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J’ai testé l’Insta360 X6 : la caméra 360° qui voit dans le noir !

Un peu plus d’un an après une X5 déjà très réussie, Insta360 remet le couvert avec la X6. Plus compacte, équipée de capteurs plus grands et plus que jamais bardée d’IA, elle entend bien rester la référence des caméras 360 face à une concurrence féroce, avec un ticket d’entrée de 699 euros. La X6 tient-elle la route face à la DJI Osmo 360 II et à la GoPro MAX 2 ? Justifie-t-elle de l’adopter si on a déjà une X4, X4 Air ou une X5 ? Pour le savoir, rien de mieux qu’un bon vieux test. J’ai donc passé presque deux mois avec la nouvelle venue. Verdict.

Avec la X5, Insta360 avait déjà placé la barre plutôt haut. Par rapport à la X4, la qualité d’image était meilleure, les objectifs étaient devenus remplaçables par l’utilisateur et l’app compagnon avait gagné en fonctionnalités. Bonne nouvelle : la X6 ne se contente pas de quelques retouches cosmétiques, loin de là.

Elle adopte un nouveau format, des capteurs plus grands, un écran OLED, du stockage interne, une batterie de meilleure capacité et quelques raffinements appréciables. Citons en vrac les séquences 360° 8K à 50 im/s, la gestion de la couleur 10 bits dans tous les modes et enfin Dolby Vision natif sur une caméra 360° (une première sur ce type de produit).

Bref, Insta360 n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Reste à savoir si tout cela se traduit par une amélioration sensible sur le terrain.

Je découvre l’Insta360 X6

Adieu le look barre chocolatée !

La X6 abandonne le format très allongé de ses devancières, qui évoquait davantage une barre chocolatée qu’une caméra. Avec ses dimensions de 50 x 100 x 40 mm, objectifs compris, elle est presque 25 mm moins haute que la X5. Elle est en revanche légèrement plus large (+4 mm) et plus épaisse (+1,8 mm) alors que son poids passe de 200 à 196 grammes. Rien de spectaculaire sur la balance, mais la modification des proportions change réellement l’allure et la prise en main.

Je trouve cette nouvelle silhouette plutôt réussie. La X6 reste suffisamment compacte pour voyager facilement. Son centre de gravité abaissé est appréciable pour une caméra destinée à être fixée un peu partout.

Comme sur la X5, les lentilles fish-eye peuvent être remplacées par l’utilisateur en cas de dommage. Insta360 fait évoluer le mécanisme en facilitant leur retrait, et les annonce en outre cinq fois plus résistantes aux rayures. On appréciera l’initiative, surtout en cas de pépin sur le terrain. Détail agréable, ce fameux kit est vendu à un prix assez bas : 24 euros pour une lentille, 33 euros pour deux.

Afin d’éviter les problèmes potentiels, j’ai installé le protège-objectifs standard commercialisé par la marque. Autre bon point, il est automatiquement reconnu lors de son installation et la caméra tient compte de sa présence pour l’assemblage des séquences.

L’écran constitue l’autre évolution visible. La dalle tactile OLED de 2,32 pouces offre un contraste élevé et reste très lisible en extérieur, y compris sous le soleil de plomb de cet été caniculaire. L’affichage permanent permet de conserver les informations essentielles à l’écran en limitant la consommation. Plus original, la surface de l’écran peut être utilisée comme déclencheur grâce à un capteur de pression.

J’apprécie aussi l’arrivée de 47 Go de stockage interne disponibles sur les 64 Go intégrés. Cela ne dispense évidemment pas d’une carte microSD, surtout lorsque l’on filme en 8K, mais c’est une excellente roue de secours si la carte est pleine… ou restée sur le bureau. Une microSD pouvant atteindre 1 To peut être ajoutée.

Enfin, la X6 est certifiée IP68 et peut descendre jusqu’à 20 mètres sans caisson, contre 15 mètres pour la X5 et 5 mètres pour la GoPro MAX 2. Un caisson de plongée optionnel porte cette limite à 60 mètres.

Les gros capteurs se réveillent quand la lumière tombe

La X5 utilisait deux capteurs de 1/1,28’’. Ceux de la X6 sont de type 1/1,1’’ et ont été développés avec Sony. Leur surface sensible est 33 % supérieure à celle de la génération précédente. L’intérêt d’un capteur plus grand n’est pas difficile à comprendre : à technologie comparable, il recueille davantage de lumière. Cela doit théoriquement améliorer le rapport signal/bruit, la restitution des zones sombres et les performances lorsque la luminosité baisse.

Insta360 X6
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Mes tests sur le terrain confirment la théorie, surtout lorsque la lumière vient à manquer. Les images sont plus propres, avec moins de bruit numérique et davantage de détails préservés dans les zones sombres. Le mode PureVideo profite particulièrement de cette évolution et confirme ce que laissait espérer l’augmentation de la surface des capteurs. En plein jour, la qualité d’image reste excellente. La différence avec la X5 ne se joue en revanche que sur les détails les plus fins : un possesseur de X5 qui filme essentiellement sous le soleil ne verra pas de révolution.

En vidéo 360°, la définition maxi reste de 7680 x 3840 pixels, mais la cadence grimpe désormais à 50 im/s en 8K, contre 30 im/s sur la X5. La 6K monte à 60 im/s et la 4K à 100 im/s. Les photos sphériques atteignent pour leur part 120 Mpx, contre 72 Mpx sur la génération précédente.

Le mode mono-objectif permet pour sa part d’utiliser un seul capteur, comme avec une caméra d’action traditionnelle. La X6 monte alors jusqu’en 5K à 60 im/s ou en 4K à 120 im/s, cette dernière cadence étant pratique pour fabriquer des ralentis. À 5K 30 im/s, le champ de vision peut atteindre 170°. Je ne suis pas fan de ce mode pour ce type de caméra et je préfère toujours filmer en 360° : après tout, s’il y a deux objectifs fish-eye, pourquoi ne pas s’en servir ?

Le traitement du signal vidéo est lui aussi en nette progression. La X6 embarque une électronique nettement plus puissante qu’auparavant. On y trouve une « puce Qualcomm gravée en 4 nm » (sans plus de détail) épaulée par deux puces d’imagerie dédiées. Elles se chargent de la réduction du bruit et de l’étalonnage des couleurs, de l’assemblage des deux images et de la stabilisation. Insta360 revendique 500 % de puissance de calcul en plus par rapport à la X5, pour une consommation réduite de 35 %.

Côté stabilisation, FlowState s’avère toujours aussi efficace. Rien de surprenant : c’est la signature d’Insta360. Quant à la couture entre les deux objectifs, elle n’est pas problématique, mais elle reste visible lorsque je filme d’assez près, à moins d’un mètre. Rien que de plus normal : c’est dans cette zone que les deux images se recouvrent le moins bien.

Dolby Vision et couleurs 10 bits : ce que ça change

Je l’ai brièvement évoqué précédemment : la gestion de la couleur passe en 10 bits dans tous les modes d’enregistrement. On dispose ainsi de plus d’un milliard de nuances théoriques, contre 16,7 millions en 8 bits. L’intérêt apparaît surtout dans les dégradés subtils (ciel bleu, coucher de soleil, zones d’ombre) où l’apparition de bandes de couleurs disgracieuses est nettement moins présente. Les pros apprécieront la possibilité d’effectuer leur propre étalonnage grâce au profil colorimétrique plat I-Log 10 bits.

Venons-en à l’intégration native du Dolby Vision. Si le terme est connu, il est intéressant d’expliquer ce qu’il recouvre exactement. Jusqu’à présent, pour obtenir une vidéo avec un rendu dit « cinématographique », le vidéaste passait généralement par un profil colorimétrique plat (le fameux I-Log dont je parlais précédemment), puis par de longues heures sur un logiciel de post-production pour étalonner manuellement les couleurs, gérer les hautes lumières brûlées et déboucher les ombres.

Insta360 X6
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Le Dolby Vision natif de la X6 simplifie tout cela. Il analyse la scène image par image et génère des métadonnées dynamiques : des paramètres de luminosité et de contraste propres à chaque plan, inscrits directement dans le fichier. À la lecture, un écran compatible suit ces consignes au lieu d’appliquer un réglage unique à toute la vidéo.

Prenez le très classique cas du portrait à contre-jour, par exemple. Le visage du sujet se retrouve dans l’ombre, avec le soleil éclatant juste derrière sa tête : ratage assuré. C’est d’abord la plage dynamique des nouveaux capteurs et le traitement HDR de la caméra qui permettent de garder l’exposition du visage équilibrée et naturelle. Le ciel en arrière-plan conserve ses nuances de bleu sans virer au blanc brûlé. Le Dolby Vision prend ensuite le relais à l’affichage : sur un écran compatible, ces écarts de lumière sont restitués tels qu’ils ont été captés, sans être écrasés.

Deux bémols toutefois. Pour en profiter pleinement, il faut un écran compatible, comme celui des iPhone récents ou de nombreux téléviseurs. Et le Dolby Vision est pour l’instant limité à la 8K à 30 im/s : il faut donc choisir entre lui et la 8K à 50 im/s.

Bref, le Dolby Vision tel qu’il est intégré à la X6 est un atout non négligeable pour qui ne souhaite pas passer des heures en post-production à étalonner une vidéo.

Des accessoires essentiels

Certains accessoires sont indispensables pour une utilisation de la X6. Voici les trois que je conseille fortement lors de l’achat de la caméra :

Perche rabattable avec télécommande (75 euros) : Dans le genre polyvalent, difficile de faire mieux ! Cette perche télescopique contient un trépied qui permet de la poser sur une surface plane. La télécommande dont elle est équipée est extractible et autorise un déclenchement à distance. Enfin, un ingénieux mécanisme permet de la replier lorsqu’elle l’est pas utilisée sans désolidariser la caméra. un bandeau protège alors les objectifs lors du transport.

Boitier de charge (65 euros) : il autorise la recharge simultanée de la batterie de la caméra et de deux batteries de rechange. Le cordon USB-C rigide est intégré à la base du boitier. Lorsqu’il n’est pas utilisé, il fait office de boitier de rangement des batteries.

Protège-objectifs standard (28 euros) : Si vous ne devez acheter qu’un seul accessoire, alors prenez ce protège-objectifs ! Facile à mettre en place, il ne détériore pas la qualité de l’image tout en étant automatiquement reconnu par la caméra.

Le montage se fait tout seul pendant la recharge

Insta360 utilise l’IA depuis longtemps dans son app, notamment pour le suivi des sujets ou le montage automatique. L’électronique embarque désormais des puces IA assez puissantes pour qu’une partie des tâches qui incombaient au smartphone s’effectue directement dans la caméra.

Le Réalisateur IA, ou AI Director, analyse les vidéos et repère les séquences qu’il juge intéressantes. Une fois la X6 éteinte et mise en charge, elle analyse localement les rushes et prépare un assemblage. Il suffit d’ouvrir l’application pour retrouver le résultat, qui reste entièrement modifiable.

Le pré-traitement n’est donc pas confié à un serveur cloud et rien n’est envoyé vers le Net lors de cette étape. La finalisation s’effectue elle aussi localement, mais depuis le smartphone. Vu le chemin pris, celui-ci risque de ne plus servir que d’écran d’ici quelques années.

Insta360 a bichonné AI Director : son moteur, l’IA maison PanoMind, a été entraîné sur plus de 10 000 heures de séquences et couvre plus d’une trentaine de types de scènes. La fonction Auto Edit 2.0 reste disponible dans l’app pour créer automatiquement un montage avec changements de cadrage, transitions et musique. Au passage, une mise à jour récente de la X5 implémente AI Director. N’ayant pas la caméra avec moi au moment de ce test, je n’ai pas pu vérifier s’il existait des différences de performances notables.

InstaFrame 2.0 est sans doute le plus intéressant si vous publiez fréquemment sur les réseaux sociaux. Jugez donc : la X6 produit directement une vidéo plate 4K en suivant une personne ou un objet, tout en enregistrant si on le souhaite la scène complète en 360° et en 8K. Sur la X5, cette vidéo plate plafonnait au Full HD.

Vous récupérez immédiatement un clip classique prêt à partager, tout en conservant la possibilité de recadrer la scène a posteriori. Utile si vous souhaitez intégrer la séquence dans un montage dans un format plus conventionnel. Mine de rien, InstaFrame 2.0 simplifie grandement le flux de production en éliminant la fastidieuse étape de recadrage sur l’app.

Bien évidemment, il est possible d’ignorer tout cela et d’utiliser Insta360 Studio sur macOS ou Windows. N’étant pas un grand fan des réseaux sociaux, je continue de trouver l’écran d’un PC plus confortable dès que le montage devient un peu complexe.

Autonomie et chauffe : presque sans faute

La X6 inaugure une nouvelle batterie de 2 600 mAh, malheureusement incompatible avec les modèles précédents. Le constructeur annonce une autonomie de 140 minutes d’enregistrement continu en 8K à 30 im/s, contre 93 minutes pour la X5 (+51 %, donc).

La charge rapide permet de passer de 0 à 80 % en 24 minutes et à 100 % en 35 minutes. Il faut pour cela utiliser un chargeur USB-C 30 W compatible Power Delivery 3.0 PPS. Avec un peu de chance, celui que vous utilisez pour votre smartphone fera l’affaire. Vérifiez qu’il est tout de même compatible PPS afin de bénéficier de la charge très rapide !

Dans la vraie vie, celle où j’utilise la caméra hors laboratoire, ces chiffres se confirment. En 8K à 30 im/s, la batterie a tenu environ 128 minutes avant extinction. La chauffe, en revanche, est bien réelle dans certaines conditions. En 8K à 50 im/s, elle ne s’est pas montrée gênante en utilisation normale. Mais en pleine canicule, elle risque de poser des problèmes.

Enfin, l’audio subit un dépoussiérage en règle : en plus des microphones destinés à réduire le bruit du vent, le constructeur a ajouté un microphone interne pensé pour l’usage à moto. La X6 peut aussi utiliser les micros Bluetooth optionnels de la marque sans nécessiter de récepteur séparé. L’audio est bon, mais je ne m’y suis pas attardé : sur une caméra de ce type, ce n’est pas l’essentiel. Sur les réseaux sociaux, où finit une bonne partie de ces vidéos, la piste d’origine est la plupart du temps remplacée par de la musique et une voix off.

Face à DJI et GoPro : la plus chère, et alors ?

La X6 se trouve face à l’Osmo 360 II que DJI vient juste de lancer (589 euros en pack standard). La rivale semble redoutable avec ses capteurs au même format 1/1,1 pouce, la 8K à 60 im/s et 105 Go de stockage interne. La X6 conserve toutefois des arguments de poids : 140 minutes d’autonomie annoncées contre 100 minutes chez DJI, une étanchéité à 20 mètres sans caisson, un écran OLED et le Dolby Vision. Je suis en train de la tester et vous en saurez plus très prochainement.

La GoPro MAX 2 (520 euros) joue dans une autre catégorie. Le Yankee plafonne à la 8K à 30 im/s et à des photos 360 de 29 Mpx. GoPro annonce une autonomie d’environ 66 minutes en 8K et une étanchéité de 5 mètres sans caisson. Presse-citron  l’a testée, vous en saurez plus ici. Elle s’adresse avant tout aux fidèles de l’écosystème GoPro.

Bref, la X6 fait payer son autonomie, ses 20 mètres d’étanchéité et son Dolby Vision. À vous de voir si ça vaut 110 ou 180 euros.

Mon avis sur l’Insta360 X6

L’insta360 X6 est une grosse évolution de la X5, elle-même mise à jour majeure de la X4. J’apprécie son nouveau boîtier plus compact, le stockage interne qui évite quelques catastrophes ainsi qu’une autonomie en hausse que l’autonomie progresse. Les modes 5K 60 im/s, 4K 120 im/s ainsi qu’InstaFrame 2.0 renforcent sa polyvalence. Bon point aussi pour l’arrivée du 10 bits et de Dolby Vision intéressera les utilisateurs les plus exigeants.

Les nouveaux capteurs apportent un réel bénéfice en produisant une image plus propre et plus détaillée, notamment en faible luminosité. Pour une caméra 360°, dont la surface d’image doit ensuite être fortement recadrée pour produire une vidéo classique, ce n’est vraiment pas un détail.

Le Réalisateur IA est lui aussi une bonne idée : laisser la caméra analyser tranquillement les rushes pendant sa recharge afin de créer un clip des meilleurs moments simplifie grandement l’utilisation d’une caméra 360°. Tout n’est pas parfait pour autant : la chauffe en 8K à 50 im/s mérite d’être surveillée par forte chaleur et la couture reste visible sur les sujets proches de la caméra.

Reste la douloureuse question du prix. 699 euros pour le pack standard, sans carte microSD : la X6 coûte tout de même 110 euros de plus que la X5 lors de son lancement. Elle est aussi la plus chère du segment : 110 euros de plus que l’Osmo 360 II, 180 euros de plus que la GoPro MAX 2.

La X6 n’est pas indispensable à qui possède une X5 et filme principalement en plein jour. Pour les possesseurs d’une X4 (capteurs 1/2 pouce) ou d’une X4 Air (1/1,8 pouce), le saut est en revanche considérable. En outre, ses nouveaux capteurs, le 10 bits, le Dolby Vision, l’InstaFrame 2.0 en 4K avec sauvegarde 8K constituent des évolutions suffisamment substantielles pour qu’on ne puisse pas parler d’une simple X5 remise au goût du jour.

Je découvre l’Insta360 X6

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Insta360 X6

à partir de 699 €
9.3

Conception

9.5/10

Qualité vidéo

9.5/10

Autonomie & recharge

9.0/10

Application & IA

9.5/10

Rapport qualité/ prix

9.0/10

On aime

  • Nouveau format agréable
  • 47 Go de stockage interne
  • Dolby Vision et 10 bits
  • Qualité d’image en basse lumière
  • Autonomie améliorée

On aime moins

  • Prix un peu trop élevé
  • Batterie X5 incompatible
  • Chauffe en 8K à 50 im/s
  • Couture visible sur les sujets proches