Et si on arrêtait de jauger tous les smartphones selon les mêmes critères hérités des modèles les plus avancés ? Prenez l’affichage par exemple : alors que les standards poussent vers une dalle OIed en QHD+ ou FHD+, avec un taux de rafraichissement de 120 Hz (voire plus), TCL propose une autre voie avec sa gamme NXTPaper. Son idée est simple : proposer un produit à mi-chemin entre le téléphone et la liseuse grâce à un mode « ink paper ».
J’achète le TCL NXTPaper 70 Pro
Toujours est-il qu’on a généralement des attentes bien précises pour un smartphone. Des performances suffisantes pour un usage agréable, des photos correctes et une autonomie suffisante pour tenir une journée ou deux sont le strict minimum. Est-ce que le TCL NXTPaper 70 Pro remplit ces conditions ? C’est ce que nous allons voir dans ce test complet.

Prix et disponibilité du TCL NXTPaper 70 Pro
Le TCL NXTPaper 70 Pro est d’ores et déjà disponible au prix officiel de 320 euros pour le modèle avec 256 Go de stockage ou 330 euros pour la version 512 Go. Sur Amazon, les prix sont réduits à l’heure de la rédaction de ces lignes, ramenant respectivement les deux déclinaisons à 254 et 285 euros. À ce prix, vous obtiendrez en outre un stylet, une coque en silicone et une coque rigide avec béquille.
Deux coloris sont à disposition : nebula gold (or) et stellar blue (bleu).
Un écran différent, mais pourquoi ?
La particularité du NXTPaper 70 Pro est donc son écran NXTPaper 4.0 de 6,9 pouces avec une surface mate tentant de reproduire la douceur visuelle comme tactile du papier par gravure chimique du verre. TCL met en avant plusieurs technologies visant notamment à réduire la fatigue oculaire. Il est spécifiquement question d’un filtre à lumière bleue réduisant de façon matérielle « la lumière nocive » jusqu’à 3,41 %. Filtre dont l’efficacité reste cependant toujours à prouver.
Malgré l’effet « e-ink » logiciel, il s’agit toujours d’un écran LCD, avec ses qualités et ses défauts. Par rapport au NXTPaper 60 SE testé l’année dernière, il passe néanmoins au niveau supérieur avec une définition Full HD+ (1080 x 2340 pixels) et un taux de rafraîchissement de 120 Hz. Cette hausse du nombre de pixels est bienvenue, mais ne règle pas entièrement le principal problème : son revêtement mat donne une impression de flou facilement distinguable sur du texte dans le mode d’affichage traditionnel.

Tout l’intérêt réside donc dans ses modes « Papier à encre » (en nuance de gris), « Papier couleur » ou « Max Ink ». Ce dernier applique non seulement des filtres à l’écran, mais limite également l’activité des applications en arrière-plan afin d’augmenter l’autonomie et maîtriser les distractions. Ce mode est fait pour lire, pas pour recevoir des notifications de vos réseaux sociaux ou de vos messageries. Lorsque l’un de ces filtres est activé, les polices s’affinent et l’effet de flou disparaît alors, nous rappelant quel est l’usage premier de ce smartphone.
Bien qu’il leur ressemble, l’écran NXTPaper ne présente pas tous les avantages des écrans e-ink. Ainsi, en plein soleil, il faut se contenter des caractéristiques d’un écran LCD assez médiocre. Avec 740 nits de luminosité typique et 900 nits en High Brightness Mode, le 70 Pro reste bien en dessous de ses concurrents. Sans surprise, il est donc difficilement lisible en plein soleil. Si vous cherchiez une liseuse pour la plage, vous feriez mieux d’envisager d’autres possibilités.

Ce téléphone règle toutefois un mal prédominant sur les smartphones actuels : le scintillement d’écran. Habituellement, pour réduire la luminosité, l’écran s’allume et s’éteint plusieurs centaines de fois par seconde. Notre persistance rétinienne nous permet heureusement de ne pas nous en rendre compte, mais notre œil absorbe de facto moins de lumière. Cette technique présente cependant des désavantages et peut notamment provoquer des migraines chez les personnes sensibles. Le TCL NXTPaper 70 Pro n’est pas concerné par ce problème.
Il esquive un autre aléa : les traces de doigts. Son revêtement mat reste propre quoi qu’il arrive, c’est tout de même agréable.
Des finitions soignées
Cet écran original est intégré dans un design tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Ses bordures d’écran, assez larges et asymétriques, trahissent son placement tarifaire et ses objectifs très protubérants le rendent instable lorsqu’il est posé à plat.

En dehors de ces deux petits défauts, loin d’être rédhibitoires, il n’y a rien à redire sur ses finitions. Les tranches plates procurent une prise en main ferme et agréable ; ses boutons sont correctement placés ; son dos est lui aussi mat et oléophobe ; il est certifié IP68 (résistant à l’eau et à la poussière), ce qui est excellent pour son prix. Bref, il coche toutes les cases et même plus puisqu’on trouve sur sa tranche supérieure un capteur infrarouge pour l’utiliser comme télécommande.
Bien sûr, il possède les défauts de ses avantages. Avec une diagonale d’écran de 6,9 pouces, il est à classer dans la catégorie des smartphones grande taille (169,4 × 80,05 × 7,98 mm). Son poids reste toutefois relativement contenu : « seulement » 208 grammes.
Une fiche technique suffisante…
Sur le papier, le NXTPaper 70 Pro n’a rien de très impressionnant, même pour son prix. Son SoC MediaTek Dimensity 7300 se retrouve par exemple sur l’Oppo Reno 12 Pro, sorti en 2024, ou encore sur le CMF Phone 2 Pro, qui coûtait déjà moins cher à sa sortie l’année dernière. Il est couplé à 8 Go de RAM extensible jusqu’à 12 Go en grignotant sur le stockage et une mémoire de 256 à 512 Go. Notez qu’il est possible d’ajouter une carte microSD pour ajouter jusqu’à 2 To supplémentaires.

Cette configuration n’est pas éblouissante, mais elle permet de faire tourner le système en toute fluidité, sans heurts ni ralentissements. Plus encore, son GPU est suffisant pour faire tourner des jeux gourmands. Fortnite fonctionne par exemple en qualité élevée à 30 FPS. On est loin des meilleurs en la matière, mais c’est largement suffisant pour arriver TOP 1 lors de vos parties endiablées.
Enfin, sa connectivité comprend du NFC, de la 5G, du Bluetooth 5.4 et du Wi-Fi 6. À nouveau, ce ne sont pas les derniers standards à la mode, mais le commun des mortels ne verra pas de grande différence au quotidien. On peut sourciller devant le port USB 2.0, mais il faut bien avouer que l’avènement du sans-fil réduit les besoins et cette caractéristique se retrouve aussi sur certains téléphones hauts de gamme (coucou Apple).
… Sauf peut-être en photo
En photo, le TCL NXTPaper 70 Pro est moins convaincant. À l’arrière, il est équipé de deux appareils : un grand-angle avec un capteur de 50 Mpx et un ultra grand-angle plafonnant à 8 Mpx. Dans un cas comme dans l’autre, la qualité est médiocre. Même en plein jour, il peine à exposer correctement les scènes, avec des nuages cramés dans un ciel bleu pétant et des zones lumineuses trop claires. De nuit, il lui arrive également de manquer son traitement. En plus de lisser la peau à outrance, il est inconstant sur l’illumination de la scène.
Le plus embêtant reste cependant le manque de finesse, notamment dans les coins de l’image ou sur l’ultra grand-angle. Zones floues, bruit, hautes lumières cramées, déformation de la lentille… le résultat présente toujours des défauts visibles sans même avoir à zoomer.
Une autonomie correcte, sans plus
Son autonomie n’est pas très impressionnante non plus. Avec sa batterie de 5200 mAh, il n’a pas l’endurance de ses concurrents passés à la technologie silicium-carbone, mais tient facilement la journée, surtout si vous ne le sollicitez pas trop, son processeur étant très économe en veille. Sans activer le mode Max Ink, vous n’aurez cependant pas beaucoup plus d’une journée et demie à attendre avant de devoir le recharger. Les modes papier permettent heureusement d’étendre cette autonomie, mais cela dépendra fortement de votre usage.

La charge prend quant à elle près d’une heure et demie avec un chargeur 33 W (non fourni). On a vu mieux.
Des mises à jour “tous les deux mois”, vraiment ?
La partie logicielle du TCL NXTPaper 70 Pro est assurée par Android 16, avec une promesse de mises à jour jusqu’à Android 18. On est loin des cinq à sept versions majeures habituellement annoncées par la concurrence. Quant aux patchs de sécurité, ils sont pris en charge jusqu’en décembre 2028, ce qui est assez court également. TCL déclare néanmoins sur son site web une fréquence d’actualisation « tous les deux mois ». Un engagement qui n’est pas tenu sur notre modèle de test puisque nous sommes au début du mois de septembre et que le dernier patch disponible est celui d’avril.

L’interface est quant à elle plutôt propre. Très proche de la version native d’Android, elle apporte tout de même quelques changements, notamment le volet des paramètres rapides qui n’est pas sans rappeler le centre de contrôle d’iOS. Ses performances lui permettent par ailleurs de tourner sans le moindre ralentissement.
Seule ombre au tableau : quelques applications préinstallées, dont AliExpress, des jeux pas terribles ou l’application ReelShort, pour des dramas verticaux au contenu douteux. C’est toujours mieux que l’avalanche d’applications tierces que l’on trouve chez Xiaomi cela dit.
Notre avis sur le NXTPaper 70 Pro
Le TCL NXTPaper 70 Pro a l’avantage de proposer un concept différent, et rien que pour cela, il mérite toute notre attention. Si pour vous passer de longues heures devant un écran génère une grande fatigue oculaire, voire des maux de tête, un téléphone de ce genre capable d’adoucir l’affichage pourrait particulièrement vous être bénéfique.

Toujours est-il que pour le reste du monde, l’écran « papier » n’apporte pas de réel intérêt, notamment en raison de son manque de luminosité en plein soleil. En revanche, ce gimmick fait inévitablement gonfler son prix ; à tarif égal, on trouve bien mieux ailleurs sur tous les plans. Bref, c’est une proposition originale, mais qui manque d’ambition pour réellement attirer l’attention.
J’achète le TCL NXTPaper 70 Pro
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