C’est tout le paradoxe de nos salons modernes. Nos téléviseurs doivent être de plus en plus fins et discrets pour respecter l’esthétique de nos intérieurs. Or, ce minimalisme a un revers. Les systèmes audio intégrés ont de moins en moins de place et sont souvent décevants. Résultat, la barre de son, autrefois considérée comme un luxe, s’impose aujourd’hui comme un accessoire incontournable pour compenser cette faiblesse sonore. Une tendance qui se confirme dans les chiffres.
Découvrir la Marshall Heston 120
Un secteur en pleine mutation grâce au Dolby Atmos
Selon le cabinet IMARC Group, la croissance annuelle moyenne des ventes de barres de son en Europe oscille entre +7 % et +9 % entre 2019 et 2024, avec des projections indiquant une poursuite de cette dynamique jusqu’en 2030. À contrario, le marché des téléviseurs peine à atteindre les 2 % de croissance sur la même période.
Fort de ces perspectives, Marshall débarque sur le marché avec sa première barre de son, la Heston 120. Et le constructeur britannique n’y fonce pas sans raison. En effet, le marché des produits premium (caisson de basse et enceintes périphériques) est largement dominé par Samsung, LG et Sony. De l’autre côté, Yamaha, Hisense, JBL ou encore Sharp se concurrencent sur les produits monoblocs à moins de 500 euros.
Entre ces deux pôles est apparu, depuis 4 ou 5 ans, un nouveau segment : celui des barres de son compactes tout-en-un, prêtes à l’emploi et capables de délivrer un son Dolby Atmos sans caisson ni enceintes additionnelles. Selon WAPHQ, un cabinet spécialisé dans l’analyse du marché audio, les ventes de barres Atmos devraient bondir de 45 % en France entre 2024 et 2025.
Prix et disponibilité de la Marshall Heston 120
C’est dans ce contexte que Marshall fait ses premiers pas dans le home cinéma. Disponible depuis juin 2025, la barre de son Marshall Heston 120 fut lancée au prix officiel de 999 euros. Un positionnement cohérent qui la place face à une belle concurrence. On pense notamment à la Smart Ultra Soundbar de Bose, à l’Ambeo Soundbar Mini de Sennheiser, ou encore à la Sonos Arc Ultra.
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Un design iconique, une construction premium
Qu’il s’agisse de ses casques, ses écouteurs ou ses enceintes, Marshall a toujours revendiqué une vision monolithique du design. Une cohérence que le constructeur puise directement dans l’héritage de ses célèbres amplificateurs, dont le premier modèle JTM45, fut lancé en 1962. Une véritable signature qui a traversé les décennies et qui se retrouve pleinement sur la Heston 120.

Sans surprise, la barre de son se pare donc d’un tissu maillé en façade, de lignes en aluminium anodisé façon laiton et des incontournables potentiomètres. Pour renforcer son cachet premium, Marshall habille aussi les flancs d’un élégant cuir synthétique. Le soin apporté aux matériaux et aux finitions est remarquable, au point de presque nous faire oublier que la structure principale du châssis reste en plastique.
Toutefois, c’est un choix assez courant sur ce niveau de prix, et même sur des concurrents plus onéreux. À ce titre, seule la Sennheiser Ambeo Soundbar Plus se distingue vraiment avec une conception partiellement en aluminium massif.

En termes de dimensions, la Heston 120 mesure environ 110 cm de long, 7,6 cm de haut et 14,5 cm de profondeur, pour un poids de 7 kg. Un gabarit qui la destine plutôt à accompagner des téléviseurs d’au minimum 55 pouces. Elle pourra ainsi déployer sa présence visuelle sans disproportion.
Connectique et connectivité : c’est du sérieux !
L’ensemble de la connectique de la Marshall Heston 120 se loge dans une alcôve discrète sous le rebord inférieur de la barre. Une disposition qui permet de masquer élégamment les câbles une fois la barre installée sur un meuble. Attention tout de même : si l’espace est restreint, l’agencement des branchements demandera un peu de délicatesse.

On trouve donc un port HDMI eARC pour relier son téléviseur, ainsi qu’une autre entrée HDMI 2.1 (4K/120 Hz) pour des consoles ou un lecteur Blu-ray. À cela s’ajoute une entrée stéréo RCA (platine vinyle préamplifiée, lecteur CD…), une sortie RCA mono (caisse de basse) et un port USB-C. Ce dernier ne peut malheureusement lire de fichier externe comme par exemple de l’audio Hi-Res. En effet, il se prédestine uniquement en support de charge, afin de faciliter l’installation d’une Chromecast Google TV. Ne boudons pas pour autant notre plaisir, car la Heston 120 se montre étonnement complète.
D’un point de vue technologique, la Heston 120 décode les formats essentiels tridimensionnels et surround : Dolby Atmos, Dolby Digital, DTS et DTS:X. De plus, la barre intègre du Bluetooth 5.0 (LE Audio et Auracast), le Wi-Fi et un port Ethernet. Ainsi parée, elle donne un accès direct au streaming audio via AirPlay 2, Google Cast, Spotify Connect ou encore Tidal Connect.
Vintage et minimaliste
Pour coller au mieux à son allure seventies, la Heston 120 ne propose ni écran ni affichage sophistiqué et futuriste. Pour contrôler la barre, il faudra se frotter aux trois élégants potentiomètres crantés (volume, l’égalisation et gestion des sources).
Si cette interface purement physique est logique, et bien réalisée, il est étonnant que Marshall ne la complète pas avec une télécommande dédiée. Un tel accessoire avec un revêtement noir, du cuir et des touches dorées aurait fait un sacré effet.
Fort heureusement, l’application dédiée Marshall arrive à la rescousse pour éviter de se lever à chaque fois de son canapé. Grâce à elle, il est possible d’avoir accès aux fonctions basiques des potentiomètres, mais aussi à d’autres coquetteries. Par exemple, des modes audio préconfigurés (Musique, Film, Voix, Nuit)ou encore une très utile fonctionnalité de calibration acoustique de la pièce.

En revanche, il est impossible de modifier en détail la spatialisation des effets Dolby Atmos ou DTS:X, d’enregistrer des presets pour des usages spécifiques (gaming, sport…) ou d’utiliser un assistant vocal pour contrôler la barre. Des petits plus que Bose, Sonos ou Sennheiser se permettent.
Qualité audio et immersion : une excellente première copie
Derrière son apparence rétro, la Marshall Heston 120 propose une architecture sonore ambitieuse. Elle s’appuie sur 11 haut-parleurs actifs qui s’organisent dans une configuration 5.1.2. À l’avant, trois haut-parleurs sont chargés de la scène frontale et deux haut-parleurs s’occupent de l’espace sonore sur les côtés.
Au-dessus de ces derniers, deux tweeters orientés vers le haut projettent le son verticalement pour restituer les effets Dolby Atmos. Enfin, deux subwoofers sont orientés vers l’arrière. Associé à quatre radiateurs passifs, cette petite équipe est censé remplacer le caisson de basse. Tout un programme qui permet d’atteindre une puissance maximale de 150 W.

Équilibré et complet, cet agencement offre une assise convaincante pour regarder des films ou des séries. Et contrairement aux casques de la marque, la Heston 120 n’a aucune velléité agressive ou rock dans sa signature. Au contraire, le son est naturel, des basses jusqu’au haut-médium. Les dialogues sont clairs et les timbres bien respectés, ce qui renforce la polyvalence du produit, notamment pour le jeu vidéo.
Globalement, le niveau de détails est bon, tout comme la dynamique. La Heston 120 arrive à élever son degré d’immersion, sans lisser ou accentuer les nuances. Mention spéciale aux effets de côtés qui sont réalistes à souhait. Pour le côté Atmos, la dimension verticale est présente, mais se limite dans l’espace.

Il est possible de suivre un objet sonore, comme le déplacement d’un hélicoptère, mais pas d’un bout à l’autre de la pièce. Autre léger grief, l’absence de caisson se fait ressentir dans le bas du spectre. Certes, la Heston 120 délivre des sonorités assez rondes et certains impacts font bien sursauter. Or, l’ensemble manque parfois de finesse sur les bruitages de fond plus longs.
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Notre avis sur la barre de son Heston 120 de Marshall
Avec la Heston 120, Marshall signe une entrée remarquée sur le segment porteur des barres de son compactes Dolby Atmos. Son look rétro et affirmé tranche avec l’uniformité du secteur et s’accompagne d’une vraie qualité dans le choix des matériaux. Qu’on aime ou pas cette allure rock est une chose. En revanche, il est indéniable que Marshall se distingue par la qualité de fabrication de son matériel.
Pour la connectique et les fonctionnalités avancées, le constructeur anglais peut tenir tête sans complexe à Sonos ou Bose, puisque presque rien n’est oublié. Il est juste dommage que Marshall ne nous ait pas concocté une télécommande à son image.
Enfin, l’expérience sonore est à la fois claire, naturelle et détaillée. Cela rend la barre polyvalente pour une utilisation en musique, cinéma et jeux vidéo. L’immersion est au rendez-vous grâce à des effets latéraux et verticaux réussis. Bien sûr, tout n’est pas parfait (infra grave en retrait, objets 3D compressés, écoute scintillante à très haut volume), mais ne boudons pas notre plaisir. Pour une première, c’est une grande réussite.
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Marshall Heston 120
999 eurosOn aime
- Conception premium et design iconique
- Connectique riche et connectivité complète
- Expérience audio polyvalente et équilibrée
- Excellents effets latéraux immersifs
- Application facile à prendre en main
On aime moins
- Quelques limites dans les sons les plus graves
- Son scintillant à fort volume
- Absence de télécommande
- Impossibilité de gérer les effets Atmos

