCF sur ses lignes à grande vitesse. Reste à savoir si le voyageur y gagnera réellement dans l’affaire. La concurrence va-t-elle faire baisser les prix ? Velvet arrivera-t-il à s’imposer et à devenir rentable ? Des questions qui trouveront leur réponse dans plusieurs années seulement.
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