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Surprenant : nos cerveaux deviennent de plus en plus gros

Une nouvelle étude vient de prouver que la taille de nos cerveaux a augmenté de manière assez significative avec les générations.

Cette étude, publiée le 25 mars dans la revue JAMA Neurology et dirigée par Charles DeCarli de l’Université de Californie, met en lumière un fait assez étonnant : la taille de notre cerveau n’a cessé d’augmenter lors des dernières décennies. Cette évolution se remarque par une hausse moyenne de 6,6 % du volume total de notre organe ainsi qu’une augmentation de 15 % en surface corticale (superficie externe du cerveau). Ces valeurs se vérifient pour les individus nés dans les années 1970 comparativement à ceux des années 1930.

Cette augmentation pourrait avoir des implications positives assez profondes sur notre santé cognitive à l’avenir. C’est peut-être une bonne nouvelle lorsque l’on connaît les impacts de la surabondance de technologies sur notre cerveau.

Toujours plus gros !

L’étude s’est basée sur l’analyse de données extraites de l’IRM de 3 226 participants du Framingham Heart Study, un projet de recherche communautaire lancé en 1948. Le constat est sans appel : les générations se succèdent et simultanément, nos cerveaux grandissent. Les résultats prouvent une augmentation assez nette du volume intracrânien ainsi que de la surface corticale chez les individus nés plus récemment.

Pour les chercheurs, ce phénomène serait dû à plusieurs facteurs, confirmant encore que Charles Darwin avait raison lorsqu’il a élaboré sa théorie de l’évolution. Notre environnement et notre mode de vie (éducation, culture, conditions de santé) influencent notre développement cérébral. Ces effets sont, de plus, cumulatifs, et se manifestent physiquement dans le façonnage de la structure de notre cerveau.

Les implications pour la santé cérébrale

Concrètement, est-ce que cela change quelque chose pour nous ? Eh bien oui. L’implication d’une telle découverte est double. Premièrement, elle prouve que les facteurs autres que ceux appartenant à la génétique sont au moins aussi importants pour étudier correctement le cerveau humain. Les facteurs environnementaux et sociaux pèsent tout autant dans la balance.

Deuxièmement, elle ouvre de toutes nouvelles pistes de recherches qui porteraient sur le comment et le pourquoi ces facteurs externes auraient une influence si importante sur la taille de notre organe. Pour la santé cérébrale à long terme et l’étude des maladies neurodégénératives, cette augmentation a des conséquences.

Pour comprendre mieux les implications sur les maladies, il faut comprendre le concept de réserve cérébrale, central dans l’étude des pathologies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Concrètement, la réserve cérébrale se réfère à la capacité du cerveau à tolérer les pathologies neuronales sans en manifester les symptômes cliniques. Autrement dit, un cerveau plus grand dispose d’une plus grande réserve cérébrale et pourrait être davantage résilient.

En compensant de manière plus efficace les dommages ou les dysfonctionnements causés par le vieillissement, le cerveau pourrait ainsi retarder l’apparition des symptômes de démence. Une hypothèse qui serait d’autant plus pertinente que les observations scientifiques actuelles démontrent que l’incidence de la démence a diminué durant dernières décennies. DeCarli mentionne notamment une étude prouvant une réduction de 20 % de l’incidence de la démence depuis les années 1970.

Toutefois, il est important de garder à l’esprit que la réserve cérébrale n’est pas exclusivement liée à la taille du cerveau. D’autres facteurs rentrent en compte : connectivité entre les neurones, densité neuronale, expériences enrichissantes (éducation continue, interactions sociales, activités stimulantes mentalement), etc. Cet ensemble d’éléments contribue également à une bonne plasticité cérébrale et renforce le cerveau à fonctionner normalement même en présence de pathologies.

Vers une évolution continue ?

Face à ces résultats, les chercheurs restent tout de même prudents. La croissance est irréfutable, mais ses véritables impacts sur la santé cérébrale et cette fameuse résistance aux maladies neurodégénératives restent encore à déterminer de manière plus précise. Des investigations plus poussées seraient encore nécessaires pour affirmer pleinement cette théorie.

Un autre pan de l’étude qui appelle aussi à la prudence est de l’ordre statistique. En effet, la composition démographique de l’échantillon étudié ne permet pas d’extrapoler ces résultats. La majorité des personnes testées étaient des américains blancs et non-hispaniques, difficile de dire alors si les conclusions de l’étude seraient applicables à d’autres populations à travers le globe.

Pour passer outre ce biais, il faudrait conduire la même étude dans des groupes démographiques plus diversifiés. Soit les tendances observées sont universelles, soient elles peuvent varier entre les populations selon d’autres facteurs : environnementaux, génétiques, sociaux ou culturels. Malgré cela, cette découverte reste très importante dans le domaine des neurosciences et elle influencera peut-être à l’avenir nos stratégies de prévention et de traitement des maladies.

  • Une étude publiée le 25 mars dans la revue JAMA Neurology montre que notre cerveau grandit avec les générations.
  • Potentiellement, cela pourrait le rendre plus résistant face aux maladies neurodégénératives.
  • Ce dernier point reste tout de même à préciser, l’étude en question pouvant comporter des biais statistiques inhérents à la sélection des personnes testées.

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