En fin d’année 2019, Microsoft officialisait sa toute nouvelle Xbox Series X lors des Game Awards. Parallèlement à sa nouvelle console, le géant américain présentait également Hellblade 2, que beaucoup voyaient alors comme le jeu de lancement idéal pour accompagner la nouvelle génération de Xbox quelques mois plus tard. En réalité, il aura fallu patienter plus de trois et demi pour découvrir enfin cette suite de Hellblade.
Hellblade 2, le test enfin là !
Dans ce second opus, on retrouve bien sûr Senua est de retour dans un nouveau voyage de survie violent, à travers les mythes et les tourments de l’Islande viking. Il est évidemment conseillé d’avoir parcouru le premier opus avant de se lancer dans ce Hellblade 2, qui reprend nombre de ses qualités… mais aussi quelques défauts. Pour profiter pleinement de ce Hellblade 2, il vous faudra impérativement un casque audio. Cela permet de ressentir à 100% les différentes voix qui transitent par la tête de Senua, avec une spatialisation très travaillée, si bien que l’on a parfois (souvent) l’impression d’avoir quelqu’un penché sur notre épaule, qui murmure dans nos oreilles. C’est bluffant, vraiment.

A cela s’ajoute si possible un écran OLED, pour savourer pleinement les passages les plus sombres. Soulignons que (contrairement au premier opus) le jeu est taillé pour un affichage de type “widescreen” (en 2.39:1), et impose donc des bandes noires en haut et en bas d’un écran 16:9. C’est voulu par les développeurs, cela vise à renforcer le côté “cinématographique” de cette expérience narrative.
Mention spéciale d’ailleurs à cette même narration, particulièrement soignée. Le jeu est un peu plus lent que le premier opus, mais avec une dimension cinématographique nettement plus marquée. On le savait, Hellblade 2 est une merveille technique, avec une motion capture incroyable, tout comme la modélisation des visages, et les premières minutes de jeu le confirment aussitôt.

A cela s’ajoutent des panoramas juste grandioses, agrémentés d’une tonne d’effet visuels renversants. La baffe technique est indéniable, et Hellblade 2 est l’un des titres les plus beaux que vous pourrez voir (et entendre). C’est dit.
Comme c’était le cas pour le premier épisode, Hellblade 2 est un titre très (très) narratif, et force est d’admettre que le gameplay se limitera bien souvent à… pousser le stick analogique gauche vers l’avant. Pas d’open world ici, le chemin est tout tracé, et quand bien même certaines zones s’avèrent un chouia plus vastes, n’espérez pas la moindre exploration. Tout est conçu dans un strict but narratif, et tant pis pour toutes ces zones bloquées par des murs invisibles.
Gameplay et durée de vie
On l’a dit, Hellblade 2 est une expérience extrêmement solide d’un point de vue visuel et sonore. Un peu comme Ryse: Son of Rome au lancement de la Xbox One (les vrais savent), le jeu de Ninja Theory en met plein les mirettes et les oreilles… et aurait constitué le parfait jeu de lancement de la Xbox Series X, celui à même d’asseoir la “next-gen” d’entrée de jeu. Une vitrine technologique indéniable, une avalanche d’effets visuels et autres prouesses techniques, au détriment d’un “jeu” qui n’en est pas vraiment un, puisque l’on est davantage dans une expérience narrative très immersive ici, le gameplay étant très (très) limité.
Car oui, si vous espériez du nouveau côté gameplay, ce n’est pas le cas. Le système de combats a été revu, pour des luttes toujours plus viscérales, plus réalistes, mais ces derniers se résument à des un contre un, dans des petites arènes circulaires. Les combats sont plus authentiques oui, mais structurés comme une série de duels consécutifs donc. Hellblade était déjà un jeu de niche, cette suite l’est également.

Certes, la mise en scène modifie parfois le déroulement de certains combats, mais ces derniers restent très sommaires, avec la même stratégie à adopter du début à la fin de l’aventure. Comme c’était le cas pour le premier opus, certains sont d’ailleurs (bien) trop longs, et on sent incontestablement un côté “remplissage” par moments, avec des combats vite poussifs, et qui se multiplient un peu trop…
Vous espériez un système d’XP ? C’est non. Un inventaire à gérer ? Non plus. La possibilité de disposer de plusieurs armes ? Non, non. Des énigmes renouvelées ? Hormis des runes à retrouver pour ouvrir des portes (oui, les énigmes bien pénibles déjà présentes dans le premier opus…), c’est non aussi. Alors certes, on pourra mettre la main sur des lieux “cachés” en observant certaines roches, sans oublier les totems de savoir, mais cela reste anecdotique. Comme évoqué plus haut, le gameplay se résumera très souvent à pousser le stick gauche (et accessoirement presser LB pour courir), pour suivre le chemin prédéfini, l’objectif étant ici de s’immerger et profiter pleinement de la narration mise en place par les développeurs.

Autre petit grief concernant ce Hellblade 2, c’est sa tendance à… surjouer et peut-être à se regarder un peu trop. En effet, si le titre est une claque visuelle et sonore absolue, (trop) nombreux sont les passages visant à mettre en exergue la modélisation des visages et/ou la synchronisation labiale, et tant pis si cela implique des visages (surtout Senua) souvent très grimaçants, avec cette tendance à “surjouer” certaines émotions.
Enfin, côté durée de vie, pas de miracle pour ce Hellblade 2, avec une aventure bouclée de notre côté en un peu plus de 5 heures. Cinq heures souvent très intenses (mis à part un passage terriblement longuet…), et une expérience générale dont on ressort ébloui par les décors à tomber à la renverse, avec toujours ce lore si passionnant… mais aussi un peu cette impression d’avoir été “spectateur”, plutôt que “joueur”. Sans vous spoiler, une fois le jeu terminé, vous avez la possibilité de le recommencer, en profitant d’une petite, mais néanmoins très intéressante, modification.
Notre avis concernant Hellblade 2
“Vitrine technologique”, “démo technique”, appelez-le comme vous voulez… Hellblade 2 est une incontestable démonstration visuelle et sonore. Le cadre mythologique est passionnant, la mise en scène est incroyable et la réalisation générale permet d’enchaîner les séquences contemplatives, sans oublier ce sound design juste fabuleux. Toutefois, Hellblade 2 souffre aussi d’un gameplay très pauvre, de combats aussi violents que répétitifs/poussifs, d’énigmes runiques face auxquelles on a vite tendance à souffler et d’une durée de vie d’environ 5 heures. Cela étant, Hellblade 2 reste selon nous une expérience à vivre, principalement pour le plaisir des yeux et des oreilles donc.
Test réalisé à partir d’une version fournie par l’éditeur.
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Hellblade 2
On aime
- La réalisation et la direction artistique, WOW !
- La section audio incroyable
- Le cadre mythologique
- Une vraie immersion cinématographique
On aime moins
- Combats et énigmes redondants
- Le gameplay, clairement pas au centre de l’attention…
- Un jeu qui en fait des caisses parfois…
- Oui, il y a des bandes noires en haut et en bas sur un écran 16:9