Test : BioShock Infinite

BioShock Infinite était attendu par les fans de BioShock du monde entier et ne devait donc pas décevoir. Orienté FPS pur, le jeu vous immerge dans un nouvel univers fascinant que nous vous proposons de découvrir dans ce test (sur console PS3).

BioShock Infinite n’est, à proprement parler, pas une suite de BioShock 1 et 2. BioShock avait ses défauts mais proposait un univers envoûtant avec la ville de Rapture, cette ville imaginée par un fondateur nous faisait découvrir une utopie ratée.

Ici, le jeu se réclame plus généralement de la série des jeux Shock (à l’origine System Shock puis Bioshock).

Le projet se veut ambitieux puisqu’il a été développé par une équipe talentueuse sur une période de plus de 4 ans.

Ce sont deux personnages qui sont au coeur de l’histoire. Il y a tout d’abord Booker Dewitt, le personnage que vous incarnez. Détective privé au lourd passé, il est chargé par de mystérieux commanditaires de retrouver Elisabeth et de la ramener à New York (« Apportez nous la fille – c’est votre dernière chance » est ainsi épinglé sur la porte du phare au début du jeu).

Celle-ci, contrôlée par l’IA, vous accompagne une fois libérée de la tour où elle est retenue captive. Elle constitue une aide indispensable pour combattre, avancer et comprendre.

Elisabeth est donc un personnage important qui s’avère crucial et finalement central tout comme la ville de Columbia constitue l’épine dorsale de l’histoire. Alors que Bioshock nous plongeait dans la cité engloutie de Rapture, place ici aux nuages. Columbia est une ville suspendue dans les airs et plus précisément une ville-nation politiquement indépendante et souveraine. Dirigée d’une main de fer par le prophète Zachary Hale Comstock, elle présente des relents de racisme. L’histoire se déroule en 1912 alors que le racisme est une composante des Etats-Unis malgré l’abolition de l’esclavage en 1865 (marquée par la fin de la guerre de Sécession).

Une histoire immersive

Si le jeu est un FPS avec une touche RPG, c’est l’histoire qui constitue le point fort de BI. L’histoire mélange de façon très habile l’Histoire avec des thèmes propres à la science-fiction. Les événements historiques en effet gratifieront ceux qui prêteront attention aux divers bonus narratifs distillés dans le jeu et la ville de Columbia. On pourra ainsi écouter les conversations dans la rue, des enregistrements ou visualiser des images d’archives. Les journaux ainsi que les différentes affiches vous en diront également un peu plus sur Columbia. Cette richesse apporte une profondeur incontestable au jeu.

C’est également une façon intelligente d’aborder des sujets tels que le racisme ou la corruption.

Dans ce système de narration, tout a un sens. Les éléments en présence ne sont pas là pour occuper inutilement le joueur et augmenter artificiellement la durée de vie du jeu. Ils participent à la narration d’un univers cohérent qu’on prendra énormément de plaisir à découvrir. Toutefois, dans un jeu aux ambitions narratives aussi importantes, il paraitra décalé de passer autant de temps à fouiller des poubelles et finalement tout et n’importe quoi.

Parmi les références historiques sur lesquels le jeu s’appuie pour dérouler son propre scénario, on notera le conflit de Wounded Knee. Plutôt que de conflit, on peut d’ailleurs parler de massacre puisque la cavalerie américaine a massacré à la mitrailleuse entre 300 et 350 Amérindiens. On apprend que Booker Dewitt a participé activement à ce massacre qui s’est déroulé en 1890 et durant lequel des hommes désarmés, des femmes et des enfants ont tout simplement été massacrés.

La révolte des Boxers figure également dans les événements historiques qui enrichissent le background du jeu. Entre 1899 et 1901, les Etats-Unis alliés à 7 autres pays s’opposèrent à la Chine qui voulait bouter les étrangers hors de ses frontières. Les alliés ont gagné ce conflit qui se soldera plus tard par la chute de la dynastie Qing. Dans le jeu, le prophète Comstock cherche à mater militairement la révolte des Boxers. Les Etats-Unis découvrent ainsi le danger que représente Columbia et Comstock qu’ils rejettent. La ville disparait alors dans le ciel avec un Comstock plus virulent que jamais. L’homme a façonné la cité comme une incarnation céleste des Etats-Unis trempée dans la fierté d’un peuple indépendant et blanc… On découvre toutefois qu’une fronde existe (la vox populi) même si on ne vous en dira pas plus afin de ne pas dévoiler d’éléments du scénario.

Un gameplay riche et efficace

Le gameplay de Bioshock Infinite est de type FPS augmenté. Le jeu est beaucoup plus ancré dans l’action que ses prédécesseurs. La première heure est dédiée à la découverte et à l’exploration de Columbia avant d’attaquer réellement la partie FPS.

Dans ces débuts, on se confrontera aussi à une forme de tutorial au détour d’une fête foraine.

Le joueur pourra à tout moment afficher les objectifs secondaires. Par ailleurs, une trace virtuelle peut apparaître à la demande afin d’indiquer le chemin à suivre (comme dans les jeux Dead Space). Tous les éléments importants et interactifs présents dans les décors apparaissent en surbrillance. On regrettera que les environnements soient un peu trop rigides laissant ainsi très peu d’interactivité avec les éléments du décor.

Alors que la découverte laissait entrevoir une ville irriguée par des couleurs flamboyantes, l’arrivée de la violence est d’autant plus un choc.

Le jeu a été développé sur les bases du moteur graphique Unreal Engine 3. Il s’agit d’un FPS avec un feeling PC et donc créé à la base pour le duo clavier souris. Un temps d’adaptation sera donc nécessaire aux joueurs sur console.

Le FPS vous propose trois manières d’affronter les ennemis : au corps à corps, avec des armes à feu ou par la magie via différentes toniques telles que les « Devil’s Kiss » ou autre « Murder of crows » ou « volée de corbeaux tueurs ». Les toniques remplacent ainsi les Plasmides de Bioshock. On consomme différentes bouteilles (on ne se les injecte pas comme pour les Plasmides) que l’on récupère dans les distributeurs présents aux quatre coins de Columbia.

Les toniques permettent notamment de poser des pièges et peuvent être combinés. En tout, il y en a 8 mais on ne peut en équiper Dewitt que de deux à la fois. Il faudra passer par un menu sous forme de roue afin d’en sélectionner d’autres. Seules deux armes peuvent être transportées parmi la quinzaine présentes dans le jeu. Le Skyhook sera votre première arme : elle permet de combattre au corps à corps, de sauter jusqu’à des points précis du décor et de s’y accrocher ou encore de sauter sur les rails aériens (Skylines) qui confèrent cette verticalité au jeu. Elle est équipée d’une hélice qui s’accroche au rails et permet donc de circuler à sa guise dans la cité.

Sur ces derniers, Dewitt pourra accélérer, faire demi-tour et aussi fondre sur ses ennemis.

Mais Booker Dewitt ne serait rien sans Elisabeth qui l’accompagne dans le jeu. Elle n’est pas sous votre charge puisqu’elle vous aidera et se débrouillera seule. Elle cherchera pour vous des pièces dans les décors, vous fournira des kits de soin, des munitions et des cristaux durant les combats. De plus, elle a le pouvoir de faire apparaître des failles spatio-temporelles dans l’environnement. Ces dernières sont alors présentes sous forme de déchirures et permettent d’adapter l’environnement à votre guise et de passer d’une faille à l’autre afin de changer de tactique durant un combat. Elisabeth sait aussi crocheter n’importe quelle serrure.

Enfin, le système d’équipement est basé sur des cartes de compétence qu’on trouvera dans les décors.

Tout ceci permet au joueur d’opter pour un style de jeu qui lui sera propre.

La durée de vie du jeu est conséquente et d’autant plus que vous prendrez le temps de bien explorer la cité.

A tout cela, il faut préciser que le doublage français est irréprochable.

Difficile donc de trouver des défauts au jeu. Toutefois, si on ne peut que saluer le travail d’Irrational Games et de 2K Games, on pourra trouver la modélisation des personnages et les graphismes un peu datés.

Conclusion

Bioshock Infinite n’en constitue pas moins une expérience vidéoludique tout simplement unique avec une atmosphère saisissante. Le jeu est agrémenté d’une somptueuse bande sonore signée Garry Schyman (qui avait déjà officié pour les BO des deux premiers Bioshock). Rarement un jeu vidéo n’aura offert autant de profondeur à un scénario plongeant le joueur dans une ville plombée par le racisme mais offrant également une mise en abyme de la société américaine. Vous ne sortirez pas indemne de cette expérience fascinante que, vous l’aurez compris, nous vous conseillons vivement.
Bioshock Infinite est disponible sur consoles (PS3 et Xbox 360) et sur PC.


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13 commentaires

  1. L’ancien Bioshock était un peu déprimant à mon goût, probablement due au fait que toutes les scènes se passaient sous l’eau, dans un complexe avec une lumière tamisée et faible… Visiblement, les Dev’s l’ont compris, puisque nous découvrons avec toi aujourd’hui ce nouvel Opus, qui, semble réellement différents tout en gardant les avantages qui ont fait Bioshock..

    En tout cas, ton article m’a donné envie d’y jouer !

  2. Franchement pour ceux qui ne connaissent pas, essayez aussi Dishonored, ce jeu est phénoménal, on est aussi sur du moteur Unreal, dans un univers qui mélange un peu les genres mais avec une liberté de mouvements plus grande et l’impression de pouvoir mener à bien chaque mission de plusieurs façon .différentes, à la brute ou de façon plus discrète.

  3. pas mal Bioshek , je le trouve meilleur que les précédant qui était pas conseillé pour les âmes déprimés car c’était toujours sous l’eau… Celui la a des graphismes plutôt sympa beaucoup plus gay. Généralement j’ai bien aimé le Test. Moi je suis plus Dishonored que Bioshek…

  4. Bioshock Infinite est pour moi l’un des meilleurs jeux de ces derniers mois. Il possède une histoire et une touche graphie originale et bien à lui, je le conseille vraiment !

  5. Daté ? Des graphismes un peu daté ??
    Citez-moi un jeu plus beau et plus abouti graphiquement que BI !

  6. un seul rédacteur vous manque et tout fout le camp….
    Renald : tes articles manquent cruellement sur Presse-Citron 🙁

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