Le marché des navigateurs web voit débarquer un nouvel entrant. Alors que Google poursuit sa domination avec Chrome (60,25% de part de marché en France à février 2024), Opera, qui peine à atteindre les 2% de PDM, tente de se distinguer avec une proposition pour le moins originale. Après Opera GX (destiné aux joueurs), l’entreprise lançait le mois dernier Opera Air, une version plus légère de son navigateur web qui se pare de fonctionnalités visant à améliorer votre bien-être numérique. Suffisant pour se faire une place parmi les grands ? Pour le savoir, j’ai testé Opera Air pendant un mois.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, Opera Air n’est disponible qu’en anglais, portugais, polonais et allemand. L’entreprise prévoit de développer une version française au cours de l’année. Nous avons donc opté pour la version anglaise.
Opera Air, qu’est-ce que c’est ?
J’ai longtemps utilisé Opera dans sa version “standard”. Basé sur Chromium (le socle de Google Chrome), il s’est enrichit de fonctionnalités très pratiques au quotidien (VPN intégré, tool bar, IA) afin d’améliorer la productivité. 30 ans après Opera, l’entreprise opère un virage à 180 degrés en proposant Air.
Mohamed, Senior Product Director, avait pour objectif de “créer un navigateur zen”. Opera Air reprend donc les bases d’Opera dans une interface plus épurée. Cela passe d’abord par la charte graphique, tout en transparence, qui lui confère un aspect plus minimaliste. Dès la première utilisation du nouveau navigateur, l’appellation “Air” prend tout son sens : l’ensemble apparaît en effet plus léger.
La page d’accueil s’ancre parfaitement dans cette philosophie. On peut choisir un fond d’écran pré-installé inspiré par la nature et les éléments. L’utilisateur peut choisir d’afficher des petites bulles transparentes intégrant les favoris et des applications de méditation/concentration ou opter pour une page vierge. J’ai choisi la première configuration qui me permet d’entrer dans un navigateur optimisé mais léger. Il est aussi possible de laisser apparaître ou non une petite citation inspirante en bas de la page d’accueil.
Opera Air reprend également la Tool Bar de la version standard. Positionnée à gauche et redesignée pour coller à l’interface transparente, elle intègre des accès rapides à différentes services : Facebook Messenger, WhatsApp, Instagram, X mais aussi TikTok ou ChatGPT. D’aucuns diront qu’ajouter des services de messagerie sur un navigateur n’est pas vraiment la meilleure idée pour rester productif. C’est exact : les différentes études s’accordent sur le fait qu’après avoir reçu une notification intrusive (sonnerie et/ou fenêtre pop-up), un utilisateur a besoin de vingt minutes en moyenne pour se replonger dans la tâche précédant l’interruption.
Opera y a pensé, aussi aucune notification de messagerie n’est visible à l’écran. Seul une petite pastille transparente vient se positionner sur l’icône. Très attaché à la déconnexion lorsque j’écris, je n’ai jamais été déconcentré par la réception d’une notification de messagerie. Pour celles et ceux ayant tendance à s’évader plus facilement, il est possible de camoufler complètement la Tool Bar.
Être productif tout en prenant soin de soi
Et le bien-être dans tout cela ? Il repose sur deux fonctionnalités complémentaires : les Boosts et les Breaks. La première accompagne l’utilisateur dans ses tâches, la seconde l’encourage à faire des pauses.
Coup de Boost
Accessibles depuis la Tool Bar, les Boosts sont des playlists conçues pour se concentrer et être plus créatif. On y trouve des sonorités composées essentiellement de Lo-Fi, de piano et de sons d’ambiance (feu qui crépite, bruit des vagues, pluie, etc.). Toutes ces playlists ont été conçues par Opera en se basant sur des études scientifiques, notamment en neurobiologie.
Pour chaque Boost proposé, une description explique les bienfaits des sons diffusés ainsi que les activités pour lesquelles la playlist est plus recommandée. Chaque son est personnalisable, aussi l’utilisateur peut moduler trois paramètres : le type de musique, le son d’ambiance ainsi que la fréquence binaurale (comprise entre 4 et 40 Hz). C’est d’ailleurs grâce à cette dernière que l’on choisit une playlist plutôt qu’une autre.
Par exemple, le matin, on opte plutôt pour des fréquences hautes afin d’enchaîner les micro-tâches. Pour un travail de concentration comme l’écriture d’un long article, une fréquence basse est plus recommandée. Par exemple, durant l’écriture de ce test, j’ai opté pour la playlist Creativity Boost avec une fréquence de 6 Hz. Et ça marche !
Have a break, have Opera Air
Pour rester productif, il faut aussi savoir faire des pauses. La méthode Pomodoro par exemple repose sur des sessions de travail profond de 25 minutes entrecoupées de pauses de 5 minutes. Pour ces temps de pause, Opera Air propose donc Break, une fonctionnalité disponible elle aussi dans la Tool Bar.
L’idée de l’entreprise est de donner accès à des exercices de relaxation, de méditation ou d’exercices physiques que l’on peut effectuer chez soi (pour les télétravailleurs) ou au bureau (y compris dans un open space). Ainsi, quatre types d’exercices sont proposés :
- Respiration : durent 3 à 6 minutes et permettent de réduire le stress et la pression sanguine
- Neck Exercise : des exercices de stimulation des muscles et des articulations de la nuque, du coup et des cervicales. D’une durée de 4 à 10 minutes ils permettent de réduire la tension musculaire, les douleurs au niveau du cou et du haut du dos et améliorent la souplesse
- Méditation : durent 7 à 13 minutes et prennent la forme d’exercices de relaxation. Recommandés pour se détendre et améliorer ses capacités de concentration.
- Full Body Scan : durent 8 à 15 minutes et ressemblent aux exercices de méditation à un détail près : ils se concentrent sur les sensations de notre corps et de notre environnement.
Lorsqu’on lance un exercice dans Break, il s’affiche en plein écran et tout le navigateur se met en pause (plus de notifications, de sons ou de pollution visuelle). J’ai testé à plusieurs reprises la relaxation de la nuque, zone douloureuse lors de mes journées en télétravail ainsi que la méditation et la respiration. J’ai pu personnaliser mes temps de pause et de session de travail.
Pour être très honnête, les effets sur le corps, la concentration et le stress ne sont pas immédiats. Il m’a fallu deux bonnes semaines pour commencer à ressentir les bienfaits d’Opera Air dans mon quotidien. Il m’est aussi plus difficile d’effectuer les exercices de relaxation lorsque je travaille à la rédaction avec les équipes parfois bruyantes. Même avec un casque à isolation de bruit, certains sons passent au travers, ce qui nous sort de l’exercice de relaxation ou de méditation. Dans mon cas, les bienfaits d’Opera Air ont surtout été bénéfiques en télétravail. Pour celles et ceux contraints de travailler au bureau, je recommande chaudement de vous isoler pour tirer tous les bienfaits des Breaks.
Mon avis sur Opera Air
Si je ne devais me concentrer que sur la productivité, je continuerais d’utiliser Arc, sans doute le navigateur le mieux conçu à ce jour. Mais avec l’âge et la sédentarité, les questions de bien-être et de santé sont de plus en plus importantes dans mon quotidien.
Pour répondre à ces problématique, Opera Air est à tous points de vue le meilleur navigateur web qui soit. Léger et inspiré par la nature et les éléments, il m’a permis d’évoluer dans un environnement numérique paisible (qui l’eût cru). Riche en fonctionnalités, Opera Air propose surtout Breaks et Boosts, deux outils permettant d’osciller entre travail profond et relaxation.
Après un mois d’utilisation, je ressens réellement les bienfaits de ce nouvel outil. Je me sens moins envahi par les notifications, mon environnement de travail est plus zen et mes capacités de concentration se sont améliorées. Surtout, je respecte davantage les temps de pause, même courts, pour me détendre ou me recentrer. Je me sens à la fois plus productif et plus détendu. Je n’aurais jamais imaginé qu’un simple navigateur pourrait changer à ce point mon quotidien.
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