Le 8 septembre 1966, Star Trek a débarqué à la télévision américaine et a rapidement conquis le cœur du public. Si elle n’est pas la toute première série de science-fiction de l’histoire du cinéma, elle est en revanche souvent considérée comme celle qui a popularisé le genre et posé les bases de ce qu’il deviendra par la suite.
Des personnages haut en couleur, des décors (pour l’époque) assez saisissants, des intrigues bien ficelées et un univers diablement cohérent. Tout était le fruit du travail de son créateur, Gene Roddenberry et de sa solide équipe qui comptait des réalisateurs tels que James Goldstone, Robert Butler et Marc Daniels, des designers de génie comme Wah Ming Chang, et surtout son directeur artistique, Matt Jefferies. Des grands noms du cinéma, injustement oubliés. Heureusement, l’ESA (Agence Spatiale Européenne), a rendu un très bel hommage à leur travail, près de 60 ans plus tard, à l’occasion du Star Trek Day. Comment ? En rappelant que plusieurs de leurs idées se retrouvent aujourd’hui en orbite, notamment à bord de l’ISS (Station Spatiale Internationale).
Le tricorder : l’icône de Star Trek qui a devancé la science
Dans la série, le tricorder était certainement l’un des objets les plus emblématiques. Petit boîtier noir tenu à la main, il permettait à l’équipage de l’U.S.S. Enterprise de tout analyser : atmosphère d’une planète, composition d’un minéral, rythme cardiaque d’un patient, etc. Son design a tellement marqué les esprits qu’il est devenu un objet de collection très recherché, avec de nombreuses répliques vendues par la suite (voir ci-dessous).
Si le tricorder tel que l’on le voit dans Star Trek n’existe pas encore dans sa version tout-en-un, il a largement inspiré des innovations réelles. À bord de l’ISS, les astronautes possèdent des dispositifs portatifs capables de mesurer la qualité de l’air, de suivre leur état de santé ou d’évaluer leur stress physiologique en temps réel. Ils sont, certes, moins polyvalents que celui de Star Trek, mais l’idée est semblable : concentrer en un petit appareil des mesures essentielles pour la vie en orbite.
Replicator et impression 3D : fabriquer l’impossible
Autre gadget culte : le replicator. Dans la série, cette machine pouvait matérialiser presque n’importe quel objet à la demande (tasse de café, repas, uniforme, une pièce de vaisseau). Pour les scénaristes, il s’agissait d’un raccourci narratif très efficace : plus besoin d’expliquer la logistique de l’U.S.S. Enterprise, qui était, de fait, complètement autonome, capable de produire tout ce dont son équipage avait besoin au fil des épisodes.
Évidemment, l’ISS n’abrite pas de machine pouvant faire apparaître un dîner en quelques secondes. En revanche, ses occupants utilisent l’impression 3D pour concevoir les petites pièces qui garantissent la continuité des opérations : vis, clés ou outils de dépannage. Cette capacité à produire sur place est vitale, puisqu’elle réduit la dépendance aux ravitaillements et offre une marge de sécurité largement suffisante lorsqu’on se trouve à 400 km au-dessus de la Terre.
Toutefois, l’idée d’un replicator culinaire n’a toutefois pas été entièrement abandonnée : l’ESA soutient aujourd’hui des recherches sur des mini-bioréacteurs capables de faire pousser de la nourriture en orbite, avec l’ambition, un jour, de fournir aux équipages des véritables plats créés sur l’ISS.
Les PADDs et l’ère des tablettes
Dans la série, les PADDs (Personal Access Display Devices) étaient de minces écrans portables utilisés par les officiers pour lire des rapports, signer des ordres ou consulter des données techniques. Pour le public de 1966, ces écrans futuristes étaient suffisamment crédibles pour incarner ce qui allait être l’avenir de l’informatique portative.
Difficile de ne pas voir la comparaison nous sauter aux yeux : iPad et autres tablettes tactiles ont repris exactement ce même design et sont même encore plus puissants que ce qu’avaient imaginé les créateurs de la série.
Aujourd’hui, les astronautes de l’ISS utilisent quotidiennement des tablettes (des iPad, d’ailleurs) pour gérer leurs check-lists et conduire des expériences en orbite. Les lourds manuels en papier du début des années 2000 ont disparu, remplacés par ces écrans tactiles, bien plus pratiques et polyvalents. Ces petits accessoires faits de plexiglas dans les studios de tournage de la série des années 1960 ont donc bien fini par exister… sous une autre forme.
Le VISOR : voir autrement
Dans Star Trek : The Next Generation (1987), l’ingénieur Geordi La Forge est aveugle. Pour lui permettre de servir à bord du vaisseau, les scénaristes lui ont offert le VISOR (Visual Instrument and Sensory Organ Replacement) : une fine bande métallique qui traduisait les ondes électromagnétiques en signaux perceptibles par son cerveau.
Le VISOR était ainsi un outil d’émancipation pour Geordi, qui ne manquera pas de nous rappeler les progrès fulgurants réalisés dans les casques AR/VR, les implants rétiniens ou les interfaces cerveau-ordinateur comme celles de Neuralink.
L’ESA établit aujourd’hui un autre parallèle : celui des dispositifs de réalité augmentée utilisés dans l’ISS. Ces casques permettent de superposer directement, dans le champ visuel des astronautes, des instructions numériques pour les guider dans les tâches techniques qu’ils doivent assurer à bord de la station.
Star Trek, malgré son âge vénérable (le temps n’a pas été tendre avec la série, visuellement parlant), reste une œuvre fondatrice qui a réussi à transformer des accessoires bricolés en carton-pâte en véritables matrices technologiques. L’imaginaire foisonnant de ses créateurs a fini par s’infuser de lui-même dans la culture scientifique, jusqu’à en inspirer la recherche spatiale contemporaine. Gene Roddenberry, s’il était encore de ce monde, serait certainement très fier de voir à quel point son univers a laissé une telle empreinte. Ce génie nous a malheureusement quittés en 1991, il n’aura donc pas eu le loisir d’admirer ce qu’il a produit sans le vouloir.
- La série Star Trek, née en 1966, a marqué durablement l’imaginaire technologique malgré ses décors datés.
- Plusieurs de ses inventions fictives trouvent aujourd’hui des équivalents concrets, utilisés jusque dans la Station spatiale internationale.
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