Après ses deux tubes de l’été, les excellents smartphones pliants Razr 40 et Raz 40 Ultra, Motorola revient pousser la chansonnette en cette rentrée en renouvelant son offre milieu de gamme. Si l’information vous avait échappé, c’est normal vu la cacophonie médiatique générée depuis un mois par le lancement des iPhone 15 et des Google Pixel 8. Pourtant il serait dommage de ne pas tendre l’oreille pour écouter ce que nous propose Motorola avec son Edge 40 Neo.
Quelques mois après la sortie du Edge 40 (599 euros) et du Edge 40 Pro (899 euros), deux smartphones plutôt milieu de gamme premium et haut de gamme, Motorola décide de venir camper sur une nouvelle frontière. Celle séparant l’entrée de gamme et le début du milieu de gamme. Une ligne de démarcation qui s’établit aux alentours de 400 euros.
Sur place, il y a déjà foule. On pense notamment au Poco X5 Pro (349 euros), au Samsung Galaxy A54 (329 euros) et au Xiaomi Redmi Note 12 Pro (399 euros). Est-ce que le Motorola Edge 40 Neo sera assez stratège pour bouter tout ce petit monde hors de cette frontière ? Après plus d’un mois en sa compagnie, voici notre avis complet.
Prix et disponibilité du Motorola Edge 40 Neo
Le smartphone Edge 40 Neo est disponible en trois couleurs (noir, vert menthe et bleu) et dans une seule configuration (12/256 Go) à un prix public conseillé de 399 euros.
Première remarque, Motorola n’augmente pas ses tarifs par rapport à son prédécesseur le 30 Neo. Pourtant, nous allons le voir dans ce test, la fiche technique est largement améliorée.
Seconde remarque, pour ce prix, le fabricant américain intègre une coque assortie à la couleur du smartphone. Cette dernière, très agréable, est fabriquée en graine de lin. Quand on sait que certains smartphones haut de gamme peinent à nous donner un simple chargeur… Ce genre d’attention, que nous saluons, ne fait que confirmer notre pensée. Les constructeurs de smartphones plus abordables sont aussi les moins pingres.
Un design qui ne manque pas de panache

Depuis fin 2022, Motorola a eu la bonne idée de conclure un partenariat avec le spécialiste de la couleur Pantone. Il en résulte la création de coloris uniques pour certains smartphones de la marque. Par exemple, derrière ce beau bleu se cache en réalité une couleur spécifique créée par Pantone qui s’intitule « Caneel Bay ».
Durant notre mois de test, l’Edge 40 Neo n’est pas passé inaperçu. Que ce soit en le laissant traîner au bureau ou en le sortant le week-end avec des amis, il s’est souvent fait remarquer. Dans le bon sens du terme, évidemment. En effet, il dégage une sorte d’aura pleine de tonicité.

D’autant qu’en plus de la couleur, le dos du smartphone est particulièrement réussi. Que ce soit le cuir vegan au toucher voluptueux, l’élégant logo au centre ou l’îlot photo chromée, on a rarement vu un smartphone de ce prix prendre autant soin de son allure. Très esthétiques elles aussi, les tranches arborent une finition en métal brossé et épousent à merveille l’écran incurvé et les angles légèrement biseautés.
Visuellement, c’est une réussite. Et surtout, cela apporte un peu de nouveauté dans un segment qui a trop tendance à considérer que la sobriété est nécessairement gage de séduction. Grâce à ses dimensions contenues (159,63 x 71,99 x 7,89 mm) et son poids plume (172 grammes), le Edge 40 Neo s’utilise facilement à une main et sait se faire oublier dans la poche.
Un bel écran qui monte à 144 Hz

Bien que léger et discret, le Edge 40 Neo propose une belle dalle de 6,55 pouces. Son ratio taille d’écran et encombrement est donc vraiment excellent. Pour nous en mettre plein les mirettes, Motorola mise sur une technologie P-OLED, sur une définition Full HD+ (2400 x1080), ainsi que sur un taux de rafraîchissement 144 Hz.
Le constructeur a toujours aimé se montrer prolixe en la matière. Parfois, il a raison de le faire, notamment sur ses modèles plus haut de gamme. Parfois moins, comme ici. En effet, le Edge 40 Neo n’est pas un smartphone qui se destine à du gaming intensif. La différence entre 120 et 144 Hz apparaît donc ici presque anecdotique.

Nous aurions préféré ici que Motorola concentre ses efforts pour offrir à son smartphone un mode adaptatif qui permet par exemple de descendre sous les 60 Hz, afin qu’un public qui ne joue pratiquement jamais puisse économiser sa batterie.

Ne boudons pas notre plaisir pour autant, hormis cet argument commercial, l’écran est très bon. Pour peu que l’on passe en mode « Naturel », les couleurs sont dynamiques et proches de la réalité. Les couleurs primaires ne bavent jamais et les secondaires sont également bien gérées. D’autant que la luminosité est globalement bonne, même en extérieur, et que les angles de vision sont plutôt stables.
Une interface pratique et aérée
Le Motorola Edge 40 Neo tourne sous Android 13, habillé de l’interface « MyUX ». Bien que cette dernière soit visuellement proche d’Android Stock, Motorola n’hésite pas à la bonifier avec des applications et des personnalisations maison bien pensées.

Par exemple, l’application « Moto » regroupe en un endroit toutes les personnalisations de l’écran et les gestes rapides. Mention spéciale, pour la possibilité d’illuminer les bords de l’écran en cas d’appel, de notification ou d’alerte.
De son côté, Moto Connect vous permet facilement et rapidement de vous connecter sans-fil, via la technologie Miracast, à un écran. Enfin, l’application Family Space donne la possibilité de créer des espaces spécifiques pour des parents qui souhaitent prêter leur smartphone à leurs enfants le temps d’un jeu ou d’une vidéo.
Dis ainsi, évidemment que Motorola n’invente pas la roue. Sauf qu’ici, chaque proposition est ergonomique et limpide. On s’y retrouve facilement sans avoir à jongler entre différents obscurs menus. Pour toutes les personnes qui ne sont pas geek dans l’âme, ou qui ne souhaitent pas perdre de temps, c’est une excellente initiative.

Par contre, lors du démarrage du smartphone, veillez à bien décocher les applis qu’on vous propose ou non d’installer. Sauf si des applications comme « Monopoly Go » vous intéressent. C’est un peu fastidieux et certaines d’entre elles seront tout de même installées obligatoirement.
Autre, vrai, point noir ici, Motorola ne s’engage que sur deux mise à jour majeures d’Android, ainsi que 3 ans de patch de sécurité. Une année supplémentaire n’aurait pas été de refus…
Motorola privilégie la stabilité à la puissance

Voici une association assez étonnante. Dans ses entrailles, le Edge 40 Neo embarque un SoC 5G milieu de gamme basique, le Dimensity 7030, ainsi qu’une mémoire vive, 12 Go. En termes de puissance, ce chipset de Mediatek équivaut à peu près au célèbre Snapdragon 888 de… 2021. En lui adjoignant une mémoire vive plutôt élevée, Motorola a donc fait un choix : privilégier la fluidité aux gros muscles.
Bien que ce ne soit pas un smartphone pour gamers intransigeants, le Edge 40 Neo offre des prestations de qualité. Il saura faire tourner toutes vos applis du quotidien sans broncher et sans ralentissement. Pour du jeux 2D, il sera aussi un formidable compagnon.

Et pour des jeux plus gourmands, il pourra aussi faire l’affaire à condition d’accepter de ne pas les faire tourner à plein régime. Mais l’essentiel n’est pas là. Le Edge 40 Neo a fait le choix de ne pas être le plus puissant des smartphones milieu de gamme.

En échange, il gagne en stabilité, en fluidité et en dissipation thermique. Il ne chauffe pratiquement pas, même après une heure de Sparklite, un petit Zelda-like auquel nous avons joué durant un trajet en train. Comme quoi parfois, il vaut mieux une puissance modérée bien contrôlée que l’inverse.
Une proposition photo consciencieuse

La proposition photographique du Edge 40 Neo est plutôt simple. Pas de téléobjectif, difficile d’en proposer un bon en milieu de gamme. Et pas objectif inutile dédié à la macro pour simplement frimer car on possède un capteur en plus à l’arrière. Certains constructeurs se reconnaîtront ici.
Nous retrouvons donc un capteur principal de 50 Mpx avec un objectif ouvrant à f/1,88 (autofocus et stabilisation) et un ultra grand-angle de 13 Mpx avec un objectif ouvrant à f/2,2.
La journée, le capteur principal s’en sort plutôt bien. La plage dynamique est large et les détails sont nombreux, sans pour autant être foisonnants. Les niveaux de contraste et la netteté sont au rendez-vous même par temps maussade.


La colorimétrie est plutôt fidèle, sauf une légère saturation parfois du bleu, tandis que les nuances de gris sont bien retranscrites. Sachez que si votre scène est trop sombre, il est possible de régler la luminosité directement sur l’écran avant la prise de vue. Une option bienvenue et utile. Même en essayant de prendre à revers ce capteur, en semi-intérieur avec des lumières, il a bien su gérer les différences chromatiques de l’avant et de l’arrière-plan.


Quand la lumière du jour est remplacée par celle des réverbères, le Edge 40 Neo ne se démonte pas pour autant. Le bruit numérique apparaît certes, mais il reste minime et plutôt en périphérie. Cependant, les clichés gardent une belle cohérence colorimétrique.

En activant le mode nuit, il est agréable de voir que Motorola ne sature pas les couleurs, ni la luminosité. Nous n’avons pas la désagréable impression d’avoir capturé deux photos différentes. Léger, mais pas inutile, ce mode accentue un peu la netteté des bords. Selon la situation, le temps d’exposition peut-être parfois un peu long, jusqu’à 4 secondes. Par contre, il est dommage que ce mode « Vision de Nuit » ne soit pas accessible directement dans l’interface. Pour en profiter, il nous a fallu à chaque fois aller dans les réglages.
Sans surprise, l’ultra grand-angle est plutôt moyen. Bien qu’il ne déforme pas les bords, il peine sur les zones de contrastes et il manque globalement de piqué sur des scènes complexes. Quand la lumière n’est pas présente, les clichés s’assombrissent assez facilement, malgré une bonne mise au point. Ne jetons pas toute l’eau du bain tout de même, avec de la précision et un peu de patience, il permet de faire des clichés corrects. C’est notamment le cas sur les bâtiments.
De son côté, le mode Portrait est plus satisfaisant. Les prises de vues sont naturelles, car le bokeh n’est jamais trop accentué. Le détourage est plutôt bon, sauf à de rares occasions où l’IA semble ne pas comprendre notre point focal. D’ailleurs, le Edge 40 Neo en propose trois pour ce mode. Une focale de 24 mm, l’optique de base, ainsi qu’une de 35 mm (x1,5) et une de 50 mm (x2) en zoom optique. Cette dernière fonctionne plutôt bien et permet de faire des portraits plus intimistes.


En ce qui concerne le capteur frontal de 32 mégapixels, il n’y a pas grand-chose à reprocher à Motorola. Un bon niveau de détail, un bokeh mesuré et une netteté au rendez-vous. Contrairement au capteur principal, les couleurs perdent légèrement en vitalité. Ce n’est pas un drame, mais c’est à noter.

Enfin, notons rapidement que sur la partie vidéo, le Edge 40 Neo est plutôt bon élève. Les options sont nombreuses (double écran, mode Bokeh façon iPhone…), la qualité est présente ( Full HD à 60 fps, Full HD à 30 fps et 4K à 30 fps) et le stabilisateur fonctionne plutôt bien.
Une bonne autonomie dans sa zone de confort

Alors que le Edge 30 Neo embarquait une batterie de 4020 mAh, notre larron du jour affiche lui 5000 mAh. Une prise de muscle bienvenue qui place le smartphone au niveau de la plupart de ses concurrents directs.
À l’usage, cette batterie est à l’image de la philosophie du Edge 40 Neo en matière de puissance. Pour une utilisation basique, le smartphone tiendra facilement plus d’une journée et demie. Il est alors possible d’écouter de la musique en streaming, de sufer abondamment sur les réseaux sociaux et de jouer à des jeux 2D dans le métro.
Dès lors que l’on devient plus exigeant, il balbutie. Pendant trois jours de suite, nous nous sommes lancés dans des sessions d’une heure de gaming 3D avec les graphismes à fond et nous lui avons ajouté dans les pattes une bonne heure de streaming vidéo avec la luminosité au maximum.
Résultat des courses, il terminait tout juste la journée. Attention donc, l’autonomie est plutôt bonne, mais également très variable. Dès qu’on le sort de sa zone de confort, la déperdition énergétique est plus rapide que chez la concurrence. Heureusement,sa ribambelle d’options d’économie d’énergie est là pour améliorer un peu cette situation.

Pour lui faire reprendre des forces, il faut se munir du chargeur de 68 W, fourni dans la boîte. Comptez environ 50 minutes pour le charger complètement et 20 minutes pour passer de 0 à 50%. Le Edge 40 Neo est donc plutôt véloce. Et pour les plus précautionneux, il est possible de limiter la charge à 80%. Histoire d’augmenter la durée de vie de la batterie.
Notre avis sur le Motorola Edge 40 Neo
Depuis son retour sur le devant de la scène, Motorola ne nous déçoit pratiquement jamais. Le Edge 40 Neo ne changera pas cet état de fait. Ce smartphone, début de milieu de gamme, est cohérent, polyvalent et surtout, il a ce petit quelque chose qui le rend unique.
D’abord, il est beau et sa conception est soignée. Ensuite, il dispose d’un bel écran bien calibré et d’une interface qui ravira les adorateurs du simple et de l’utile. Pour ses performances, il choisit avec pragmatisme le chemin de la fluidité, tandis que sa partie photo et vidéo n’a pas à rougir face à la concurrence. Même si son autonomie peut varier selon l’usage du bon au moyen, nous lui pardonnons, car sa charge est rapide.
Au petit jeu des comparaisons, il a plus de panache que le Samsung Galaxy A54, il est plus pragmatique au niveau puissance que le Xiaomi Redmi Note 12 Pro et son expérience utilisateur est bien au-dessus de celle du Poco X5 Pro.
Bien évidemment, il n’est pas exempt de tout reproche. Sa partie audio est tout juste moyenne, son ultra grand-angle aussi, et on ne peut pas augmenter sa capacité de stockage. De plus, ses mises à jour logicielles n’en font pas un compagnon fiable sur le très long terme.
Tout cela mis bout à bout, le Edge 40 Neo s’apparente à un excellent smartphone de transition. Le type de téléphone que l’on achète lorsque le budget est limité ou que l’on choisira pour un adolescent. Avec le Edge 40 Neo, Motorola cultive sa différence non sans une certaine réussite. Un modèle unique en cson genre qui nous sort de la morosité ambiante du segment milieu de gamme.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
Motorola Edg 40 Neo
399 eurosOn aime
- Un design original et soigné
- Un bel écran bien calibré
- Des performances fluides
- Une interface aérée et un bon capteur pirnciapal
- Un charge rapide
On aime moins
- Une partie audio perfectible
- Un capteur ultra grand-angle moyen
- Pas de possibilité d'étendre le stockage
- Seulement deux ans de mise à jour d'Android







