Depuis le 5 avril dernier, Sugar est lancé sur Apple TV+. Autant vous le confier d’emblée, en visionnant le premier épisode de cette série, je m’apprêtais à passer rapidement à autre chose. J’avais en effet assez peu confiance en son créateur, Mark Protosevich, qui a œuvré sur le scénario du décevant Je suis une légende avec Will Smith. Quant à Colin Farrell, qui incarne le personnage principal, il est capable du meilleur comme du pire. J’avais tort. Sugar est un véritable bijou, un ovni comme on en voit finalement assez peu dans la production télévisuelle.
Une histoire addictive
Dans cette série, nous suivons les aventures de John Sugar (Jean Sucre, un nom prédestiné pour un héros qui est une crème), un détective privé qui est chargé d’enquêter sur la disparition d’Olivia Siegel, une jeune habitante de Los Angeles qui n’a plus donné signe de vie depuis quinze jours. Cette dernière n’est autre que la petite fille et la fille de producteurs hollywoodiens de renom.
Ce qui démarre très classiquement va très vite se complexifier. L’intrigue devient rapidement paranoïaque et nous remue les méninges à souhait. D’autant que l’on veut aussi en savoir plus sur ce protagoniste hyper attachant.
Un détective privé “wholesome“
Certains regardent des vidéos de chat ou des contenus mignons pour se détendre. Ils devraient visionner cette fiction, tant l’apparition de John Sugar est salutaire. On sent d’emblée que ce détective n’est pas comme les autres. Il nous explique qu’il n’aime pas les armes à feu et la violence, même s’il n’hésite pas à employer la manière forte lorsque c’est nécessaire.
Ce héros très doux et humain mène une vie monacale et solitaire. Son sacerdoce : les enquêtes et notamment celle qui nous intéresse ici et qui vient réveiller certains démons. Avec son brushing d’un autre temps, sa Corvettte décapotable et sa passion pour les films noirs des années 40, John Sugar semble vivre dans le passé. Rassurez-vous, il a tout de même un iPhone (nous sommes bien sur Apple TV+) et il sait hacker des voitures ou placer des caméras de surveillance pour faire avancer son enquête.
Une réalisation aux petits oignons
Il y a une dernière très bonne surprise dans Sugar : cette série est un trésor de mise en scène. Cela ne plaira sans doute pas à tous les spectateurs, mais on se délecte de ces séquences qui évitent tout bavardage excessif et parviennent à nous montrer les traumas du héros grâce à quelques modifications du ratio d’images, des accélérations soudaines, des ruptures, des flous, et des passages de la couleur au noir et blanc avec des extraits de longs-métrages d’antan… L’ensemble est sublimé par une musique calme et douce qui colle à merveille avec la psyché de ce délicieux détective.
Les 8 épisodes de Sugar sont à voir sur Apple TV+.
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