L’équivalent d’un an en 2019, neuf mois en 2020 et cinq mois en 2021. Voici, à titre de comparaison, le montant record en capital-risque injecté dans les startups du continent africain depuis le début de l’année. En sept semaines, les investisseurs ont montré leur intérêt sur 130 opérations de financement déjà, pour atteindre la barre symbolique du milliard de dollars.
Pour donner le rythme, deux tours de financement ont attiré plus de 100 millions de dollars chacun, rapporte la newsletter Africa: The Big Deal, éditée par Max Cuvellier et Maxime Bayen. InstaDeep (Série B), en Tunisie, et Flutterwave (Série D), au Nigéria. La première travaille dans l’intelligence artificielle et la seconde dans les paiements électroniques. Toutes les deux ont profité de la pandémie pour relever d’autant plus l’importance de leur produit.
Les deux pépites ne sont pas à leur premier tour de financement si bien que Flutterwave est devenue la startup la mieux valorisée d’Afrique. Elle est la troisième licorne du continent qui en compte désormais sept : Jumia, Interswitch, Flutterwave, Andela, Wave, OPay et Chipper Cash. En regardant de plus près, on constate que la plupart évoluent sur le paysage de la fintech et du paiement, là où les opportunités en Afrique sont nombreuses.
Un graphique, pour mieux se rendre compte ⬇️ pic.twitter.com/qOzikexBca
— Hadrien Augusto (@HadrienAugusto) February 27, 2022
7,3 milliards de dollars en 2022, voire plus
Les tours de financement sont bien à la mode en Europe et ailleurs pour évoquer la santé de l’écosystème des startups d’un territoire. En Afrique, les estimations pour 2022 sont très élevées. Après de tels débuts entre janvier et février, selon la newsletter Africa: The Big Deal, l’écosystème de startups en Afrique devrait s’attendre à amasser plus de 7,3 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année. Le graphique ci-dessus montre la marge de progression comparée aux trois dernières années.
Très optimistes, les éditeurs de la newsletter révélaient que l’objectif 2022 pour le startups africaines pourrait être dépassé. “Cela semble élevé, mais le même calcul les années précédentes aurait en fait systématiquement sous-estimé le résultat final ; de 0,2 milliard de dollars (-15%) en 2019, de 0,3 milliard de dollars (-20%) en 2020 et de 1,9 milliard de dollars (-44%) en 2021”, écrivaient-ils.
Lire aussi – Startup : 8 infos sur ce début d’année historique en France
Sur le continent, plusieurs pays se détachent en tête des territoires les plus compétitifs : le Nigeria, l’Afrique du Sud, le Kenya et l’Egypte. Ces quatre pays représentent 76 % des financements et 78 % des transactions, une inégale répartition qui devrait petit à petit se dissiper grâce à la montée en croissance de la Tunisie (notamment avec InstaDeep) et du Ghana, qui a récolté 56 millions de dollars en capital-risque grâce à six opérations de financement en 2022.
D’autres données statistiques sur la répartition des capitaux nous ont été proposées début février lors de la publication du rapport annuel de Partech, un fonds d’investissement américain. Selon lui, si le financement pour des fintech ne représentait que 32 % des opérations, leur montant bien plus élevé permettait de peser pour 63 % en 2021. Les secteurs du commerce, de l’éducation, de l’énergie, de la santé et de la logistique reviennent en forme et devraient faire partie des secteurs des pépites en forte croissance cette année.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.