Longtemps considérée comme la poule aux œufs d’or du groupe Volkswagen, Porsche vient de se faire voler la vedette par une cousine beaucoup plus modeste. En effet, le constructeur tchèque Skoda a affiché un taux de rentabilité opérationnelle de 8,3 % en 2025, contre seulement 1,1 % pour le spécialiste des voitures de sport.
Un constat sans équivoque. Skoda est « effectivement devenue la nouvelle Porsche du groupe », estime le très réputé analyste automobile Matthias Schmidt dans les lignes de Reuters. Attention toutefois aux raccourcis : ce chiffre ne signifie pas qu’une berline Skoda génère plus de bénéfices nets à l’unité qu’une 911.
Concrètement, il mesure le rapport entre le profit opérationnel et le chiffre d’affaires global. Pour chaque euro encaissé, Skoda s’avère désormais plus rentable que Porsche.

La simplicité récompensée
La recette de ce succès réside dans une méthode très pragmatique. Le constructeur, qui appartient à Volkswagen depuis 1991, vend des véhicules accessibles, pratiques et adaptés à la demande. Alors que l’inflation règne en Europe, cette approche est plus que jamais la bienvenue.
Skoda peut ainsi compter sur ses modèles phares comme l’Octavia ou le Kodiaq, en plus d’une gamme de voitures électriques abordables. En 2025, la firme a ainsi livré plus d’1 million de véhicules, soit une hausse de 12,7 % par rapport à 2024.
Son modèle économique populaire donne un bol d’air frais à Volkswagen, qui a entamé une vaste restructuration et subit de plein fouet les difficultés du secteur automobile européen. La marque a récemment été éjectée de l’Euro Stoxx 50, qui rassemble les 50 plus grandes entreprises cotées de la zone euro. La marque va supprimer pas moins de 100 000 emplois.

Porsche en crise
Le son de cloche est bien différent du côté de chez Porsche. Sa rentabilité s’est effondrée en raison, notamment, d’un important ralentissement en Chine, et d’une transition vers l’électrique plus coûteuse que prévu. Elle entend redresser la barre grâce à une marge prévue entre 5,5 % et 7,5 % en 2026, via une stratégie axée sur la valeur plutôt que le volume.
La perte de vitesse de Porsche se traduit aussi par un désaveu comptable massif. Volkswagen a dû passer une dépréciation d’actifs de 6 milliards d’euros sur sa filiale sportive. Résultat, la valeur comptable attribuée à la marque (goodwill) s’effondre à environ 10 milliards d’euros, soit une baisse de plus d’un tiers sur un an.
Un signal particulièrement négatif quand on se rappelle qu’en 2022, lors de son entrée en Bourse prometteuse et de ses ambitions de marges à 20 %, Porsche était valorisée près de 18,8 milliards d’euros dans les comptes du groupe.
- En 2025, Skoda est devenue plus rentable que Porsche, affichant une marge opérationnelle de 8,3 % contre 1,1 % pour le constructeur sportif.
- Plombé par des difficultés en Chine, Porsche subit la crise globale du groupe Volkswagen, récemment exclue de l’Euro Stoxx 50.
- En misant sur des modèles populaires et une gamme électrique abordable, Skoda assure la stabilité financière pendant la lourde restructuration du géant allemand.
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