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Start-up. La seconde main en quête d’un second souffle

Une tempête s’abat sur les start-up qui se spécialisent dans le reconditionné.

Ces derniers mois, plusieurs start-up proposant des produits de seconde main ont rencontré des difficultés financières. Une situation qui s’explique non seulement par un modèle gourmand en liquidités, mais également par le contexte économique incertain.

Barooders, Wethenew, Beebs…

Cet été, la plateforme dédiée aux équipements sportifs et aux vélos reconditionnés Barooders a été placée en liquidation judiciaire. Ayant obtenu le soutien du célèbre handballeur Nikola Karabatic, elle avait pourtant levé 3,8 millions d’euros depuis sa création en 2021.

Il ne s’agit pas de la seule start-up dédiée aux offres de seconde main à connaître une telle issue. Rediv, jeune pousse landaise spécialisée dans la logistique de vêtements, a également été contrainte de cesser son activité. En partenariat avec des géants comme Auchan, Carrefour ou La Redoute, elle avait bouclé un tour de table à hauteur de 12 millions d’euros en 2022.

Wethenew, plateforme d’achat et de revente de sneakers, est pour sa part à la recherche d’un repreneur. L’année dernière, elle signait une levée de fonds de 20 millions d’euros, obtenant au passage le soutien financier d’Antoine Griezmann, célèbre joueur de l’équipe de France de football et de l’Atletico de Madrid.

Et ce n’est pas tout. Beebs, start-up spécialisée dans les produits pour enfants tels que la puériculture, les jouets et les textiles de seconde main, est entrée en faillite en mars 2024. Elle a toutefois été rachetée par Kiabi, dont la feuille de route inclut la promotion des articles de seconde main.

Crise du financement

Fait paradoxal, la demande pour les produits de seconde main demeure élevée. Près de 3 Français sur 4 ont acheté un produit d’occasion au cours de 2023, toutes catégories confondues, selon une étude du cabinet d’analyse Enov.

Malgré l’attrait des consommateurs, les start-up qui se lancent dans ce secteur rencontrent de grandes difficultés à être rentables. En cause notamment, de faibles marges de profit : les entreprises doivent investir beaucoup d’argent pour attirer des clients (publicité, marketing), ce qui pèse lourd sur leur budget. Pour compenser, elles sont contraintes de vendre de grandes quantités d’articles, mais cela nécessite souvent d’importants financements initiaux.

Dans un contexte défavorable pour les financements, les investisseurs sont aujourd’hui moins enclins à injecter des liquidités dans de telles start-up. Les secteurs comme l’IA, les deeptech et les greentech sont actuellement privilégiés.

En outre, ces jeunes pousses évoluent dans une industrie hautement compétitive. Au-delà des nombreuses start-up rivales, elles doivent aussi faire face à des géants du commerce au détail. Ces derniers se tournent de plus en plus vers le reconditionné, grappillant des parts de marché sur leurs nouvelles concurrentes.

  • Ces derniers mois, plusieurs start-up évoluant dans la seconde main ont été placées en redressement ou liquidation judiciaire
  • La dernière en date est Barooders, dont la plateforme propose des articles de sport
  • Un phénomène qui s’explique, en partie, par la crise qui touche le secteur du financement

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