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SNCF : le gouvernement espagnol qualifie les trains français Ouigo de « parasites »

Accusé par le ministre espagnol des Transports de « parasiter » les ateliers de l’acteur national Renfe, Ouigo se retrouve au cœur d’une charge virulente contre la libéralisation ferroviaire. Voici pourquoi.

Lors d’un entretien accordé à l’agence de presse espagnole Europa Press, le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Óscar Puente, s’est montré particulièrement virulent à l’égard de la concurrence ferroviaire étrangère, et notamment française.

En cause, une récente décision de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CMNC), le régulateur espagnol, qui contraint l’opérateur historique Renfe à ouvrir ses ateliers de maintenance à Ouigo, filiale à 100 % de la SNCF, et Iryo, détenue par Trenitalia. Une mesure jugée « inacceptable » par le ministre, qui accuse l’organisme de laisser ces entreprises étrangères « parasiter » l’infrastructure industrielle construire et financer par l’acteur espagnol.

Bien décidé à défendre son champion national, Óscar Puente fustige la stratégie d’implantation des rivaux de Renfe, et il n’y va pas de main morte :

« Avez-vous les infrastructures nécessaires pour entretenir vos trains en Espagne ? Si vous ne les avez pas, il y a deux options : soit vous investissez et créez vos propres infrastructures, soit vous ramenez vos trains dans votre pays, comme le fait Renfe avec ses trains en France qu’elle rapatrie en Espagne pour la maintenance. Ce qu’on ne peut pas prétendre, c’est que ce soit votre concurrent qui entretienne vos trains ».

L’ouverture des marchés remise en question

Mais ce n’est pas tout. Le ministre, nommé par Pedro Sánchez en 2023, remet en cause le modèle même de l’ouverture des marchés, qualifiant le processus de « trompeur et irréaliste ». D’autant qu’il est ici question de trois géants publics capables d’opérer à pertes grâce au soutien financier de leurs États respectifs.

« Nous sommes passés d’une entreprise qui gagnait 150 millions par an à trois qui en perdent 230 millions, parce que le marché ne permet pas des prix si bas », poursuit-il. Un effondrement des marges qui prive l’État espagnol de revenus réinvestis jusqu’ici dans le réseau régional : « Avant, cela nous donnait un coussin économique pour financer des services publics déficitaires ; désormais, cet argent sort directement des impôts ».

Ryanair en a aussi pris pour son grade

Cette offensive ne s’arrête pas au secteur ferroviaire. Puente critique également fermement les revendications de Flixbus, qui réclame l’ouverture à la concurrence des lignes interurbaines de plus de 100 kilomètres. Il s’est, en outre, ouvertement disputé avec Michael O’Leary, PDG de Ryanair, via X, anciennement Twitter. Au cœur de leur discorde : la hausse des redevances aéroportuaires en Espagne. « Si tu n’aimes pas nos règles, vole ailleurs », a asséné le ministre. Au moins, c’est clair.

  • Le ministre espagnol des Transports accuse la SNCF et Ouigo de « parasiter » les ateliers de la Renfe en refusant d’investir dans leurs propres infrastructures.
  • Óscar Puente dénonce un modèle d’ouverture à la concurrence trompeur, qui a transformé un marché rentable en un gouffre financier pour les contribuables.
  • Cette sortie s’inscrit dans une offensive plus large contre les géants étrangers du transport, de la route au secteur aérien.

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