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SWOT : le satellite toulousain à un milliard de dollars a décollé

Conçu avec l’aide de la NASA, le satellite SWOT, faisait partie des programmes prioritaires du CNES. Il vient de prendre son envol.

La NASA et son équivalent français le CNES viennent d’annoncer le lancement plus tôt dans la journée du satellite SWOT (Surface Water Ocean Topography). Ce partenariat de taille a été présenté à Presse-Citron par Thierry Lafon, chef de projet. Le satellite prendra la suite des missions TOPEX afin de mesurer le niveau des rivières, des lacs et des océans.

La grande nouveauté de ce satellite réside dans la technologie choisie par le CNES. L’agence spatiale française mise sur l’interférométrie, une méthode permettant de mesurer le niveau de l’eau avec plus de précision. Le niveau de précision pour les rivières et les lacs sera de l’ordre du centimètre, explique ainsi Thierry Lafon.

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Le décollage de la Falcon 9 avec le satellite SWOT au sommet © NASA

Couvrir 1 million de kilomètres par jour

À la différence des satellites Topex et Jason, en orbite dans les années 2000, SWOT aura la capacité de recueillir des informations avec une « large faussée ». Au lieu de fixer un point, il sera capable de passer au-dessus de notre planète et d’analyser une bande de Terre de 120 km de large.

Cette analyse large permet de passer à un même endroit deux fois en seulement 21 jours. Jamais la communauté scientifique n’avait eu accès à des données aussi précises et régulières. Ces analyses des niveaux d’eau sur Terre vont permettre de prévenir des inondations, mais aussi de donner des éléments aux pouvoirs publics dans les périodes de sécheresse sur les ressources disponibles.

« L’analyse et le traitement des données, c’est la clé de cette mission »

SWOT est un outil indispensable alors que l’accès à l’eau devient un vrai Cassus Belli. Le CNES avait très tôt compris l’intérêt d’une telle mission et dès 2009 le programme avait été placé dans la liste des « missions prioritaires ». Le satellite est aujourd’hui en orbite autour de la Terre. Il devrait se calibrer encore pendant quelques mois avant de collecter des données et de les partager avec le grand public.

Lors de cette phase d’apprentissage, il est possible d’aider SWOT. Pour cela il suffit de se rendre au bord d’un lac étudié (la liste se trouve ici) et de lire le niveau de l’eau sur une règle. Une fois la donnée transmise au CNES, via la plateforme OECS, elles seront comparées aux informations récupérées par SWOT en orbite.

Les données recueillies par le satellite seront ainsi « nettoyées » et analysées. Une fois ce travail fait, elles seront mises à la disposition du public. En tout ce sont environ 8 To d’informations diverses qui vont être transmises tous les jours par SWOT depuis l’orbite.

Un satellite bien français

La NASA a participé à la conception de la charge utile, ainsi qu’au financement de la mission (à 66 %), mais la France est en charge du reste. Avec le soutien de l’agence spatiale canadienne et britannique, le CNES a mis au point la plateforme de SWOT. Plus exactement c’est l’entreprise Thales Alenia Space qui a été mandatée pour le faire.

https://twitter.com/NASA/status/1603141681242685442?s=20&t=-9ZBuzMNctHr6WPAFWsKYA

Le cœur radar de l’instrument, qui permettra la bonne suivie des mesures dans le temps a lui aussi été construit dans l’Hexagone. En plus de ce travail sur le satellite, la grande majorité des données recueillies par SWOT seront traitées directement en France depuis l’antenne toulousaine de l’agence spatiale.

SWOT est une mission scientifique, mais de par la nature des données collectées, le CNES sait qu’elles pourront être très utiles à des fins privées. Il est ainsi d’ores et déjà envisagé par l’agence française de laisser ces données à disposition pour créer de la valeur ajoutée.

Une utilisation scientifique, mais pas seulement

Parmi les exemples très concrets d’utilisation possible des données, SWOT pourrait aider EDF à décider de l’emplacement de son prochain barrage hydroélectrique. En mesurant le niveau d’eau dans une rivière, le CNES sera capable d’en déduire le volume et le débit.

Des informations essentielles pour des entreprises privées qui doivent bien souvent mandater une équipe pour faire des relevés directement sur place pendant plusieurs mois. Cette étape sera donc inutile à partir d’aujourd’hui grâce au satellite SWOT du CNES et de la NASA.

Les informations de SWOT permettront aussi d’avoir un suivi dans le temps de l’évolution du niveau de l’eau dans des lacs et rivières reculés. Jusqu’à présent, les satellites d’observation de la Terre passaient temporairement au-dessus de ces zones. Avec SWOT le suivi sera régulier. Tous les 21 jours, une nouvelle donnée viendra enrichir nos informations sur la présence d’eau sur Terre.

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