Tesla perd (beaucoup) d’argent et la Model 3 prend (encore) du retard

Elon Musk l’a admis, la situation de Tesla n’est actuellement pas au beau fixe. Le constructeur électrique accuse une perte record de 530 M€ pour le troisième trimestre 2017. On est bien loin des ambitions de rentabilité espérées avec le lancement de la Model 3, qui est d’ailleurs la raison principale de la perte d’argent

Elon Musk l’a admis, la situation de Tesla n’est actuellement pas au beau fixe. Le constructeur électrique accuse une perte record de 530 M€ pour le troisième trimestre 2017. On est bien loin des ambitions de rentabilité espérées avec le lancement de la Model 3, qui est d’ailleurs la raison principale de la perte d’argent de l’entreprise. Explications.

Patience, patience …

Lancée en juillet, la production de la compacte électrique destinée au marché de masse ne compte que 260 unités sorties d’usine, et seulement 232 exemplaires vendus. Pour rappel, l’objectif initial était de produire 5 000 exemplaires hebdomadaires dès le mois de septembre. Dans un communiqué, Elon Musk a déclaré aux investisseurs reporter cet objectif pour mars 2018. Mauvaise nouvelle pour les près de 400 000 personnes ayant déposé un chèque de $1000 pour précommander la Model 3, qui devront s’armer de quelques mois de patience supplémentaires avant de pouvoir prendre possession de leur véhicule propre.

Des accrocs industriels

Pour trouver l’origine du problème, il faut remonter à la Gigafactory, censée assumer la production des batteries de tous les modèles Tesla. La cadence de production n’est pas assurée et pour cause, un fournisseur extérieur responsable d’une partie du processus de fabrication des batteries a quitté le navire au mauvais moment. Elon Musk indique avoir été contraint de reprendre la responsabilité de cette tâche en interne : « Nous avons dû réécrire le logiciel depuis le départ, et retravailler plusieurs éléments mécaniques et électriques », dit-il. « C’est pour cela que j’ai passé plusieurs soirées à travailler à la Gigafactory. »

Dans un communiqué, le constructeur ajoute : « Si nous continuons à faire des progrès importants chaque semaine pour résoudre les goulots d’étranglement de la Model 3, la nature des défis de fabrication durant une montée en cadence rend difficile de prédire exactement combien de temps cela prendra pour résoudre tous ces problèmes ». Difficile de dire si cela suffira à rassurer les investisseurs (et clients) ou non.

Le pari de la Chine pour sauver les meubles ?

En parallèle, Tesla a confirmé des rumeurs indiquant l’ambition de produire en Chine. En effet, un projet de construction d’une usine d’assemblage y est engagé, et le PDG aurait même déjà trouvé des accords avec les autorités de Shanghai. L’usine chinoise aura pour but d’assumer l’unique production de la Model 3 dans les trois années à venir (si tout se passe bien) afin d’alimenter efficacement le contient asiatique.

Visiblement, cette option semble être une alternative stratégique pour s’approcher le plus possible des objectifs escomptés par le constructeur. Produire en Chine pourrait à terme doper ses ventes, qui sont d’un point de vue global, très loin du compte : depuis le début de l’année, les Model S et X ne comptabilisent que 26 150 bons e commandes signés, très loin des 100 000 attendus pour la fin de l’année. Pour l’ensemble de la gamme, il semble difficile que les ambitions de Musk de 500 000 unités vendues pour 2018, et 1 million pour 2020, soient atteintes.


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