L’hebdomadaire né en 1960 a traversé l’histoire de la télévision française, des premières émissions en noir et blanc à l’ère du streaming. Pendant longtemps, il a représenté le rendez-vous hebdomadaire incontournable de millions de Français cherchant à planifier leurs soirées télévisées. Aujourd’hui, malgré un lectorat encore conséquent de plus de 660 000 lecteurs, le titre fait les frais d’un marché en pleine mutation.
Le repreneur n’est pas un inconnu du paysage médiatique français. Bauer Media, entreprise familiale allemande, possède déjà plusieurs titres hexagonaux comme Télécâble Sat Hebdo ou la gamme Maxi. Avec un volume de 500 millions d’exemplaires distribués annuellement en Europe, le groupe dispose d’une infrastructure solide pour intégrer ce nouvel actif.
Nicolas Sauzay, à la tête des opérations françaises de Bauer, a évoqué les synergies possibles entre Télé 7 Jours et les autres publications du groupe. L’enjeu sera de moderniser la formule éditoriale pour répondre aux nouvelles habitudes de consommation audiovisuelle, tout en préservant l’identité qui a fait le succès du magazine.
Marque emblématique de la presse française depuis 1960, Télé 7 Jours a été racheté par le groupe allemand Bauer Media Group à CMI France, détenu par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, après l'ouverture de négociations exclusives en juillet #AFP pic.twitter.com/SvbMrT9uxe
— Paul Ricard (@polriKr) January 5, 2026
La chute inexorable de la presse de programmes
Cette cession s’inscrit dans une stratégie plus large de CMI France, propriété de l’investisseur tchèque Daniel Kretinsky. L’éditeur, qui conserve des titres prestigieux comme Elle ou Marianne, a multiplié les ventes d’actifs ces derniers mois. Ici Paris et France Dimanche sont ainsi partis chez Prisma Media, tandis qu’un plan de restructuration prévoyant des dizaines de suppressions de postes a été annoncé. Ce repositionnement intervient alors que CMI France vient de lancer T18, une nouvelle chaîne sur la TNT. Le groupe semble privilégier certains segments stratégiques tout en se séparant de titres pourtant rentables mais jugés moins prioritaires.
Le constat est sans appel. Dans les années 2000, Télé 7 Jours écoulait plus d’un million et demi d’exemplaires chaque semaine. Vingt ans plus tard, les ventes ont été divisées par plus de deux. Les déclinaisons consacrées aux jeux affichent des performances encore plus modestes, ne dépassant pas les 80 000 exemplaires.
Cette érosion touche l’ensemble du secteur de la presse de programmes télévisés. L’accès instantané aux grilles via les box, smartphones et plateformes de streaming a rendu obsolète le modèle traditionnel du magazine papier. La pandémie de Covid-19 a accéléré cette tendance, modifiant durablement les comportements des consommateurs.
Le défi pour Bauer Media sera de taille : comment réinventer un produit éditorial conçu à l’époque de l’ORTF dans un monde dominé par Netflix, Disney+ et les replay à la demande ? Plusieurs pistes sont envisageables, comme le développement digital renforcé, les contenus exclusifs sur les coulisses de la télévision, ou encore un repositionnement vers un lectorat senior particulièrement fidèle.
- Télé 7 Jours a été vendu par CMI France au groupe allemand Bauer Media.
- Le magazine quitte le giron français après plus de soixante ans d’histoire.
- Malgré une forte baisse sur le long terme, sa diffusion reste élevée.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.