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Test Final Fantasy VII Rebirth : un second opus à la fois moderne… et vieillot ?

Quatre ans après le premier Remake qui sonnait comme un gigantesque Prologue, c’est au tour de Final Fantasy VII Rebirth de débarquer sur PS5. Notre test complet !

C’était en avril 2020, Square-Enix lançait son très attendu Remake de Final Fantasy VII, d’abord sur PS4, puis sur PS5. Conçue comme une trilogie, cette refonte nous revient aujourd’hui avec sa deuxième section, qui promet évidemment un appel à l’aventure, la vraie, avec la possibilité tant attendue de s’extirper enfin des griffes de Midgar, pour goûter à la liberté.

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Final Fantasy VII Rebirth à l’heure du test !

Ce n’est un secret pour personne, ce nouveau Final Fantasy VII Rebirth s’ouvre sur une première séquence déjà mémorable, et reprend exactement là où Remake nous avait laissé. Rapidement, en ouvrant une large porte, on peut alors goûter non sans un certain émerveillement (et même un peu d’émotion en réalité) à ce côté “open-world” qui manquait tant au premier opus, avec ses qualités… et ses défauts. On y reviendra.

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© Presse-citron.net

Ce nouveau Final Fantasy VII Rebirth permet évidemment de renouer avec la clique d’Avalanche, avec en prime ici de nouveaux personnages, et la possibilité d’incarner Red XII ou encore Yuffie. Concrètement, les habitués du premier opus retrouveront très vite leurs marques, tant l’ensemble (et c’est plutôt logique) est semblable à FF VII Remake.

Evidemment, on retrouve bien quelques nouveautés, mais les bases sont strictement identiques à l’opus de 2020, au niveau de l’inventaire, de la gestion des matérias ou encore des combats, avec la désormais célèbre jauge ATB et la possibilité de passer d’un personnage à un autre via la croix directionnelle. Toujours aussi efficace donc.

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L’appel de la liberté ! © Presse-citron.net

Côté combats, parmi les nouveautés, nos héros disposent désormais d’attaques synchronisées (à déverrouiller via un sphérier). Cela va permettre de déclencher des attaques en duo (comme dans Intergrade), sans oublier d’autres attaques liées cette fois à la parade (via R1). Visuellement, cela fait le taf, du côté des dégâts infligés aussi, et permet au gameplay de s’étoffer davantage.

Pas de panique toutefois, rien ne vous empêche de jouer “comme avant”, en pressant frénétiquement Carré et en déclenchant quelques attaques spéciales à l’occasion. A ce titre, on regrette encore et toujours un écran très chargé par moments, et une lisibilité de l’action pas toujours très claire.

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© Presse-citron.net

Pour rester dans les nouveautés, ce Rebirth introduit aussi un système de “Synthèse”, avec des objets à fabriquer à partir de (nombreux) composants à récupérer sur la route de nos héros. A cela s’ajoutent de nouvelles matérias, un lore plus étoffé, un jeu de cartes Queen’s Blood, des Espers à étudier, de nombreuses anecdotes concernant les lieux visités et la Shinra… Bref, rien de bien révolutionnaire dans l’ensemble, mais de quoi s’immerger toujours un peu plus dans l’ambiance Final Fantasy VII.

Graphiquement, si l’opus lancé en 2020 était assez époustouflant, avec de superbes effets et autres combats très dynamiques, ce Rebirth réserve lui aussi ses moments “WOW”… mais comme son prédécesseur, on remarque vite certaines faiblesses, avec, comme on le disait déjà en 2020 : “certaines textures bien vilaines, ou même des décors certes très réussis, mais tristement statiques, qui manquent un peu de vie.

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Oui, on peut monter sur un Segway… et le rendu est abominable… © Presse-citron.net

Tout comme le premier opus, certaines séquences ont été très (trop) étirées, sans compter des passages teintés d’un humour nippon très spécial, et bien loin parfois du côté “épique” que l’on attend/dont on se souvient de Final Fantasy VII. Et chez certains joueurs, cela pourra clairement heurter la sensibilité de certains souvenirs. Dès lors qu’il s’éloigne de son côté action ou de la narration pure, Final Fantasy VII Rebirth trépasse, quitte à se rendre ridicule (voire malaisant par endroits).

Au passage, quand bien même cet opus Rebirth est exclusif à la PS5, ne vous attendez pas à un quelconque saut de génération avec la version Remake sur PS4. Alors oui, les aires de jeu sont plus grandes, on a davantage de “liberté”, mais ce n’est pas plus beau (et ce n’est pas toujours très palpitant non plus). Mention spéciale en revanche pour les chargements et les voyages rapides, à la limite de l’instantané, ainsi que pour la bande-son dans son ensemble, juste grandiose.

Des nouveautés et des qualités oui, mais…

L’une des grandes nouveautés de ce Final Fantasy VII Rebirth, on l’a dit, c’est son côté plus “ouvert”. A noter que de par son côté plus “ouvert”, le jeu ne nous épargne pas certaines “Ubisofteries”, avec notamment des tours de contrôle à activer pour remplir la map de repères. A cela s’ajoutent des missions de combats, des trésors à dénicher grâce au flair des Chocobos, des missions annexes (plus ou moins inspirées) et un nouveau côté “parkour”. Cloud est plus athlétique que jamais, peut enjamber les obstacles, se laisser tomber en contrebas, escalader des parois (symbolisées par des repères jaunes, forcément), et Yuffie peut même jouer du grappin…

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Certains panoramas sont à tomber à la renverse © Presse-citron.net

Sympa donc pour dynamiser l’exploration, même si cela aurait mérité tellement plus de travail côté animations, car on est quand même très (très) loin de la souplesse d’autres productions modernes. Pas de quoi ternir l’expérience globale toutefois, tout comme les excès du moteur physique d’ailleurs, avec des rochers ou des éléments de métal qui semblent gonflés à l’hélium.

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© Presse-citron.net

2024 oblige, certains ne retrouveront pas non plus cette part d’imaginaire présente dans l’opus originel (et dans tous les jeux des années 80/90 finalement), avec ces immenses plaines et autres décors luxuriants qu’il fallait “voir dans notre tête” à défaut de les voir réellement à l’écran. Ici, tout est réaliste, tout est en face des yeux du joueur… avec ce que cela implique comme défauts techniques (murs invisibles, bugs de collision, PNJ sans âme…) et autres désillusions parfois, vis à vis de certains personnages et/ou lieux visités.

Aussi, l’open world n’est pas si “open” que cela en réalité, mais regroupe plutôt plusieurs grandes régions interconnectées au travers d’un système de transport (impossible de traverser la map et les différentes régions d’un bout à l’autre à dos de Chocobo donc). Cela n’empêche pas de profiter de certains panoramas renversants de beauté, avec une envie irrépressible de capturer de nombreux screenshots (avec ou sans mode photo).

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© Presse-citron.net

Dommage également de ne pas avoir su insuffler davantage de gigantisme à certaines portions. On pense notamment à Death Stranding, dans lequel la caméra prenait parfois du recul afin de nous faire ressentir toute notre petitesse, face à l’immensité de la nature. Pire encore, certains passages et mécaniques de jeu font carrément old school, voire même franchement “vieillots” si on compare un peu à la concurrence (y compris celle datant de quelques années)…

Enfin, si ce Rebirth réserve son lot de fulgurances, avec nombre de moments épiques et autres combats dantesques, difficile de nier un rythme en dents de scie… avec parfois certains passages nanardesques au possible. Alors oui, c’était déjà un peu le cas dans le jeu d’origine (et même dans le précédent Remake), mais cela ne vous empêchera pas de souffler, parfois très fort, face à certaines séquences imposées, à la fois soporifiques et longuettes.

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© Presse-citron.net

A cela s’ajoutent certaines missions secondaires bien débiles, mais c’était déjà le cas dans Final Fantasy XVI, dans lequel on peut enchaîner un combat hallucinant de bravoure avec une mission nous imposant de servir des plats dans un restaurant. Et c’est un peu le cas dans ce Rebirth aussi, qui n’hésite pas à abuser d’excentricités et autres incohérences, entre deux phases matures et intenses.

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Chaque région (ici Junon) propose son lot de missions annexes regroupées au sein d’un rapport d’exploration © Presse-citron.net

Côté durée de vie, comptez une bonne quarantaine d’heures pour voir le fin mot de l’aventure ici. Comme évoqué plus haut, Final Fantasy VII Rebirth propose également de nombreuses missions secondaires et autres sous-quêtes pour les différentes régions visitées. Aussi, comptez environ quelques dizaines d’heures de plus pour approcher les 100% de complétion.

Pour ce qui est de la narration, comme dans le premier opus, Square-Enix a étiré le récit au maaaxiiimuuum, avec pour conséquence directe d’en faire trop parfois (quitte à friser le ridicule) et à flinguer le rythme global du jeu. On citera également certaines séquences purement narratives que le jeu nous oblige à “jouer“, alors qu’une simple cutscene aurait été suffisante.

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© Presse-citron.net

En réalité, ce Final Fantasy VII Rebirth pêche assez régulièrement, tantôt par un parkour à mille lieues des standards actuels, tantôt par des combats brouillons, tantôt par des séquences d’une loufoquerie absolue…

Et si on avait tendance à (presque) tout pardonner au premier opus “parce que c’est Final Fantasy VII”, on aura tendance (et c’est normal) à se montrer plus tatillon avec ce Rebirth, lancé quatre ans plus tard, quand bien même la puissance de la nostalgie permettra encore de passer outre les phases les moins inspirées.

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Pas de méprise toutefois, dans l’ensemble, le jeu reste très agréable à parcourir (mis à part ces fichues phases de Queen’s Blood OBLIGATOIRES et quelques phases de parkour bien ratées…), et réserve son lot de séquences cultes. En ce qui nous concerne, on a pris un vrai plaisir oui, mais on reste toutefois un chouia “déçu” par certains aspects de ce Rebirth, dont on attendait notamment davantage de maîtrise, de rythme et de modernité.

Notre avis concernant Final Fantasy VII Rebirth

Final Fantasy VII Rebirth est un mélange de (trop) nombreuses idées, assez inégales sur le fond comme sur la forme. Certes, on y retrouve des moments vraiment épiques, une ambiance parfois phénoménale et une progression somme toute très agréable (en plus d’une vraie nostalgie), mais cela se traduit aussi par un simili open-world à forte (mauvaise) tendance Ubisoft, à un rythme très inégal, à des séquences franchement anecdotiques par moments et un certain manque de modernité générale. C’est agréable oui, même bluffant parfois, mais ce n’est pas aussi extraordinaire et abouti que cette suite dont on rêvait il y a quatre ans, à la conclusion du premier opus.

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Final Fantasy VII Rebirth

8

Note globale

8.0/10

On aime

  • Visuellement très accrocheur
  • Les combats toujours aussi dynamiques et plus complets
  • Une aventure prenante et touchante
  • Durée de vie
  • Quelques séquences monstrueuses

On aime moins

  • Cet open world à la recette éculée (et toujours quelques aspects bien vieillots)
  • La narration très (trop) étirée
  • Un rythme en dents de scie (pourquoi tant de superflu ??)
  • Cet humour, ces séquences laborieuses, ce parkour...
  • Ca manque encore et toujours de vie (et de textures aussi parfois)...