MISE À JOUR :
Suite au vote ce mercredi 9 octobre du parlement européen, nous venons d’apprendre que les appellations “steak végétal” sont désormais interdites en Europe. Les parlementaires, réunis à Strasbourg, ont voté à 355 voix contre 247 l’interdiction de ces appellations “végétales”.
En tout ce sont une vingtaine de termes dont “burger veggie” “saucisse végétale” ou “escalope de légumes” qui devrait disparaître de nos emballages. Les premiers changements devraient néanmoins prendre du temps, chaque État membre doit maintenant faire appliquer ce règlement européen dans son pays.
Le débat autour de l’appellation « steak végétal » n’en finit pas. Discuté ce mardi au parlement européen suite à un amendement, le terme pourrait bien disparaître. Pour rappel, la France a déjà pris des mesures pour en interdire l’usage, au motif qu’ils seraient susceptibles de tromper le consommateur. Ainsi les « steaks » « escalope » et autres « jambons » végétaux risquent de disparaître de nos rayons.
Dans le détail, un décret publié le 26 février 2024 fait état qu’une vingtaine de termes désormais interdits dans le monde de l’agroalimentaire. Les denrées contenant des protéines végétales ne pourront plus se décrire comme des « steaks » ou des « escalopes ».
Le décret va même plus loin. Outre l’interdiction légale, il dicte une liste de sanctions pour les entreprises qui oseraient braver l’interdit. Des amendes, allant de 1500 € à 7500 €, pourraient être attribuées aux personnes responsables. Seule faille dans ce système, l’interdiction du décret ne vaut que sur les produits 100 % « made in France » les importations sont-elles exemptes de ces règles sur l’usage de tel ou tel terme.
Une réaction immédiate

Lors de la publication de ce décret, les représentants des industriels spécialisés dans la conception de denrées à base de « protéines végétales » avaient alors parlé de « concurrence déloyale ». Plus important encore, ils assurent que ce décret gouvernemental ne respecte pas le droit de l’Union européenne sur le sujet.
Le 4 octobre 2024, c’est la Cour de justice européenne qui avait justement tranché. Saisie par les producteurs de « steaks végétaux » elle avait assuré qu’un État membre ne peut pas imposer une interdiction générale.
La Cour rappelle alors que l’étiquetage des denrées alimentaires relève d’une compétence européenne, régie par le règlement INCO. Le Conseil d’État avait fini par rétropédaler le 28 janvier dernier. Les décrets de 2022 et 2024 ont été annulés.
Reculer… pour mieux sauter
Mais voilà que la France pourrait bien finir par l’emporter. Ce mardi 7 octobre, les eurodéputés sont invités à débattre sur l’interdiction de ces appellations (ou non). Le vote doit avoir lieu ce mercredi. Si l’interdiction finit par l’emporter, les États membres devront s’adapter.
Évidemment pour les industriels de la « protéine végétale » une telle interdiction fait craindre le pire. Alors que le marché est en pleine croissance (+38 % entre 2022 et 2024), interdire l’utilisation de termes comme « steak » « saucisse » « escalope » ou « hamburger » apparaît comme un non-sens total.
Pour Guillaume Dubois, directeur général d’HappyVore, numéro 2 du secteur en France : « les consommateurs ne sont pas dupes : ils savent faire la différence entre un steak végétal et un steak de bœuf. En réalité, ces dénominations sont utiles pour les guider vers des alternatives plus durables et respectueuses de l’environnement. Les interdire, c’est freiner l’innovation et envoyer un signal catastrophique pour la transition alimentaire en Europe. »
Les éleveurs veulent une protection légale
Un avis que ne partage pas les associations d’éleveurs et les géants de l’agroalimentaire « traditionnel ». Céline Imart, l’eurodéputée Les républicains à l’origine de l’amendement, explique ainsi que l’utilisation de ces termes trompe bien le consommateur. Elle pense que ces nominations sont « associées à des qualités nutritionnelles que les alternatives n’offrent pas. »
Pour rappel, un steak à base de viande est beaucoup plus polluant pour la planète qu’une alternative végétale. Quelque soit le nom donné à cette dernière.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.