Il y a un peu moins de 5 ans, Guerrilla Games (à qui l’on doit notamment Killzone) lançait sa toute nouvelle franchise sur PlayStation 4, avec Horizon Zero Dawn. Un titre qui nous permettait alors de découvrir (et incarner) Aloy, une jeune chasseresse en quête d’identité, dans un monde futuriste post-apocalyptique dans lequel l’Humanité est en proie à des créatures préhistorico-robotiques. Magistral sur la forme, Horizon Zero Dawn fut une incontestable réussite, même si le jeu a laissé indifférent certains joueurs, la faute à une écriture poussive, à des combats parfois brouillons et une mise en scène fadasse. C’est parti pour le test complet de cet Horizon Forbidden West.
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Une suite attendue avec impatience et curiosité
Je le confesse d’emblée, je fais partie de ceux qui, malgré tout la bonne volonté du monde, n’ont pas accroché à Horizon Zero Dawn. Si les prémices de l’aventure laissaient augurer un titre d’une qualité exemplaire, avec son background extraordinaire et sa technique affriolante, les quelques tares énumérées plus haut avaient rapidement eu raison de mon engouement. Bien mais pas top donc. Autant dire que j’attendais avec impatience et curiosité cette suite, que l’on a pu recevoir il y a quelques semaines chez Presse-citron.

Il faut le savoir, ce nouveau Horizon Forbidden West va évidemment permettre de retrouver Aloy, quelques mois après les évènements survenus dans Zero Dawn. Pas de panique, si votre mémoire flanche un peu, un petit résumé vous remet très vite dans le bain. Dans ce nouvel opus, la terre se meurt, et une peste incontrôlable décime la flore et la faune. Afin de restaurer l’équilibre, Aloy décide de voyager vers l’Ouest, et va évidemment affronter de nouvelles créatures, de nouveaux clans et de mystérieux ennemis.

Rapidement, on retrouve donc ce feeling si caractéristique, avec une première partie sous forme de gros tutoriel, histoire de se (re)faire la main et d’assimiler les techniques de base d’Aloy. L’occasion également d’admirer la réalisation technique, avec sur PS5 la possibilité de profiter d’un mode Graphismes, en 30 fps (mon mode de prédilection) et d’un mode Performances, en 60 fps. Visuellement, c’est absolument sublime, bien qu’un peu trop chargé par moments, mais difficile de faire la fine bouche face aux panoramas juste insolents de beauté proposés par le jeu, avec une nature plus vivante que jamais.
N’allez pas croire pour autant que ce Forbidden West est inattaquable visuellement parlant. Oui c’est beau, très beau même, mais cela n’empêche pas de visualiser régulièrement quelques bugs visuels, des murs invisibles ou encore un déluge d’animations parfois totalement hors contexte. Il n’est pas rare non plus de voir un affichage de textures tardif, un personnage (Aloy comprise) qui court sur place ou encore un flash noir à l’écran… Certains évoqueront un syndrome “Assassin’s Creed“… et c’est un peu ça effectivement.

A cela s’ajoute une caméra impeccable en extérieure évidemment, mais qui peut devenir (très) problématique dans les environnements plus confinés. Un souci déjà présent sur le premier opus, lequel péchait également par un trop-plein d’objectifs sur la map, façon Ubisoft. C’est le cas également de cette suite.
Le (trop) plein d’objectifs ?
C’est simple, il y a toujours quelque chose à faire dans ce Forbidden West. On évite la surenchère artificielle comme dans le récent Dying Light 2, mais cela ne vous empêchera pas de pouvoir passer des heures à découvrir la map, à allumer les feux de camps, à attaquer les camps ennemis, à mettre la main sur des reliques rares en explorant des vestiges anciens, à accomplir telle ou telle quête annexe… sans jamais faire avancer la trame principale. Les occupations sont (très) nombreuses, l’interface est (comme dans le premier opus) assez surchargée parfois (mais néanmoins paramétrable), mais Forbidden West est un jeu très généreux.

Comme c’était le cas pour Zero Dawn, l’écriture n’est pas le point fort de ce Forbidden West. Heureusement, la mise en scène est nettement mieux travaillée, avec de sublimes cutscenes, mais on n’échappe pas à de looooooongues conversations désespérément figées, avec plusieurs réponses au choix bien souvent.

Alors certes, on apprend énormément sur l’histoire, mais on en vient parfois (souvent ?) à abréger autant que possible certains dialogues, notamment ceux n’ayant pas de rapport direct avec la trame principale. Quel plaisir en revanche de visiter des lieux iconiques des Etats-Unis, en version post-apocalyptique. Mention spéciale également aux passages aquatiques, souvent extraordinaires, malgré là encore quelques bugs de collision parfois bien frustrants… Dommage également que l’escalade soit aussi incohérente, avec certaines roches que l’on peut escalader, d’autres non (et il faut scanner l’environnement pour le savoir), sans compter une escalade elle-même assez imprécise.

Côté combats, là encore, on retrouve la formule déjà étrennée par le premier opus, avec ce mélange de corps à corps et d’attaques à distance, sans oublier bien sûr les pièges élémentaires (foudre, feu, glace…), chaque ennemis étant sensible/résistant à un élément. Si parfois l’approche un peu bourrine peut fonctionner, il est conseillé de privilégier une approche plus stratégique, en posant des pièges et en adoptant un équipement adapté.

Le loot est archi-présent dans Forbidden West, et vous presserez des centaines de fois la touche Triangle pour récupérer des branches, des pierres, des bouts de métal, des plantes, des vieilles reliques… Aloy est toujours aussi agile, et c’est un régal que de pouvoir profiter d’un éventail d’animations très vaste, même si cela n’empêche pas certains combats d’être assez basiques et brouillons en réalité.

Bien sûr, on retrouve ce côté RPG déjà présent dans le premier opus, avec des points d’XP à glaner pour améliorer le niveau d’Aloy, et des points de compétences à utiliser pour booster diverses caractéristiques, que l’on privilégie le combat pur, la maitrise des créatures, la discrétion, l’utilisation des pièges… L’équipement d’Aloy est lui aussi personnalisable (et améliorable), avec de nombreuses armes à manier, des armures à découvrir et même des peintures de guerre.

Un mode photo est de la partie pour vous aider à immortaliser vos plus beaux faits d’armes et autres panoramas, et certains vont prendre un pur plaisir à inonder les réseaux sociaux de clichés à tomber à la renverse.
Mais si on n’a pas aimé Zero Dawn, on tente ce Forbidden West ou pas ?
Comme évoqué plus haut, malgré ses innombrables qualités, Zero Dawn n’était pas parvenu à me transporter, la faute à une narration poussive et certains combats franchement fadasses. Avec cet Horizon Forbidden West, la formule a incontestablement été optimisée, notamment au niveau de la mise en scène générale.

Toutefois, ceux qui sont restés hermétiques au premier opus ont de fortes chances de se montrer insensibles à ce nouvel opus… du moins en ce qui concerne les premières heures de jeu. En effet, Forbidden West peine pas mal à monter en puissance, mais force est d’admettre que lorsque le monde s’ouvre pleinement, le jeu retrouve un vrai second souffle, avec d’excellentes idées, et une visite de l’Ouest qui ne laisse pas insensible. Ouf !

Malgré tout, il faut savoir que le jeu conserve encore et toujours une interface surchargée, que certains dialogues sont d’une nullité abyssale (oui oui…), et que les environnements plus restreints sont parfois un vrai cauchemar en termes de caméra et de maniabilité. A cela s’ajoutent pas mal de petits bugs visuels ou encore d’animation, sans oublier un cycle météorologique parfois très étonnant, en plus de quelques microchargements qui interviennent sans prévenir.

Globalement, ce second opus reste quand même plus accrocheur que Zero Dawn, mais affiche encore et toujours certains défauts qui en rebuteront sans doute certains, et qui ne parviendront toujours pas à se faire happer par cette aventure, malgré toute leur bonne volonté. De même, le côté très « futuriste » permet parfois d’excellentes surprises (notamment dans l’exploration), mais d’autres aspects sont nettement moins digestes, avec un côté science-fiction très appuyé et parfois à côté de la plaque.

Notre avis concernant Horizon Forbidden West sur PS5
C’est incontestable, Horizon Forbidden West est plus beau, plus vaste, mieux écrit et mieux mis en scène que l’opus originel. Aloy et son univers sont plus beaux que jamais, avec en prime certains des plus beaux panoramas à contempler dans un jeu vidéo. Le monde ouvert signé Guerrilla Games fourmille de détails et de vie, avec une montagne d’objectifs à accomplir et une durée de vie digne de ce nom (comptez 30/40 heures pour boucler l’aventure et le double si vous visez le 100%). Toutefois, outre ses bugs visuels, certains dialogues à rallonge, certaines phases à l’intérieur qui mettent la caméra en PLS, une narration pas follasse et une escalade en demi-teinte, il manque encore et toujours à ce Forbidden West cette petite étincelle de magie pour le rendre aussi immersif, indispensable et envoutant qu’on l’aurait souhaité.
Test réalisé à partir d’une version numérique PS5 de Horizon Forbidden West, fournie par PlayStation
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Horizon Forbidden West
On aime
- Sublime la majeure partie du temps
- Certains environnement… WOW !
- Les créatures robotiques
- Un monde à la fois vaste et vivant
- Durée de vie colossale
On aime moins
- Pas mal de bugs (collisions, animations, murs invisibles…)
- Ces dialogues désespérément fades parfois…
- La caméra à l’Ouest dans les environnements restreints
- L’escalade incohérente et imprécise
- Il manque encore ce petit quelque chose…

