Le 3 septembre 1965, le stylo bille de Bic révolutionnait les habitudes des écoliers français en remplaçant la plume Sergent-Major. Depuis, l’entreprise a parcouru un long chemin, faisant de son Cristal le stylo le plus vendu au monde. Bic s’impose aujourd’hui comme un véritable pilier, présent dans plus de 160 pays avec ses stylos, briquets et rasoirs. Retour sur l’histoire de l’une des marques les plus emblématiques de l’industrie française.
Genèse d’un monument tricolore
Tout commence en 1944, lorsque Marcel Bich et son associé Édouard Buffard fondent une petite société à Clichy, spécialisée dans la fabrication de pièces pour instruments d’écriture. Ambitieux et visionnaire, Bich repère vite le potentiel d’une invention encore balbutiante : le stylo à bille, imaginé par le Hongrois László Bíró.
En 1949, il rachète la licence et améliore le mécanisme pour en faire un produit fiable, économique et simple d’utilisation. Un an plus tard, le Cristal est lancé en France. Son succès est immédiat. La marque, officiellement baptisée Bic en 1953 pour être facilement prononçable dans toutes les langues, connaît une expansion rapide.
Elle s’implante en dehors de la France et développe son image : en 1961, le publicitaire Raymond Savignac donne vie au célèbre « bonhomme Bic », petit écolier à tête de bille, qui devient l’ambassadeur du groupe.
Les années 1970 marquent une nouvelle étape : Bic entre à la Bourse de Paris en 1972, puis diversifie son offre. En 1973, l’entreprise lance son premier briquet de poche, décrit comme sûr et économique, suivi en 1975 du rasoir jetable monobloc. Ces innovations, fondées sur la même philosophie que le Cristal, lui permettent d’élargir son empire.

Un objet devenu culte
Mais c’est bien le premier produit de Bic qui constitue son étendard. Car le Bic Cristal a depuis longtemps dépassé son statut de simple outil scolaire. Reconnaissable d’un simple coup d’œil, il incarne l’idée d’un objet que tout le monde possède, sans distinction d’âge, de pays ou de milieu social.
On estime qu’il s’en est vendu plus de 120 milliards dans le monde, ce qui en fait l’un des produits les plus diffusés de la planète. Le stylo a été adopté par des artistes, des écrivains et des créateurs de mode, séduits par sa simplicité et sa dimension universelle.
En 2001, il intègre les collections du musée d’art moderne à New York (MoMA) et du Centre Pompidou à Paris, reconnu comme un exemple de design industriel intemporel. Un sacre qui confirme que ce petit tube de plastique vendu à quelques centimes a autant marqué l’Histoire que certains objets de luxe.
S’adapter au monde numérique
Si le Bic Cristal est devenu un incontournable des trousses scolaires, des comptoirs de banque ou des salles de réunion dans les années 80 et 90, l’entreprise doit désormais apprendre à évoluer dans un monde où l’écriture manuscrite recule. Pour cela, le groupe s’appuie sur la même recette qu’à ses débuts : des produits simples, fiables et accessibles, capables de séduire des millions de consommateurs malgré les changements d’habitude.
Une stratégie qui s’illustre parfaitement dans ses initiatives récentes. En juin 2025, Bic a lancé la collection « Iconic Food », des stylos 4 couleurs aux designs inspirés de burgers, pizzas ou kebabs, prouvant sa capacité à surfer sur les tendances culturelles.
Dans le même esprit, Bic multiplie les collaborations avec, par exemple, une édition spéciale aux couleurs du Paris Saint-Germain, un coffret « Mariage 2025 » ou encore un partenariat avec la Fondation des Hôpitaux. Des opérations qui l’aident aussi à renforcer sa visibilité sur les réseaux sociaux.
Bic ne néglige pas pour autant son image de proximité. En 2025, elle a été élue « Marque préférée des Français », un titre qui récompense la confiance accumulée depuis des décennies, ainsi que sa volonté d’innover sans trahir son ADN. Et elle sait encore surprendre : l’entreprise a racheté la marque britannique Tangle Teezer fin 2024. Connue pour ses brosses à cheveux innovantes, elle contribue déjà à dynamiser ses ventes.

Changement de direction historique à venir
La résilience de Bic se lit aussi dans ses résultats financiers, avec un chiffre d’affaires qui a dépassé les 2,2 milliards d’euros en 2023. Si depuis, le contexte économique s’est complexifié comme en témoigne un léger repli de ses revenus sur le premier trimestre 2025, le groupe montre une fois de plus sa capacité à rebondir en renouant avec la croissance au deuxième trimestre.
Avec pas moins de 13 000 collaborateurs à travers le monde, Bic poursuit la quête débutée il y a plusieurs décennies par son fondateur. C’est d’ailleurs Gonzalve Bich, son petit-fils, qui en tient encore les rênes. Mais il quittera son poste le 15 septembre prochain au profit de Rob Versloot. Un changement de direction notable, car il s’agira de la première fois que le groupe ne sera pas supervisé par un membre de la famille Bich.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.