Passer au contenu

La SNCF engrange d’immenses bénéfices mais sa dette s’envole : faut-il s’en inquiéter ?

Une situation qui peut sembler paradoxale.

En 2024, la SNCF affiche des résultats financiers impressionnants, portée par l’engouement grandissant des Français pour le train. Mais derrière les bons chiffres, un autre indicateur fait tiquer : la dette de SNCF Voyageurs a littéralement explosé en un an.

Dette qui explose

Porté par une fréquentation record sur les lignes TGV et Intercités, le groupe SNCF boucle l’année 2024 avec un bénéfice net d’1,6 milliard d’euros et un chiffre d’affaires historique de 43 milliards d’euros. En première ligne, se trouve SNCF Voyageurs, la branche chargée de l’exploitation des trains, qui enregistre 20,2 milliards d’euros de revenus, en hausse de 6 % sur un an. Avec un résultat net de 765 millions et un EBITDA confortable de 2,45 milliards, l’activité voyageurs confirme son rôle moteur dans les performances du groupe ferroviaire.

Pourtant, la dette de SNCF Voyageurs a été multipliée par plus de huit en un an, passant de 200 millions d’euros en 2023 à 1,683 milliard en 2024. En cause, d’après BFMTV, les sommes massives reversées à la maison mère, la SA SNCF, pour financer la rénovation du réseau ferroviaire classique, aujourd’hui vieillissant.

Au total, ce sont 2,75 milliards d’euros ont été transférés, bien au-delà du bénéfice net réalisé. Une partie l’a été sous forme de dividendes, mais l’essentiel, c’est-à-dire 2,5 milliards d’euros, provient d’un mécanisme comptable appelé « distribution de prime d’émission ». Pour assurer ces versements, SNCF Voyageurs a dû s’endetter lourdement malgré sa bonne santé financière.

Sncf Retraite Pension
© cinemavision / Shutterstock

La SNCF se veut rassurante

Mais alors, la SNCF doit-elle s’inquiéter d’une telle situation ? Pas vraiment, selon sa direction, qui insiste sur la bonne rentabilité de SNCF Voyageurs. L’endettement actuel reflète simplement un réajustement logique, explique-t-elle : il avait été maintenu artificiellement bas pendant les années Covid, lorsque l’activité était à l’arrêt. Aujourd’hui, avec des trains pleins et une activité soutenue, le niveau de dette serait jugé « cohérent ».

« Ce qui compte, c’est le ratio dette sur EBITDA et il s’avère que, même en montant le niveau de la dette, le ratio est bon », estime le groupe. La compagnie ferroviaire table d’ailleurs sur une baisse de la dette à 925 millions d’euros en 2025, tout en anticipant une hausse des bénéfices à 850 millions d’euros.

Pour faire simple, la SNCF gagne de l’argent, mais celui-ci part majoritairement dans la rénovation des infrastructures. Résultat, la branche voyageurs, pourtant rentable, s’endette pour financer le reste du groupe. Une stratégie assumée, mais qui peut interroger à l’heure où la concurrence s’intensifie sur les rails.

  • Malgré un chiffre d’affaires record, la dette de la SNCF explose.
  • Pas de panique du côté de la direction malgré cette hausse.
  • Le groupe estime être sur la bonne voie.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech