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Test du Honor 400 Lite : le milieu de gamme qui se prenait pour un iPhone 16

On a testé le Honor 400 Lite, un smartphone au look d’iPhone 16 vendu trois fois moins cher. Peut-il faire illusion ?

Il ressemble à un iPhone 16, mais ce n’est pas un iPhone 16 ! Le Honor 400 Lite pourrait presque se confondre avec le dernier-né d’Apple pour un tiers de son prix environ, mais une telle comparaison est-elle justifiée ?

Bien que l’inspiration soit flagrante, les deux téléphones restent bien différents. Le constructeur chinois ne manque pas de mots toutefois pour faire l’éloge de son smartphone. Dans le communiqué de presse, on peut y lire que « le Honor 400 Lite repousse les limites de la photographie mobile », ou encore qu’il a « tout pour séduire ». Promesses en l’air ou iPhone-killer ?  Tentons de voir ensemble quels sont les avantages et les inconvénients de ce nouveau prix doux du catalogue Honor.

Prix et disponibilité

Le Honor 400 Lite est disponible à 299 euros en Velvet Grey (gris) et Velvet Black (noir). Une offre de lancement octroie une remise immédiate de 50 euros aux premiers acheteurs, faisant temporairement chuter son prix à 249 euros.

Ce qu’on aime sur le Honor 400 Lite

Son design inspiré des meilleurs

On ne peut pas dire que le design du Honor 400 Lite soit original, mais il est indéniable qu’il est réussi. En reprenant les codes d’Apple, Honor s’assure de viser juste. Tranches plates en aluminium avec des chanfreins adoucis, design fin (7,29 mm), finition lisse « effet velours » pour un dos ne prenant pas les traces de doigts, bloc photo carré avec un agencement des objectifs en triangle comme sur l’iPhone 16 Pro, tout y est, même le bouton supplémentaire dédié à la photo.

Honor 400 Lite Apn
© Manuel Castejon pour Presse-citron

N’y voyez pas là de malice de ma part, je ne vois aucun mal à s’inspirer de l’un des meilleurs smartphones du marché, surtout sur des tranches tarifaires où la marge réalisée laisse peu de place à la recherche. Et force est de constater que le pari est réussi, tout comme le design de ce Honor 400 Lite qui va jusqu’à reproduire le poids de l’iPhone 16 à un gramme près (171 grammes contre 170 chez Apple).

Attention en revanche à une différence de taille : contrairement à ce que laissent penser les images marketing du téléphone, il est seulement IP64, et donc résistant aux éclaboussures, mais pas à l’immersion. Dommage, c’est pourtant le cas de certains concurrents.

Honor 400 Lite Avant
© Manuel Castejon pour Presse-citron

À l’avant, ce sont les bords uniformes et fins qui font sensation. Sur cette gamme de prix, c’est très rare et le Samsung Galaxy A26 fait par exemple pâle figure à côté. En haut, l’appareil photo frontal mime même l’îlot dynamique avec une petite pilule contenant l’objectif ainsi qu’un capteur de proximité, comme sur le Honor Magic 7 Lite.

Ne vous y trompez pas : si cela a bien vocation à améliorer la reconnaissance faciale, il ne s’agit pas d’un projecteur de points capable de réaliser un scan 3D de votre visage comme Face ID ; le niveau de sécurité est bien moindre.

Un bel écran Amoled

93,7 % de la face avant est recouvert d’un écran Full HD+ de 6,7 pouces capables de se rafraichir à hauteur de 120 Hz (ou 60, au choix). Honor insiste par ailleurs sur sa gradation PWM 3840 Hz réduisant le scintillement de l’écran et par extension les possibles céphalées que celui-ci peut impliquer.

J’avoue avoir la chance de ne pas être sensible à ce trouble, et donc ne pas déceler à l’œil nu une différence avec les 246 Hz de largeur d’impulsion de mon Pixel 9 Pro, même à faible luminosité. Si vous subissez des migraines fréquentes en revanche, cette caractéristique pourrait améliorer votre quotidien.

Honor 400 Lite Hdr
© Manuel Castejon pour Presse-citron

Côté luminosité, Honor annonce des pics pouvant atteindre jusqu’à 3500 nits dans certaines conditions (en fonction de la luminosité externe et de l’état de la batterie donc). C’est moins que les 4000 nits annoncés du Honor Magic 7 Lite, mais la différence à ce niveau ne devrait pas se ressentir. Comme ce dernier, le 400 Lite propose donc un très bel affichage très lumineux. Il souffre toutefois un peu de son revêtement très réfléchissant en pleine lumière si vous consultez du contenu sombre.

Six ans de mise à jour

Sur ce 400 Lite, Honor promet six ans de mise à jour, aussi bien majeures que de sécurité. Cela signifie que ce téléphone à 300 euros devrait être mis à jour jusqu’à Android 21 ! C’est là un progrès colossal par rapport aux précédents modèles, habituellement limités à deux versions d’Android et trois ans de mises à jour de sécurité.

L’autonomie (en veille surtout)

Quand je teste un smartphone, j’ai tendance à d’abord réaliser des tests techniques, puis ensuite à mettre une carte SIM dedans pour l’essayer en conditions réelles. Et parfois, le ressenti ne colle pas avec les résultats théoriques, comme c’est le cas ici.

Un test de batterie PC Mark m’a donné un résultat de 12h15, ce qui est dans la moyenne basse des smartphones de sa catégorie. Pourtant, à l’usage, l’autonomie du Honor 400 Lite s’avère très bonne. Si vous ne poussez pas le processeur dans ces retranchements, il se montre extrêmement peu énergivore.

Les usages basiques comme scroller les réseaux sociaux, naviguer sur le web ou envoyer des mèmes sur WhatsApp consomment relativement peu. Mieux encore : il ne consomme quasi rien en veille, ce qui représente tout de même une grande partie de la journée.

Honor 400 Lite Usb
© Manuel Castejon pour Presse-citron

Au final, selon votre usage, vous pourrez sans trop de problème atteindre les 36 heures avant de vider les 5230 mAh de l’accu, voire 48 heures si vous n’êtes pas du genre à jouer pendant des heures ou à filmer chaque moment de votre journée.

Côté recharge, vous ne trouverez pas de bloc secteur dans la boîte, mais Honor promet un 0 à 100 % en 73 minutes seulement avec un chargeur SuperCharge 35 W. À titre de comparaison, l’iPhone 16 ne monte pas au-dessus de 30 W.

Ce qu’on aime moins sur le Honor 400 Lite

MagicOS 9, un système à l’ancienne

La partie logicielle du Honor 400 Lite est assurée par MagicOS 9, la version Android 15 du constructeur. Cette interface, si elle possède bien quelques bonnes idées, s’avère vieillotte et rigide. Plutôt que de faire une liste exhaustive de tous les points d’achoppement que j’ai rencontrés, je vais plutôt en détailler un qui me semble très représentatif de l’expérience MagicOS. Le point de départ est pourtant simple : je voulais redémarrer le téléphone.

Il fut un temps, que les plus jeunes ne connaissent pas, où pour redémarrer un téléphone, il suffisait de maintenir le bouton d’alimentation quelques secondes et de choisir si on voulait l’éteindre ou le redémarrer. Désormais, ce raccourci invoque Gemini, pour mon plus grand plaisir sachant que j’utilise ce dernier davantage que je redémarre mon téléphone.

Bref, je descends donc le centre de contrôle où se trouve habituellement le bouton dédié à mon problème, sans le trouver. Étant ce qu’on peut appeler un « power user », je me souviens alors qu’il est toujours possible de redémarrer avec une combinaison de touches, à savoir on/off et volume haut. Je maintiens donc les deux touches pour voir apparaître une pop-up… de capture vidéo.

Un tour dans les paramètres et son moteur de recherche ne m’apportera pas plus de solutions, m’obligeant à me renseigner sur internet et trouver un tuto qui, en seulement 12 étapes, permet de redémarrer le téléphone en passant par le menu d’accessibilité. On souffle fort.

Si c’est l’exemple le plus absurde, ce n’est malheureusement pas le seul. Retrouver le tiroir d’applications (dont la grille est fixe et qui ne se sépare jamais de sa ligne de suggestions) a par exemple été presque aussi laborieux, bien que la recherche dans les paramètres ait été fructueuse cette fois-ci. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais même MIUI (l’interface de Xiaomi) est moins absconse.

Honor 400 Lite Meilleures Applis
© Manuel Castejon pour Presse-citron

Cerise sur le gâteau qui fait déborder le vase cassé de Soissons, vous trouverez dès le premier démarrage, en plus des apps utiles (boussole, enregistreur audio…), quelques applications en doublon (Galerie, Honor Docs, App Market), une boutique de thèmes nécessitant de créer un compte ainsi que onze partenaires, allant de Facebook et Amazon jusqu’à TikTok en passant par Temu, Booking ou ReelShort.

Si vous ne connaissez pas cette dernière (je ne vous en blâme pas, c’était mon cas), il s’agit d’un service de streaming vidéo au format Short contenant des productions telles que “Vendre ma virginité au parrain de la mafia”, “Comment apprivoiser le meilleur ami de mon père” ou bien “Enceinte du père de mon ex”. Un savant mélange entre série B, émission MTV et misogynie.

Reelshort
© Manuel Castejon pour Presse-citron

Des performances insuffisantes

Le cœur du téléphone est animé par une puce MediaTek Dimensity 7025-Ultra et 8 Go de RAM. Cette puce que l’on retrouve sur le Redmi Note 14 5G ou le Poco M7 Pro n’est pas pensée pour jouer. Aussi, si elle suffit au quotidien, elle risque de montrer ses limites dans le temps pour les usages gourmands.

Son GPU IMG BXM-8-256 en particulier est trop exotique pour certaines applications. Ce n’est pas un problème insurmontable que de ne pas pouvoir lancer un benchmark, c’est un peu plus embêtant de ne pas pouvoir installer Fortnite, le jeu le plus populaire du moment. Imaginez le regard empli de déception de votre enfant qui, heureux de découvrir son premier smartphone, se voit exclu des parties avec ses amis.

Impossible Installer Fortnite

Heureusement, il n’y a pas que le lama piñata dans la vie et on peut tout de même lancer quelques jeux, même certains titres gourmands si l’on n’est pas trop regardant sur les ralentissements. Genshin Impact est par exemple tout à fait jouable si on ne pousse pas trop les graphismes et qu’on ne bouge pas la caméra trop vite, auquel cas l’œil attentif remarquera les chutes de framerate.

Un simple haut-parleur mono

La majorité des smartphones actuels proposent une sortie son stéréo un peu bancale avec un haut-parleur principal sur la tranche basse de l’appareil et le haut-parleur d’appel situé au-dessus de l’écran. Cela peut faire illusion, mais le résultat est souvent déséquilibré entre les deux canaux.

Pour éviter de tomber dans cet écueil, Honor n’a fait aucun effort et propose un son mono. Attention de ne pas mettre le doigt sur le haut-parleur !

Le bouton photo… sans stabilisation

Toujours dans les traces de l’iPhone 16 (entre autres), le Honor 400 Lite possède sur sa tranche un bouton dédié à la photo. Un appui dessus lance l’application idoine, un second capture l’instant présent. Cela permet notamment de prendre des photos dans n’importe quelles conditions, même avec des gants ou les doigts mouillés par exemple. Pour éviter les appuis involontaires, Honor a pensé à le faire affleurer la tranche, ce qui nécessite d’appuyer assez fort dessus pour l’activer.

Honor 400 Lite Bouton Photo
© Manuel Castejon pour Presse-citron

En raison de cela et de son positionnement (au tiers de la hauteur environ et non tout au bord), appuyer dessus nécessite un peu de dextérité, et on se retrouve vite à appuyer plus fort que nécessaire pour l’activer. Seulement voilà : le Honor 400 Lite est dénué de stabilisation optique ; le moindre mouvement du téléphone est répercuté sur l’image. Vous me voyez venir, trois quarts des photos prises avec ce bouton étaient a minima légèrement floues, voire totalement ratées.

La photo tout court

Il faut avouer que même en dehors de son bouton physique, le Honor 400 Lite ne restera pas dans l’histoire pour ses capacités photo. Il dispose de deux capteurs, un de 108 Mégapixels pour sa caméra principale (et le zoom numérique) et un second de 5 Mégapixels pour l’ultra grand-angle. Aucun des deux n’est remarquable, même dans cette tranche de prix.

Même sur des cibles proches, la netteté n’est pas au rendez-vous. Les couleurs sont tantôt criardes, tantôt blafardes, le détourage du mode portrait est approximatif et les pics de luminosité son mal gérés de nuit, allant jusqu’à provoquer des lens flares assez importants.

Je vous entends arriver avec vos protestations, et vous avez raison : on ne peut pas exiger d’un smartphone à 300 euros qu’il fasse des photos dignes d’un appareil professionnel. Les Samsung Galaxy A26 et CMF Phone 2 Pro font pourtant mieux à prix équivalent.

Notre avis sur le Honor 400 Lite

Honor 400 Lite Lock
© Manuel Castejon pour Presse-citron

Sur le haut de gamme, avec le Magic 7 Pro, Honor est capable de faire des prouesses techniques. Le ruissellement n’a toutefois pas fonctionné jusqu’au Honor 400 Lite, bien trop léger, même pour sa catégorie.

En dehors de son design réussi, bien que très inspiré d’Apple, de sa longévité et de son autonomie efficace, le Honor 400 Lite n’a pas grand-chose pour lui. Les performances ne sont pas au rendez-vous, la qualité photo non plus et l’interface a tendance à déborder de tous les côtés dans un gloubiboulga qui complexifie tout, jusque dans les fonctions les plus simples d’un smartphone.

À choisir, vous aurez tout intérêt à vous tourner vers le Magic 7 Lite, que l’on trouve dans la même fourchette de prix en promotion. Et si le prix est un critère non négociable ou que vous ne pouvez pas attendre, peut-être que d’autres marques feront mieux l’affaire.

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Honor 400 Lite

299 €
6.4

Design et écran

8.0/10

Performances et interface

5.0/10

Appareil photo

6.0/10

Autonomie et recharge

8.0/10

Rapport qualité-prix

5.0/10

On aime

  • Un beau design, fin et léger
  • Six ans de mises à jour
  • Une bonne autonomie

On aime moins

  • La photo n'est pas à la hauteur
  • L'interface manque de simplicité
  • Les performances décevantes
  • Pas de stabilisation